DE LA CLINIQUE A LA MAISON MEDICALE


En ce mois de janvier 2017, In Extenso (Groupe Deloitte) annonce qu’il veut faire de ses agences des « maison-médicales » pour TPE-PME !!
En 2015, nous avions réalisé une étude d’orientation stratégique pour le compte d’un groupe d’expertise comptable du top 15 du classement de la profession comptable en France. Nous y avions décliné un concept novateur de « cliniques » pour les entreprises.
Il semble que notre recommandation-conseil ait été entendue, mais pas par notre client XXXXX !

Dans le développement de ce concept, le maillage territorial est indispensable : c’était une des faiblesses des Big Four que In Extenso (Groupe Deloitte) a entrepris de surmonter au cours des dernières années au détriment des « middle challengers » (qui rassemblent des cabinets ou réseaux « structurés » d’envergure régionale voire nationale nombreux et hétérogènes).
Ci-dessous, un extrait de notre étude d’avril 2015.

Quelques idées déclinées sur un concept « clinique pour entreprise »
(...)
Le concept de médecin -traitant a été inventé dans la santé humaine pour assurer une continuité cohérente dans les soins et dans la relation « médecin-malade- patient- sécu». Parmi tous les autres médecins généralistes il est celui qui connait le mieux son patient (historique, thérapies, problèmes personnels, celui à qui on peut demander un arrêt de travail pour baisse de moral, surmenage intellectuel etc…).
Transposons :
L’EC est certainement parmi tous les prestataires utilisés (en amont comme en aval) celui qui connait le mieux une entreprise et son/ ses dirigeant(s) : depuis la création (souvent, vu le taux de fidélité reconnu) jusqu’à la transmission/liquidation.
Y compris les problèmes personnels…quelques franchissements de lignes jaunes sur les notes de frais, ou avec certains clients « gourmands » ! Tout dépend de la relation « personnalisée » entretenue avec l’homme EC! Comme avec « son médecin » !

Poursuivons la transposition :
Les modèles de « mises en grappes » dans les services de santé :
Les cliniques, les « centres de santé » nous en avons tous des exemples sous les yeux. La mutualisation est plus ou moins intégrée, mais certains services administratifs le sont, « un seul dossier patient » pour plusieurs praticiens (relativisons : les systèmes ne sont pas exempts de bugs ou de disfonctionnements mais ceux-ci sont le plus souvent dus à des « erreurs » humaines !).
Les infrastructures sont souvent « à temps partagés », (les blocs opératoires, les salles d’attente, la radiologie, les anesthésistes etc…mais chaque praticien-spécialiste conserve son indépendance dans sa pratique professionnelle, sa responsabilité, sa relation client etc… il ne s’agit pas ici de dresser un tableau idyllique, mais dans une majorité de cas ça fonctionne ! Hormis des problèmes d’ego et des rapports conflictuels (il y a séparation alors !) il s’agit donc bien d’un « système interprofessionnel » pluridisciplinaire. 
Alors pourquoi ça ne fonctionnerait pas avec des EC, des Gespat, des Assureurs, des Avocats, des Financiers etc... un network en grappes !

Si on se place d’un point de vue « santé de l’entreprise », tous les prestataires dont il est question sont bien souvent dans une position de « thérapeute », de soins, de l’entreprise et de son dirigeant tout au long de la vie de l’entreprise! L’EC comptable dispose d’une position plus permanente, plus « durable » plus récurrente, que d’autres (Avocats, Notaires, Financiers, etc…) exactement comme le « médecin-traitant » et si ce concept a été inventé dans la santé humaine c’est bien pour assurer une continuité cohérente dans les soins et dans la relation « médecin-malade ». Il existe même des dispositions spécifiques pour le partage des secrets professionnels ! 

La comparaison/transposition semblerait tellement facile : chaque malade n’a pas besoin des mêmes spécialistes, c’est selon son métier …ses caractéristiques son « profil » et même selon le « groupe ethnique » et les pathologies rencontrées, tout comme l’entreprise !
Cette comparaison revient de façon récurrente dans nombre de discours ou communiqués issus des professions du chiffre EC/CAC, voire d’autres professionnels libéraux règlementés !
On pourrait pousser la mise en parallèle des deux « systèmes » très loin : santé humaine, organisme vivant, santé de l’entreprise, organisme économique !
La médecine raisonne par spécialités à partir d’un « généraliste traitant ». La médecine générale est elle-même, devenue une spécialité. L’entreprise raisonne par rapport à (ou s’inscrit dans) une « filière » dans un secteur économique donné !

Si XXXXX[1]pouvait être la première entreprise de services fondatrice de ce concept pratiquement inédit transposé dans les services « économiques » aux entreprises !
Les seuls qui ont « approché » (presque lancé) dans cette conception sont les Big mais ils ont concentrés leur action sur les Grandes entreprises considérant que les PME/TPE/ETI ne démontraient pas des besoins « rentabilisables » … lourde erreur ! Ils n’ont donc pas fondé/intégré dans leur développement la dimension « locale », la proximité, ou du moins pas suffisamment.
Ainsi le concept « full services » ne correspond pas au même concept que « le pôle santé » : l’approche «  full services » correspond à une stratégie de « diversification intégrée » au sein d’une même entreprise ou d’un même groupe, le système pôle santé repose sur une approche « grappe d’entreprises » indépendantes mais « alliées » dans un réseau « articulé » de fonctionnalités (interconnectées dit-on maintenant car l’utilisation intensive des technologies numériques facilite grandement cette intégration fonctionnelle).

Lien vers l'article Les Echos 22/01/2018


[1] Identité confidentielle : étude stratégique réalisée par ADQ8consulting pour l’entreprise XXXX  en avril 2015

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