BLOCKCHAIN ET BARTER : DEUX BOUEES DE SAUVETAGE POUR LES EXPERTS-COMPTABLES

 LIVRE BLANC

(août 2017)

 

BLOCKCHAIN ET BARTER : DEUX « BOUÉES » DE SAUVETAGE POUR LES EXPERTS COMPTABLES ?

 

Depuis plusieurs années, les publications sont nombreuses sur le sujet ; elles sont devenues pléthoriques au cours des deux dernières années, et « torrentueuses » depuis plusieurs mois.

Placez une alerte sur le mot « blockchain » dans Google, vous en aurez pour plusieurs heures à dépouiller les liens !  

 Avertissement :

 Les réflexions et commentaires qui suivent, s’inscrivent dans un périmètre B2B.  Les applications des technologies blockchain dans les périmètres B2C et C2C impliquent des « traitements » différents justifiés et expliqués par le fait que les capacités informatiques des consommateurs sont limitées (sauf exceptions !).

Cette publication est rédigée sous la seule responsabilité de l’auteur et n’exprime en aucun cas les opinions des professionnels et experts-comptables consultés par ADQ8 Consulting.

De même les avis exprimés n’engagent que les auteurs cités et ne sauraient être considérés comme constituant une prise de position de la part de ADQ8 Consulting. En revanche, nous les avons considérés comme pertinents pour étayer nos propositions. 

 TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION

1. UNE PROFESSION EN DANGER

1-1 La prérogative d’exercice comptable se dirige-t-elle vers une impasse ?

1-2 Compétitivité et recréation de valeur face à la déstabilisation du numérique 1er.symptôme

1-3  La déréglementation des métiers du chiffre- 2ème symptôme.

1-4 La guerre des comptables et des robots aura-t-elle lieu ?-3ème symptôme

1-5 Une offre 100% digitale ? 4ème symptôme

1-6. CONCLUSION ADQ8 – Bilan, questionnement et diagnostic.

2. PREMIERE BOUEE DE SAUVETAGE : LES TECHNOLOGIES BLOCKCHAIN

2-1 Le paradigme de SATOSHI NAKAMOTO

2-2 Où se placent les technologies Blockchain dans le paysage des métiers du chiffre ?

2.2.1. FEC et Blockchain

2.2.2. La technologie blockchain pour automatiser l’audit légal

2.2.3. Blockchain : vers une redéfinition du métier d’auditeur ?

2.2.4.  Des produits d’assurance : une porte ouverte sur l’uberisation de l’audit !

2.2.5.  Blockchain : une technologie informatique de comptabilité

2.2.6. La polyvalence de la blockchain

2-3 CONCLUSION : blockchain, 1ère bouée de sauvetage des EC

2.3.1. La « position » de l’EC dans le minage

2.3.2. Ainsi parlait Precepta !

2.3.3. Et d’autres !

3. DEUXIEME BOUÉE DE SAUVETAGE : LA BARTERISATION DE L’ECONOMIE

3-1 Qu’est-ce que c'est ?

3-2 Difficultés, freins et obstacles aux échanges multilatéraux

3.2.1. Correspondance offre /demande

3.2.2. La nécessité d’un « courtier de confiance »

3-3 Un mode de commerce innovant, une nouvelle monnaie ?

4. BLOCKCHAIN, BARTER et CRYPTOMONNAIES : LES « PIECES » DE LA BOUEE DE SAUVETAGE DES EC !

4-1 Les EC pourraient-ils devenir des « courtiers » dans ces opérations de barter ?

4-2. Les EC ne seraient pas des « courtiers » mais des « mineurs » !

5. FILIERE OU ECOSYSTEME RELATIONNEL DE l’ENTREPRISE ET SA MODELISATION

5-1. Entreprise et système neuronal

5-2. Un exemple réel et concret

5-3. C Q F D

5-4. DAO - Decentralized Autonomous Organization

5-5. « Smart contract » : la reproduction du fonctionnement d'un contrat

5-6. Connaissez-vous Token ?

6.  CONCLUSION GENERALE

6-1. Une prise de position différentiante de l’EC dans la filière « services aux entreprises » ?

6.2.1. (RE)apprendre les réflexions stratégiques

6.2.2. La profession comptable absente du groupe de travail France STRATEGIE

6-2. Les inquiétudes de l’industrie financière

6-3. Une JV de 9 banques à l’initiative d’une start-up - R3

6-4. Quel business model pour les EC 2.0 : un modèle EBaaS (Expert Blockchain as a Service) ?

ANNEXE 1- LE LEXIQUE DE LA BLOCKCHAIN

ANNEXE 2 : UNE CHAINE DE BLOCS EN FONCTIONNEMENT

ANNEXE 3 Blockchain : ressources, rapports, études / Resources, reports, studies (2000-2017) 

INTRODUCTION

 L’observation attentive et les travaux de veilles stratégiques que nous avons réalisés depuis 2010 sur les professions du chiffre, (EC et CAC) ainsi que sur les évolutions et les développements concomitants des technologies digitales et blockchain, nous amènent aujourd’hui à proposer deux pistes d’orientation stratégique sur lesquelles ces professions devraient s’engager simultanément :

-         les technologies blockchain, d’une part,

-         la « barterisation » de nos économies, d’autre part.

Les EC deviendraient alors des « inter-preneurs »[1] en associant ces deux « outils », ils en seraient d’autant plus légitimes.

 A notre avis, l’engagement sur ces deux « voies » permettrait de « transposer » les menaces à court ou moyen terme qui pèsent sur ces professions et les transformer en facteurs de croissance.

Les professions du chiffre, les experts-comptables et les CAC, doivent opérer un « retournement » de leurs fondamentaux et ne plus en s’arcbouter sur les tropismes obsolètes attachés aux « professions libérales », aux professions règlementées, du monopole d’exercice. L’issue de l’impasse qui se dessine pour ces professions se trouvera dans l’appropriation totale de ces nouvelles technologies digitales, qui, somme toute, sont des « outils » de comptabilité dans des systèmes « collaboratifs ».

C’est bien plus qu’un changement stratégique, c’est un changement d’ADN, une mutation génétique !

 L’absence de prise de conscience très présente dans les cabinets depuis plusieurs années est certainement un des freins principaux à ce « retournement » qui, de nécessaire dès 2011 (voire bien avant), est devenu impératif en 2017 ! La prolifération et l’’intensité des dangers auxquels ces professions doivent et devront faire face s’accélèrent depuis ces deux dernières années. Les fondations des remparts construits au fil du temps par la rente administrative et règlementaire se désagrègent mais la prérogative d’exercice (le monopole) se maintient encore grâce à notre exception culturelle ( ?). Jusqu’ici tout irait donc bien ! comme le présente le sondage réalisé par SAGE (cf. Infra).

 Le PARADOXE : retournement et refondation totale de la PROFESSION comptable...voire disparition mais non des METIERS du chiffre qui peuvent « rebondir » et trouver une issue « par le haut » !...

 L’idée forte qui emportera l’adhésion de la plupart des experts-comptables sera « de s’ubériser soi-même avant de se faire ubériser », ou pour le dire autrement, de mettre en place une offre numérique commune pour éviter de se faire emporter par la vague low cost, d’autant plus que la majeure partie des cabinets travaillent avec des TPE[2].

sous peine de DISPARAÎTRE en tant que profession spécifique car noyée dans l’océan des acteurs innombrables de la filière « services aux entreprises ! C’est dans ce sens que nous utilisons le terme : « bouée de sauvetage » ! 

Deux faits récents, au moment de la publication, viennent compléter nos réflexions et pourraient bien renforcer encore l’évidence des menaces qui pèsent sur les professions du chiffre : 

1.      France STRATEGIE[3] a mis en place le 3 mai dernier, un groupe de travail « Enjeux des blockchains ».

La blockchain, technologie sous-jacente à la crypto-monnaie Bitcoin, est inscrite à son programme de travail. Un groupe de réflexion ad hoc a été créé en vue de la production et de la publication d’un rapport à l’automne 2017. La constitution du groupe de travail répond au double objectif de refléter la diversité des parties prenantes impliquées dans l’analyse des enjeux des blockchains et de réunir des experts à même d’éclairer les problématiques sectorielles… (extrait du communiqué de presse).

Il est tout à fait surprenant que, dans ce groupe de travail constitué de 39 personnalités, ne figure aucun représentant de la profession du chiffre, ni EC ni CAC ! Pourquoi ?

D’un côté, les « experts » consultés n’ont-ils pas eux-mêmes pris conscience des fondamentaux « comptables » des technologies blockchain pour ne s’en tenir qu’aux aspects financiers et digitaux ?

De l’autre, les EC n’auraient pas pris suffisamment la mesure de l’impact de ces technologies sur leur métier et surtout sur l’avenir de celui-ci, comme le laisserait supposer cet article, dans Le Monde du Chiffre, résumant les résultats d’une étude publiée par SAGE, le 12 mai 2017[4]. 

2.     SAGE, leader du marché des logiciels de comptabilité dans le cloud, publie aujourd’hui les résultats d’une nouvelle étude internationale menée auprès de 700 experts comptables qui démontre que les perceptions de la profession vis-à-vis de l’automatisation sont en train de changer à mesure que ses avantages deviennent évidents. Un constat qui ouvre la voie à une nouvelle ère dans le domaine des pratiques comptables.

Perspectives d’avenir - Un vent d’optimisme : malgré leurs craintes et leurs frustrations, les experts comptables sont optimistes quant à l’avenir de leur profession.

96% des personnes interrogées sont confiantes quant à l’avenir du secteur comptable et de leur fonction. 43% pensent qu’il évoluera en raison de l’automatisation de leurs tâches administratives. Plus de la moitié des experts comptables interrogés (53%) considèrent que leur rôle tend à devenir plus stratégique et pensent être en mesure de prodiguer davantage de conseils financiers et professionnels à leurs clients.

 Nous espérons que nos réflexions et notre démonstration contribueront à ce « retournement » d’une profession « ancestrale » pour permettre à plusieurs dizaines de milliers de praticiens du chiffre, indispensables aux entreprises, véritables confesseurs des entrepreneurs, et à prendre le bon « tournant » du 21ème siècle digital et collaboratif. 

1.    UNE PROFESSION EN DANGER 

Les publications (études, ouvrages, articles, projets, start-up, ...) sur le bitcoin, les crypto-monnaies, les technologies blockchain, sont pléthoriques depuis plusieurs années ; et depuis plusieurs années, elles sont aussi explicites sur la nécessaire transformation de la profession comptable.

Nous avons sélectionné tout au long de nos réflexions des extraits de plusieurs d’entre elles qui nous ont paru suffisamment édifiantes pour étayer notre propos. 

En premier lieu, nous voudrions nous référer à un article récent paru dans Le Nouvel Economiste qui reprend les propos de M. Philippe ARRAOU, Président d’Honneur du Conseil Supérieur de l'Ordre des Experts-Comptables (CSOEC). Le message est clair car il synthétise les « menaces » qui pèsent sur les professions du chiffre.[5]

Celui-ci avait également écrit et diffusé dans la profession un ouvrage « L’expert-comptable et l’économie numérique ». Nous ne sommes pas certains que son message ait été entendu, et pourtant la menace était explicite : « Les experts-comptables, peut-être pour la première fois de leur histoire, sont confrontés à un défi dont l’issue n’est rien moins que leur pérennité ».

1-1  La prérogative d’exercice comptable se dirige-t-elle vers une impasse ? 

ACTUEL EC (16/03/2017) : Les logiciels participent notamment à la tenue des comptes des entreprises, une activité que certains considèrent comme faisant partie de la prérogative d’exercice. Mais attaquer leurs éditeurs pour exercice illégal de la profession d’expert-comptable ferait peser des risques énormes à différentes parties prenantes…  Pourquoi les éditeurs de logiciels de comptabilité, tels que Cegid, Intuit, Sage ou EBP, ne sont-ils pas attaqués en justice pour exercice illégal de la profession d’expert-comptable ?

http://www.actuel-expert-comptable.fr/content/le-numerique-dirige-t-il-la-prerogative-dexercice-comptable-dans-une-impasse

Dans le contexte incertain et volatile des dernières années, quels sont les symptômes qui conduisent les EC vers cette « impasse » ?  

1-2  Compétitivité et recréation de valeur face à la déstabilisation du numérique 1er.symptôme 

XERFI -PRECEPTA a publié, en décembre 2016, une étude sur les professions du chiffre (EC et CAC) : Stratégies et scénarios prospectifs - Compétitivité et recréation de valeur face à la déstabilisation du numérique et aux « business models » émergents.[6] 

Nous avions commenté cette étude[7] et les menaces et les faiblesses actuelles qui y étaient présentées :

Dans le cadre du scenario N°3 qui devrait être celui qui vraisemblablement sera joué dans les 3 prochaines années, il sera question de revoir en profondeur « le cœur du métier du chiffre » c’est-à-dire le « traitement des données chiffrées/ chiffrables » de l’entreprise-cliente.

De la saisie jusqu’à l’établissement de la liasse fiscale (saisie-qualification- révision-établissement des comptes – bilan -certification- déclarations -télétransmission-tableaux de bord - indicateurs de gestion prévisionnelle etc....), ces opérations sont toutes automatisables bénéficiant de plus en plus des outils d’IA et peuvent donc limiter à leur plus simple expression les interventions humaines (du comptable de base jusqu’à l’EC).  

1-3  La déréglementation des métiers du chiffre- 2ème symptôme

Une profession qui reste (pour combien de temps encore ?) règlementée mais la réglementation n’est pas un rempart à l’uberisation qui est un risque bien réel pour les cabinets d’expertise comptable traditionnels.

En effet, la comptabilité repose sur des data à collecter et à exploiter en continu puis à restituer sous une forme particulière pour satisfaire aux exigences réglementaires. Avec les technologies de dématérialisation, avec le cloud computing, le Big Data et les avancées dans le domaine de l’intelligence artificielle, il ne fait aucun doute que la machine deviendra dans l’expertise comptable plus forte que l’homme. Ainsi, la menace qui guette l’expertise comptable, ce n’est pas l’uberisation, mais plutôt sa robotisation via des plateformes numériques.

En particulier la fin du monopole sur la tenue et l’arrêté des comptes ainsi que l’essor des technologies liées aux data (intelligence artificielle, Big Data, blockchain, etc.) ont suscité l’apparition et le développement de nouveaux acteurs dans les services de comptabilité, créant « de facto » les conditions pour placer les acteurs traditionnels dans une impasse. 

XERFI

C’est le cas des éditeurs de logiciels de gestion qui ne font finalement qu’intégrer verticalement la filière. C’est le cas aussi potentiellement des GAFAM. Les banques, pour leur part, décident de mieux valoriser leurs données et de construire des services de comptabilité qui leur permettent au passage de se rapprocher de la clientèle des TPE et professionnels. Quant aux grandes compagnies d’assurance, elles ont élaboré des produits d’assurance qui viennent se substituer totalement à l’audit légal des comptes, en prenant soin également de s’appuyer sur la technologie blockchain… 

(…°) Les éditeurs de logiciels et les GAFAM feront main basse sur les services de comptabilité.

La fin du monopole prévu dans ce 3e scénario ouvre la porte à une désintermédiation totale des Cabinets d’expertise comptable. 

Si une forme de « rabâchage » est sans doute nécessaire dans une profession qui reste, malgré tout, ancrée dans sa zone de confort, pour repositionner les problématiques de vulnérabilité émergentes depuis plusieurs années, dans cette nouvelle étude XERFI sont remises en lumière, avec plus d’intensité et de lucidité que dans ses précédents rapports, les évolutions des fondamentaux de ces professions qui se sont transformés en facteurs de « faiblesse ».

Eléments historiques de stabilité de la filière « chiffre », ils apparaissent de plus en plus comme de nouveaux facteurs de risques par l’inertie qu’ils peuvent induire.

Dans cette étude XERFI, est sous-jacent le constat d’une véritable « destruction/création » du marché du chiffre tel qu’il se définit actuellement si de nouveaux choix stratégiques, selon la segmentation des cabinets, ne sont pas élaborés pour transformer et adapter les « business models » traditionnels... 

De nouveaux modes de création de valeur pourraient s’imposer demain compte tenu de l’hyper-compétition qui se profile dans les services aux entreprises, de la nécessité de renouveler les propositions de valeur et de la transition digitale.

Les experts-comptables, figures tutélaires des chefs d’entreprises, deviendraient alors les acteurs pivots d’écosystèmes d’affaires réunissant des commissaires aux comptes, avocats, consultants, banquiers, fournisseurs de technologies, out sourceurs spécialisés, etc.   

1-4  La guerre des comptables et des robots aura-t-elle lieu ?-3ème symptôme 

La profession est décrite comme l’une des plus menacées par l’automatisation. Un fait qui conduit les cabinets d’expertise-comptable à se recentrer sur le conseil et la relation client. 

Les comptables et expert-comptable sont-ils menacés, à terme, par la robotisation ? (28 avril 2017 Le Monde) [8]

Si l’on en croit une étude[9] de l’université d’Oxford de 2015, qui avait inspiré à la BBC un outil permettant d’évaluer ce risque[10], la probabilité est de 95 % pour les experts-comptables (chartered and certified accountants), tandis que celui de comptable en entreprise faisait partie des dix métiers les plus à risques (avec une probabilité d’au moins 97 %), tout comme d’autres métiers connexes dans la paie, la gestion des ventes, la finance…

Et l’hypothèse n’est plus virtuelle : EDF expérimente trois robots comptables, avec l’objectif de leur confier, à compter de 2018, des activités répétitives et chronophages.[11] 

7 métiers qui vont disparaitre (20 janvier 2017 – 7x7 Press)[12]

Informatisation, automatisation, robotisation... Autant de termes pour une seule et même réalité : notre remplacement progressif par des machines.

« La vitesse à laquelle nous découvrons de nouveaux moyens d'économiser de la force de travail dépasse celle à laquelle nous découvrons de nouveaux moyens d'employer cette force de travail », disait John Maynard Keynes. Voilà le point de départ d'une étude, baptisée « Le futur de l'emploi : quels sont les métiers qui peuvent le plus facilement être informatisés ? » et menée par deux chercheurs de l'université d'Oxford, Carl Benedict Frey et Michaël Osborne. Ils affirment que 47 % des métiers seront automatisés d'ici vingt ans et ont dressé une liste des professions les plus menacées parmi les 702 étudiées. Celles qui suivent ont au moins 90 % de chances d'être remplacées par une machine. 

(…)

En matière de mathématiques, n'essayons même pas de concurrencer les machines. Calculer, c'est ce qu'elles font de mieux. L'étude de l'université d'Oxford a ainsi évalué les différents métiers en fonction des neuf qualifications professionnelles les moins accessibles aux robots que sont la clairvoyance sociale, la négociation, la persuasion, l'assistance aux autres, l'originalité, le sens artistique, la dextérité des doigts, la dextérité manuelle et la capacité à travailler dans un espace exigu. Voilà ce qu'il nous reste. Pour revenir aux comptables, leur remplacement est déjà d'actualité : le Financial Times révélait en 2014 que les groupes Baker Hugues et Shell s'apprêtaient à déployer un programme d'intelligence artificielle baptisé Amelia pour travailler à la place des comptables... Les cols blancs n'ont qu'à bien se tenir ! 

Les entreprises reprochent à leur expert-comptable de ne pas être assez proactif (09 /01/2017 – SAGE) 

Comment jugez-vous l’impact de nouvelles technologies, telles la blockchain, sur les experts-comptables ?

Les experts-comptables doivent "domestiquer" la blockchain pour en faire un outil à leur service. La blockchain est un nouveau tiers de confiance ; cette nouvelle technologie limite les intermédiaires. Le rôle de la profession est de rester au centre des flux : elle doit utiliser la blockchain pour sécuriser ses échanges. Pourquoi pas une blockchain privée pour certifier les transferts d’informations de l’écosystème des professionnels ? Mais si la confiance numérique est apportée par cette nouvelle technologie, elle ne fait qu’appuyer la confiance réelle que les TPE ont dans leur expert-comptable.

Quelles autres technologies peuvent bouleverser le rôle des experts-comptables ? Les experts-comptables sont déjà matures sur le cloud et le Saas. De même sur l’OCR embarqué, l’utilisation des métadonnées ou encore l’intelligence artificielle. La plus grosse révolution à venir concerne les logiciels en ligne et le full Saas. Et ce à des coûts très bas. C’est la mise en place de tout un univers interconnecté entre les solutions des entreprises et celles des experts.

Brigitte Billerot, directrice marketing de Sage, livre son analyse des attentes des TPE-PME concernant leur expert-comptable, suite à une nouvelle étude sur le sujet. (2017-01-09 ACTUEL EC Etude SAGE client et numérique - Voir aussi SAGE GUIDE La fonction comptable au cœur de la transformation numérique de l’entreprise).

Mais les EC restent confiant sur l’avenir de leur profession où parait-il souffle « un vent d’optimisme » (étude SAGE précitée) !  

1-5   Une offre 100% digitale ?[13] 4ème symptôme 

XERFI

Les cabinets traditionnels sont à l’affût de toutes les opportunités offertes par les nouvelles technologies sur le marché de la comptabilité, de la paie voire de l’audit : redéfinition des méthodes de travail, fourniture de nouveaux services aux entreprises adaptés à leurs nouveaux besoins (avec l’aide d’outils/plateformes collaboratives en ligne comme Evoliz créé par le groupe Orcom ou encore de Fizen Expert porté par Strego).

Cette digitalisation du cabinet peut aller jusqu’à la mise au point d’une véritable offre 100% en ligne : Ça Compte pour Moi de la Compagnie Fiduciaire, Eazy by Mazars, Compta In Touch de la fédération d’AGC Cogedis. Parmi les technologies numériques disponibles sur le marché, les experts-comptables utilisent souvent des solutions basées sur le cloud computing. Ces dernières revêtent en effet de nombreux avantages :

- elles sont accessibles par les membres des cabinets et les clients en tous lieux, sur ordinateur et Smartphone ;

- elles sont dotées d’un espace de travail collaboratif permettant de communiquer et d’échanger des documents ;

- elles permettent d’automatiser certaines tâches (comme la saisie des pièces comptables) et de disposer de données actualisées en temps réel. 

1-6 . CONCLUSION ADQ8 – Bilan, questionnement et diagnostic.

Si les EC sont « à l’affût » des nouvelles technologies, le risque reste proportionnel à leurs développements, celui de les voir les remplacer !

Ce n’est pas la première fois que de nouvelles orientations des modèles stratégiques sont exposées par XERFI-PRECEPTA et recommandées, au cours des dernières années, au rythme d’une étude tous les deux ans sur la profession comptable ![14] Et comme nous l’indiquions dans l’introduction, les publications sur le bitcoin, les crypto-monnaies, les technologies blockchain, sont pléthoriques. 

Mais on constate que les EC restent de grands « absents », ou plutôt affichent une « implication restreinte » à propos des technologies Blockchain dans les publications.

L’interview de M. ARRAOU dans Le Nouvel Economiste ainsi que son ouvrage « L’EXPERT-COMPTABLE ET L’ECONOMIE NUMERIQUE » font figure d’exception. 

Et si les technologies blockchain sont évoquées dans l’étude XERFI, nous n’avons pas recueilli beaucoup de manifestations d’intérêt ou d’articles de la part de la profession comptable, même si quelques initiatives se font jour (cf. Infra Yesaccount)

Ainsi, depuis, la question existentielle fondamentale reste récurrente et sans véritable réponse : Pourquoi cette position « pivot d’écosystèmes d’affaires », non règlementée, resterait-elle réservée dans leur prérogative d’exercice aux EC ? 

TOUTE LA PROBLEMATIQUE ACTUELLE DE LA PROFESSION COMPTABLE RESIDE DANS LES REPONSES QUI SERONT APPORTEES A CETTE QUESTION. 

Alors, quels « créneaux » dans le marché des services aux entreprises resteront « ouverts » et accessibles aux EC actuels ?

Les cabinets EC ne pourront pas assurer la pérennité de la valeur ajoutée du modèle économique qui reposerait alors sur uniquement le social, le conseil fiscal et l’audit. Et le leitmotiv revient... « il nous faut retrouver des facteurs de croissance »....

Le conseil à valeur ajoutée[15], certes, mais il s’agit d’un marché libre (non règlementé) ouvert à toutes les professions et en concurrence pleine et entière... ajoutons « féroce » !

Il y a environ 20000 sociétés d’EC en France et les organismes (cabinets, sociétés, associations, ...) de conseils aux entreprises, incluant des start-ups digitales, « licornes » ou non, approchent très vite les 100000 ![16] (et ne sont pas exclusivement françaises !) 

La profession comptable dans ce domaine dispose de peu de facteurs de différentiation exception faite de la proximité et du facteur « confiance » de ses clients. Les articles mentionnés en note, écrits par deux dirigeants de CAP GEMINI, sont édifiants pour réaliser que l’accès à ce marché du conseil « à haute valeur ajoutée » sera (très ?) difficile pour les EC ! Cependant ce facteur « confiance » pourrait être maximisé (mais cet aspect n’est pas exclusif) dans le cadre des technologies blockchain et des systèmes « Barter ». !

Dans un système blockchain, la confiance dans les acteurs n’est plus nécessaire, c’est le réseau lui-même qui est le facteur de confiance car il est infalsifiable.

Nous avons évoqué en introduction le paradoxe de la filière chiffre : retournement et refondation totale de la PROFESSION comptable... mais non des METIERS du chiffre ! 

Nous soutenons donc, et c’est le but poursuivi que : 

a)     Les métiers du chiffre se reconvertissent en/et deviennent « métiers-experts des technologies blockchain »

b)     La Profession Comptable se positionne et s’approprie « la niche différentiante » de la barterisation des échanges interentreprises, activité dans laquelle il est indispensable que « la confiance » reste portée par des « relations humaines », capital immatériel mais non digital des EC ! La notion de confiance dans « son » EC reste résiliente chez les entrepreneurs... et dans ce cadre, la « confiance » redeviendrait le « plus » humain... 

Voici donc la conclusion de notre raisonnement : deux « bouées de sauvetage » pour une PROFESSION qui se réorganiserait autour d’une double « expertise » (et il ne sera plus nécessaire de s’abriter ni derrière une règlementation ni derrière un monopole) et de ses METIERS du CHIFFRE, dont le capital confiance ne demande qu’à être revalorisé et pérennisé : 

1.      Les technologies blockchain,

2.      La « barterisation » des échanges interentreprises.

 

2.    PREMIERE BOUEE DE SAUVETAGE : LES TECHNOLOGIES BLOCKCHAIN 

La blockchain est un nouveau type de système de base de données qui permet à plusieurs parties de partager l’accès aux mêmes données, pratiquement en même temps, avec un niveau sans précédent de confiance. Initialement, la technologie blockchain (en fait, un ensemble de protocoles informatiques) a été mise au point pour permettre la création d’un système sécurisé des échanges de la cryptomonnaie « bitcoin » par une personnalité « hypothétique », Satoshi Nagamoto. 

Une blockchain fonctionne selon 5 principes : 

·        Un « GRAND LIVRE » numérique (public ou privé) créé conventionnellement et par adhésion (DAO et smart contracts) par des « acteurs participants » (les pairs c-à-d tout le monde et n’importe qui) qui se conforment aux règles de cette blockchain établies par les « initiateurs » dans une communauté ou un secteur donné.

·        Une base de données sécurisée, contient une trace indélébile de tous les échanges qui sont intervenus entre les utilisateurs de la blockchain depuis sa création et de fiabiliser des échanges d’informations de façon décentralisée. Une transaction est unique et singulière et exclusive sur son objet entre 2 parties ; c’est ce que garantit le réseau.

·        Une base de données distribuée (Peer-to-Peer Transmission) où toutes les données sont cryptées. Les transactions « blockchain » sont sécurisées par des algorithmes et non plus par le biais d’un tiers de confiance. Cette base de données est distribuée parmi tous ses membres, chacun disposant de la totalité de cette base et qui doit être identique à un moment M à chaque moment où un block est ajouté à la chaine.

·        Transparente mais avec des Pseudonymes (clés cryptographiques) Un système de confiance qui permet de garantir la traçabilité d’un échange. Mais non pas confiance dans un « tiers » contrôleur règlementé ou un « courtier » mais dans le système lui-même et ses codes parce que une fois structuré il n’y a plus d’intervention « humaine » possible ! La technologie blockchain s’inscrit dans une logique « digitale » informatique

·        Les enregistrements sont Irréversibles -La blockchain est infalsifiable et permanente. Le caractère « infalsifiable » de la blockchain est assuré par une clé d’accès basée sur un système de cryptographie asymétrique (clé publique/privée 

En annexe, le petit glossaire blockchain. 

 

En rapprochant les explications fournies par les « experts » et les journalistes, cette description du GRAND-LIVRE expose exactement ce qu’est la (une) blockchain si on « traduit » en langage comptable. 

Une blockchain est donc un « GRAND-LIVRE »[17] (ledger) commun à un groupe d’acteurs « libres et égaux en droits », créé par ce groupe en établissant les règles de fonctionnement (DAO[18] et smart contracts- voir ci-dessous) de ce GRAND-LIVRE. 

Plutôt que d’être établi par un EC prestataire pour enregistrer la comptabilité d’une entreprise, ce GRAND-LIVRE devient le GRAND-LIVRE numérique commun à tous ses « membres-entreprises » participants, transparent ouvert à tous, décentralisé, puisque tous ses membres peuvent devenir aussi être des « mineurs ». 

Comme un GRAND-LIVRE, une blockchain représente la transcription sur un document unique de la totalité des mouvements de la comptabilité et des transactions entre et commun à tous ses membres.

L’identification de chaque partie (acheteurs, vendeurs) s’effectue par un procédé cryptographique;

La transaction est envoyée à un réseau (ou « nœud » de stockage) d’ordinateurs situés dans le monde entier (plutôt qu’aux EC) ;

Chaque « nœud » héberge une copie de la base de données dans lequel est inscrit l’historique des transactions effectuées. Toutes les parties prenantes peuvent y accéder simultanément ;

Le « système » de sécurisation[19]  repose  sur un mécanisme de consensus de tous les « nœuds » à chaque ajout d’informations. Les données sont déchiffrées et authentifiées par des « centres de données » ou « mineurs ». 

Ainsi, on pourrait dire que chaque « page » de ce GRAND-LIVRE est un bloc d’écriture des comptes des entreprises membres identifiées par leur code d’accès et une clé numérique pour chaque couple de lignes : par exemple à chaque compte 411-client pour un compte E doit correspondre un compte 401-fournisseur pour l’entreprise contrepartie avec les soldes Débit/Crédit pour chacun.

Quand chaque page est « pleine » (variable) elle devient donc un « bloc » ajouté par le « mineur » à la suite des pages précédentes (comme dans un grand livre « papier » le solde fin de page précédente, reprise en tête de la page suivante) etc... D’ailleurs un grand livre « papier » organise aussi une « chaîne » puisque chaque solde de fin de pages repris en début de page suivante doit être « ininterrompu » et il n’est pas « possible » de changer ni une ligne ni un solde sans devoir changer l’ensemble des pages « suivantes » du GRAND-LIVRE. 

La construction d’une chaîne de blocs : 

·        La construction d’une chaîne de blocs se fait en un cycle de deux étapes répétées indéfiniment. La première, la construction d’un bloc, équivaut à reporter sur une page les nouvelles écritures qui arrivent, puis à sceller définitivement cette page en construisant son en-tête. La deuxième consiste à ajouter cette nouvelle page au registre de façon irréversible.

·        Ces opérations peuvent très bien être réalisées par un seul et même ordinateur. La véritable originalité des blockchains et des systèmes qui en dérivent, qui leur donnent leurs qualités uniques mais aussi leur complexité, est d’être implantés sur un réseau « pair à pair » ouvert. Ouvert parce que tout possesseur d’un ordinateur peut à tout moment se joindre au réseau sans avoir à demander d’autorisation à quiconque. Pair à pair parce que chacun peut choisir librement la ou les fonctions qu’il veut y assumer, y compris les plus centrales. Dans un tel réseau, il n’existe pas de point de contrôle central ni même de nœuds privilégiés. C’est dans ce sens qu’on peut dire que les « pairs » sont libres et égaux en droit. 

2-1           Le paradigme de SATOSHI NAKAMOTO 

Plus l’être humain est libre, autonome et responsable et plus il est à même de produire des mécanismes de consensus efficaces conduisant à un ordre juste.

La plupart des systèmes de gouvernance actuels partent du principe que seul un ordre hiérarchique et centralisé permet de maintenir la cohésion d’une société humaine : l’incroyable succès du réseau Bitcoin démontre le contraire.

C’est là où est le changement de paradigme proposé par Satoshi Nakamoto : passer d’un système pyramidal et centralisé – où l’entropie devient pourtant maximale – à une société de réseau, décentralisée, gérée par l’ordre spontané.[20] 

Satoshi Nakamoto avait parfaitement conscience du nerf de la guerre, mais s’attaquer au « système » ne fait aucun sens. Proposer une alternative sous la forme d’une monnaie (bitcoin)et d’un réseau de paiement accessibles à tous est une bien meilleure idée ; se baser sur Internet, la décentralisation et la cryptographie afin d’en assurer son intégrité, sa sécurité et sa résistance à la censure, une révolution. 

2-2           Où se placent les technologies Blockchain dans le paysage des métiers du chiffre ? 

L’étude XERFI PRECEPTA précitée évoque de manière générale mais explicite, les principaux éléments de réponse à ces questions. 

2.2.1.      FEC et Blockchain 

Les métiers du chiffre sont les premiers concernés par ces évolutions en matière d’analyse de données. La dématérialisation des flux liés à la comptabilité (factures fournisseurs, paiement des clients, etc.) avec dernièrement le Fichier des Écritures Comptables ou FEC, ouvre d’immenses opportunités pour industrialiser les contrôles et réduire les coûts de production des cabinets, notamment lors des missions d’audit. 

XERFI

Rappelons que le FEC a été introduit par la loi de finances rectificative pour 2012 : celle-ci oblige les entreprises (hors régime micro), et leurs éventuels experts-comptables, à fournir une comptabilité informatisée et standardisée à l’administration fiscale. 

Cette dématérialisation de la comptabilité à marche forcée a des effets d’ordre stratégique sur les professionnels du chiffre : le FEC permet une analyse exhaustive des données par un auditeur ou un expert-comptable (amélioration de la valeur perçue) ; 

- le FEC oblige à une homogénéisation lors de la saisie comptable entre les collaborateurs des cabinets (gains de productivité potentiels) ; 

- le FEC apparaît comme un véritable standard de communication et de diffusion de la comptabilité. Il facilitera la transmission de la comptabilité lors d’un audit ou encore entre cabinet d’expertise-comptable ou une AGC si le client souhaite changer de prestataire (c’est donc aussi une menace). Il simplifiera aussi la migration d’un logiciel à un autre au cas où un cabinet souhaiterait changer de fournisseur de logiciels de gestion (le FEC redonne ainsi du pouvoir de marché aux cabinets face aux fournisseurs de technologie) ; 

- le FEC donne la possibilité de réaliser une analyse financière plus fine des TPE/PME car il se base sur des données plus précises que la liasse fiscale (amélioration de la valeur perçue des prestations de conseil en gestion) ; 

Enfin, il devient possible de réaliser des audits totalement informatisés (e-audit) à des fins fiscales et financières (gains de productivité). 

Par la standardisation du format des fichiers de données comptables, le FEC autorise notamment l’utilisation d’outils de data mining. En permettant aux cabinets de trier les données, de les comparer et de les rapprocher avec d’autres sources d’informations, les outils de data mining aideront de plus en plus à la détection des incohérences et des fraudes. Utilisés ensemble, FEC et data mining vont alors accroître l’efficacité opérationnelle des cabinets en améliorant les gains de productivité (gains de temps sur les audits). En revanche, ils accéléreront aussi les pressions déflationnistes…  

2.2.2.      La technologie blockchain pour automatiser l’audit légal 

Les Big 4, dont le domaine de prédilection est l’audit, s’intéressent de très près à la blockchain car son impact est colossal sur le cœur de leur activité. D’un côté, elle offre la possibilité d’automatiser une grande partie de l’audit légal des comptes des entreprises et donc d’améliorer leur efficacité opérationnelle. De l’autre, elle menace potentiellement de les faire disparaître. 

À ce jour, le sujet intéresse plus particulièrement les grands noms de la finance, les Big 4[21], les géants de l’informatique jusqu’aux gouvernements. Les enjeux sont considérables notamment en matière de définition de normes et de standards et chacun veut pouvoir faire valoir ses droits. 

Mais en réalité, la blockchain trouve des applications dans de très nombreux secteurs en plus des banques/assurances et de l’audit : immobilier, énergie, santé, transport, etc. 

2.2.3.      Blockchain : vers une redéfinition du métier d’auditeur ? 

En donnant la possibilité à un registre d’auto-valider les écritures comptables grâce à un contrôle automatique et en temps réel, la blockchain remet fondamentalement en cause le rôle actuel des auditeurs (mais aussi celui des banques, des notaires, du cadastre, des huissiers, des greffes, etc.). 

Si ce registre (qui s’apparente à un registre notarial) était partagé par toutes les entreprises, il permettrait de rendre les comptes des sociétés beaucoup plus transparents ce qui rendrait le travail des auditeurs superflu. Le projet Balanc3 aux États-Unis s’intéresse d’ores et déjà à ce type d’application.  

L’introduction de la technologie blockchain dans la réalisation des missions d’audit va ainsi automatiser la mission de vérification des comptes stricto sensu, et donc réduire fortement les coûts des cabinets. Ils devront sans doute parallèlement renforcer leur rôle de conseil et d’accompagnement auprès des dirigeants. Moins centrés sur les chiffres et sur le passé des entreprises, les auditeurs devront être davantage tournés vers l’avenir et donc sur des missions de conseil à plus forte valeur ajoutée (stratégie, transformation des entreprises, etc.). Par ailleurs, les cabinets d’audit devront se forger des compétences plus technologiques, notamment informatiques, pour par exemple vérifier la sécurité du registre.  

2.2.4.      Des produits d’assurance : une porte ouverte sur l’uberisation de l’audit ! 

Des produits d’assurance seront spécifiquement conçus pour couvrir l’activité de l’entreprise, ses locaux, son matériel, ses salariés le cas échéant, son dirigeant, etc. Les besoins à pourvoir sont très nombreux.  

XERFI

La libéralisation des métiers du chiffre, et en particulier de l’audit légal des comptes, ouvrira alors aux compagnies d’assurance un champ concurrentiel considérable. En effet, l’obligation de faire expertiser ses comptes (obligation qui concerne les entreprises d’une certaine taille (en France) sera remplacée par un système d’assurance puisque l’objectif final d’une mission de certification des comptes est bien de garantir la cohérence et la vraisemblance des comptes au profit des banques ou des investisseurs (notamment). Des produits d’assurance donneront alors la possibilité aux dirigeants d’assurer leurs comptes plutôt que de les faire certifier. 

Pour renforcer ce système et inciter à des comportements vertueux, les compagnies d’assurance proposeront en complément la technologie blockchain. S’apparentant à un véritable registre notarial dématérialisé et accessible à tous, la blockchain permettra de rendre les comptes des sociétés beaucoup plus transparents. En effet, chaque donnée comptable sera alors enregistrée au fil de l’eau dans ce registre public et partagé par tous.

Celui-ci auto-validera ensuite l'écriture, certifiant de facto les comptes de l’entreprise. Bien sûr, la bataille avec les Big 4 s’annonce terrible : en plus de projets en interne (comme Deloitte), ces derniers réfléchissent dès à présent à créer un consortium pour anticiper les impacts de la technologie blockchain et évaluer ses opportunités. 

2.2.5.      : Blockchain : une technologie informatique de comptabilité 

Que peut-on retenir ? Un « NOUVEAU » FONDAMENTAL ! La blockchain est d’abord une technologie informatique de « comptabilité ». Ce constituant essentiel n’est pas suffisamment mis en lumière y compris par les EC eux-mêmes ! Ce qui semble paradoxal ! 

Il est d’ailleurs préférable d’utiliser le pluriel : « les » technologies blockchain peuvent être (et seront) utilisées dans une grande variété d’applications qui sont en plein développement.

Elles servent à comptabiliser (cryptographiquement) des opérations chiffrées (en principe des transactions c’est-à-dire des échanges) à l’image du « GRAND LIVRE[22] » d’une entreprise. Une blockchain est avant tout un « grand livre comptable ». En revanche ce grand livre n’est pas attaché à une seule entreprise, il est commun à tous ses membres. Il est « actif » (irréversible, infalsifiable, permanent voir infra) et enregistre « à la queue leu leu [23]» les blocks de transactions. (voir par exemple : La Blockchain a le potentiel de transformer le trading d'actions", selon Moody's Par Delphine Cuny  14/04/2017, )[24] 

Mais tout ceci est insuffisant, il ne faudrait pas réduire les technologies blockchain à la simple dématérialisation-digitalisation du fonctionnement des entreprises, de l’économie et des systèmes d’information comptables et financiers ! Même si des suggestions, propositions qui restent partielles (à notre avis) sont avancées dans la profession :

En assurant la fiabilité de tout le réseau, les milliers de « mineurs » permettent à la blockchain de créer de la confiance entre deux parties sans recourir à un tiers. A l’instar du « big data » ou de l’intelligence artificielle, il est encore tôt pour savoir à quel point les applications de la blockchain vont révolutionner nos sociétés et nos pratiques professionnelles. Mais une chose est sûre, la blockchain représente une opportunité inédite de transformer notre système et de repenser le rôle et les missions des tiers de confiance. Pour les auditeurs, comptables et consultants, la réflexion doit s’engager, nous n’y échapperons pas !

(voir La Profession Comptable N°408 - Février 2017 -  Une possible révolution des systèmes comptables - La comptabilité en partie triple. Et Blockchain : une nouvelle forme de confiance ? Stéphane Raynaud). 

Les technologies blockchains détiennent un potentiel pour révolutionner le système économique mondial en profondeur. Mais il reste encore plusieurs étapes avant qu’elles prennent leur envol[25] 

Les blockchains vont provoquer un changement de paradigme dans l’économie, sans devoir faire un détour par des intermédiaires et à travers la convergence avec d’autres technologies comme le cloud, l’intelligence artificielle, les objets connectés, etc. 

Les blockchains vont écraser le monde économique comme un tsunami[26].

Les « blockchains » qu’elles soient privées ou publiques seront à l’origine d’une NOUVELLE ECONOMIE fondée sur les potentialités de cette technologie « web ». Elles viennent apporter des structures d’enregistrement sécurisées sur le web à des échanges économiques « désintermédiés ». 

« La technologie derrière Bitcoin pourrait transformer la façon dont fonctionne l'économie : article fondateur de « The Economist » 31 octobre 2015[27]. 

2.2.6.      La polyvalence de la blockchain 

  1. Une blockchain est donc bien un outil comptable commun et partagé, enregistrant les transactions, les « actions », les « opérations » entre les membres (nœuds) du réseau.
  2. Un outil de gestion (base de données, big data, statistiques, évaluation, audit-contrôle de gestion...
  3. Un outil permettant des échanges sécurisés, de valeurs exprimées sous diverses formes : 

·        En unités de compte (selon la filière voir commentaires) ;

·        En unités monétaires : fiat[28] ou cryptomonnaies ou autres voir articles (rôle de la monnaie) monnaie privée (monnaie légale ou non-légale, locale etc.) ;

·        En valeur intrinsèque (transferts d’actifs) actif physique comme les matières premières actif financier, autre classe d'actif…) ;[29]

·        En produits/services de compensation (barters) c’est ce potentiel que nous avons identifié comme deuxième « bouée de sauvetage » pour les EC ! 

  1. Un outil « juridique » : 

·         D’enregistrement et d’authentification sécurisé de transactions (registre notarial- acte « authentique » : une blockchain est en principe « infalsifiable ».

·         Authentifiant un ensemble de contrats d’adhésion (DAO[30] + Smart contracts) ouverts à tous et n’importe qui, qui adhère à ses règles, soit publique ouverte soit privée réservée à des « membres ».

·         Un outil juridique permettant des échanges de « droits » selon « l’objet » de la blockchain. (cf. échanges de valeurs) [31] 

LA TRIBUNE : Blockchain, smart contract, ou la promesse encore floue d'une révolution de la finance[32]

La reproduction du fonctionnement d'un contrat

Le smart contract (contrat intelligent/malin) est un petit programme reproduisant le fonctionnement d'un contrat : un accord volontaire, pour échanger un bien ou un service selon des clauses prévues à l'avance -dépendant parfois d'événements extérieurs. Le smart contract tire une partie de sa force de son automaticité. Les acteurs "chargent" les montants à échanger dans le programme puis ne peuvent plus se dédire de leur engagement. Une fois lancé, le programme effectue la transaction sans intervention humaine, selon les clauses prévues initialement. Par exemple, un contrat intelligent pourrait permettre de faire des paris sur une course hippique entre deux inconnus, sans intermédiaire. Les deux parieurs versent leur mise initiale au contrat intelligent -et ne peuvent plus la retirer-, puis indiquent leur tiercé gagnant. Le contrat intelligent attend ensuite la course, collecte directement son résultat d'une source certifiée, détermine le gagnant et lui verse l'argent.

Le contrat intelligent peut bien sûr tirer profit d'un support informatique décentralisé, infalsifiable par les parties en présence et permettant un accès sécurisé. L'idée d'utiliser les blockchains, pas seulement pour un simple registre de devise, mais comme support des contrats intelligents est donc venue naturellement à certains informaticiens baignant dans le milieu des bitcoins.

L'un d'entre eux, Vitalik Buterin, un jeune Russo-canadien de 23 ans, a lancé en 2015 une nouvelle infrastructure blockchain open source, Ethereum, permettant d'exécuter un langage (Solidy, proche du javascript), adapté aux contrats intelligents. Le langage permet de créer des formulaires pour saisir les caractéristiques du contrat, de coder les clauses conditionnelles s'appliquant jusqu'à la fin du contrat, d'effectuer des versements. Cette plateforme et ce langage permettent donc à chacun de programmer puis de déployer des contrats intelligents répondant à leurs besoins.

Contrats intelligents, registre unique décentralisé, opérations automatiques, identification publique cryptographique ; depuis maintenant trois ans ces différentes briques s'accumulent donc, sans que l'on soit encore sûr de celles qui vont être utilisées et comment elles pourront l'être. 

  1. Un outil collaboratif : une blockchain est un réseau de pair à pair. Dans un réseau pair à pair ouvert, plus le nombre d'opérateurs indépendants répartis sur tous les continents est élevé et plus les règles sur lesquelles les utilisateurs fondent leur confiance seront respectées (cf. point précédent).
  2. La notion /concept de « smart contracts » existait en dehors des technologies informatiques. On peut les mettre en parallèle avec les contrats d’adhésion et les conditions générales de fonctionnement des différents marchés de cotation sur les bourses de valeurs et de matières premières. 

Exemple : Le High Frequency Trading (HFT), trading à haute fréquence est un type de trading où les transactions sont effectuées à grande vitesse par des logiciels informatiques se basant sur des algorithmes mathématiques. En Europe, 35% des transactions sont réalisées avec le HFT. Aux USA, le HFT représente déjà 70% des volumes échangés sur le marché des actions. Les transactions étant automatisées, en cas de krachs la chute est encore plus rapide comme ce fut le cas durant la crise financière de 2007, justement parce que l’intervention humaine n’existe plus... un bien ou un mal ? Tout dépend du point de vue : perdant ou gagnant et certains y ont gagné beaucoup !!

Une DAO pourrait être comparée aux règles de fonctionnement sur les bourses d’échanges (IPE, NYMEX, CBoT, et divers systèmes d’échanges « otc »....

La plupart de ces « bourses d’échanges » ont recours à une organisation de gouvernance interne, des courtiers agréés, à une ou plusieurs chambres de compensation (clearing houses) parfois des « dépôts de stockage agréés (LME), des banques de financements, des compagnies d’assurance etc. En fait des intermédiaires en principe dits « tiers de confiance ».

Les unités de compte (cf. supra ce qu’est aussi un bitcoin) sont les quotités, les unités de trading (tonnes, once troy, flask, long tons, boisseau, barils, les C/P dans les affrètements maritimes, tous les contrats-types standards en fait !).[33]

Selon Jacques Favier[34] : « Le bitcoin est une monnaie pivot et de réserve dans le cyberespace. Il a la possibilité de jouer un rôle d’étalon. »

Pour Alexis Collomb, professeur de finance au CNAM et chercheur spécialisé dans la blockchain : « Le bitcoin dispose de l’avantage indéniable du premier entrant. En huit ans d’existence, il a certes connu des hauts et des bas, mais le système n’a pas mal tourné. En termes d’inclusion financière, les crypto-monnaies représentent une révolution ».

Les deux véritables risques « techniques » sont :

  • la rupture des infrastructures du web (les câbles),
  • la rupture énergétique (énergie électrique).

Mais il faudrait alors que ces deux ruptures (simultanées ou non) soient « mondiales » et « complètes ». En effet les réseaux câblés intercontinentaux de par leur répartition géographique disposent pratiquement toujours d’itinéraires « bis » pour véhiculer les données. C’est cette architecture qui définit le réseau grille, filet ou... en toile d’araignée (web). Il semble toutefois possible « d’orienter » ces itinéraires « bis ». 

Exemples

L’atelier mondial du Bitcoin en Chine :

Le minage génère des recettes, mais il comporte aussi des coûts. Et ce n’est que si la balance coûts/bénéfices est favorable que l’opération est rentable. Les coûts sont fonction de la puissance de calcul installée et de l’énergie qu’il faut dépenser pour faire tourner les machines et les refroidir 24 heures sur 24. D’où la localisation du minage dans certains pays nordiques, comme la Norvège ou l’Islande, où le refroidissement coûte moins cher grâce aux températures ambiantes, ou en Chine, dans des sites proches des centrales au charbon ou des barrages hydroélectriques où le prix de l’électricité est le plus bas, voire gratuit si le mineur local parvient à acheter le bon vouloir de la centrale voisine moyennant quelques accommodements et cadeaux (en bitcoins ?). Silence assourdissant des écolos sur cet aspect du problème ! De plus, les ingénieurs chinois sont les moins chers du monde à compétence égale. Il n’y a pas un seul mineur en France…extraits le Nouvel Economiste Publié le 09/03/2017 Le Bitcoin, un jeu d’enfant 3/3 Actif spéculatif ou future ‘digital gold’

 Et 3 ans plus tôt......

Une belle utopie NE Monnaie virtuelle La vraie nature du bitcoin Après le e-commerce, la e-monnaie ?

Philippe Plassart 04/09/2014

Que de vertus pour une monnaie Internet idéale : mondialisée, désintermédiée, techniquement fiable, à paiement instantané et à coût de traitement quasi nul ! Une belle utopie qui serait ainsi le nouveau lien universel de tous les habitants de la planète.

Mais une utopie qui ne pourra que le rester, tant son vice de construction la rend hautement spéculative et la prive de son rôle de réserve de valeur et d’étalon de prix. Sans oublier que sa vocation d’instrument de politique économique est trop essentielle pour échapper à la prérogative des Etats.

 2-3           CONCLUSION : blockchain, 1ère bouée de sauvetage des EC 

Au vu de ce qui précède, on peut se poser la question récurrente : Mais alors à quoi serviront les EC et CAC ? 

Dans un système blockchain n'importe qui peut être mineur dans la mesure où il fait partie des acteurs de cette blockchain et dispose des « capacités » (puissance de calcul) informatiques. Alors pourquoi les experts-comptables afficheraient-ils une légitimité plus affirmée que les autres acteurs ? 

a)     La profession, le travail du comptable, est d’enregistrer les transactions de leurs clients. Tiers de confiance pour l’Administration fiscale ils certifient la liasse fiscale qu’ils établissent pour l’entreprise cliente. En fait c'est leur vocation et leur déontologie de profession règlementée qui leur confèrent cette légitimité. 

b)     Tous les membres du réseau d’une blockchain peuvent prendre le rôle de « mineur ». Ils deviennent donc les témoins digitaux certifiant la validité et l'existence d'une transaction entre deux acteurs. Ils enregistrent cryptographiquement le fait qu'une transaction est unique et singulière entre ces deux parties et que donc ce paiement effectué par l'une qui effectivement possède la somme correspondant à un achat (une commande confirmée par exemple) est bien la contrepartie d'une action réalisée par l'autre une livraison (une vente facturée) réalisée. Cette situation synallagmatique ne peut être réalisée qu'une seule fois car elle est enregistrée cryptographiquement et non modifiable ce qui détermine la sécurité des échanges, que le montant identifié et échangé ne peut être réutilisé dans une autre transaction. 

Les descriptions ci-dessus ne peuvent être plus explicites

de l’analogie entre les deux « fonctions a et b » ! 

Les EC disposent donc d’une légitimité à la fois « virtuelle » et « réelle » pour organiser des architectures blockchain avec leurs clients et devenir les « mineurs » des blockchains « privées » (voire publiques- FEC ?) réunies en consortium.

Un article publié dans ACTUEL EC (06/03/2017° proposait de « créer un consortium afin de développer des services inter-cabinets » (José Vasquez -  créateur de Yesaccount)[35].

En fait, l’avenir serait sans doute de créer de multiples « consortium » (cf. sous forme de DAO) dans le cadre des « réseaux » des « alliances » ou des groupements d’EC[36]. IL faudrait sans doute commencer par la pédagogie professionnelle, relevant de la responsabilité des instances de la profession, pour faire comprendre qu’un système « blockchain » est une technologie logicielle que les EC peuvent « partager » au même titre qu’ils partagent des logiciels CEGID ou SAGE etc.… et n’induit pas des « distorsions » de concurrence !! Alors qu’attendent donc les professionnels du chiffre en France ? Les initiatives sont dispersées alors qu’elles devraient être « collaboratives ».[37] [38] 

2.3.1.      La « position » de l’EC dans le minage  

Le minage est un processus qui fait rêver beaucoup de gens qui ont un peu entendu parler du Bitcoin, parce que ce fut à un moment un moyen très simple pour gagner beaucoup d’argent à moindre frais. Ce n’est plus du tout le cas maintenant attention ! 

Lorsqu’une transaction a lieu sur le réseau, il faut vérifier que cette transaction est correcte et la sécuriser, ce qui nécessite de la puissance de calcul pour « hacher » (crypter) la transaction, la vérifier et l’insérer à la suite dans la Blockchain. Dans le cas d’une architecture centralisée, cette opération serait réalisée par le serveur qui gérerait tout. Sauf qu’ici il n’y a pas de serveur. En fait ce sont des personnes appelées « mineurs » qui se chargent de fournir la puissance de calcul au réseau en mettant à disposition des ordinateurs.

 Les mineurs participent donc à l’intégrité et au maintien de la sécurité du réseau. Leur présence évite des actions frauduleuses comme la double dépense (lorsque quelqu’un essaie de payer deux personnes au même instant avec un seul bitcoin) ou le renversement (annuler la transaction en même temps pour ne pas avoir à envoyer l’argent) et permet de confirmer les transactions. En moyenne, chaque transaction est confirmée 6 fois avant d’être considérée comme correcte. La corrélation entre le rôle du mineur et celui du comptable nous a paru évidente ! 

Les EC doivent impérativement et très rapidement s’approprier les technologies blockchain s’ils souhaitent assurer la pérennité de leur profession : et ce à un très haut niveau d’expertise : devenir les « pro » des systèmes blockchain pour leurs clients entreprises (B2B) en s’associant ou en intégrant des départements IT au plus haut niveau de compétences informatiques ! Un vrai challenge pour les 2-3 prochaines années ! Nous y reviendrons dans nos conclusions générales. 

2.3.2.      Ainsi parlait Precepta ! 

Extraits commentaires ADQ8 à partir de l’étude XERFI PRECEPTA

·        La fin du monopole a ouvert la porte à une désintermédiation totale des cabinets d’expertise comptable.

·        Les éditeurs de logiciels et les GAFAM vont se disputer le marché, chacun avec ses atouts.

·        Les nouveaux éditeurs de logiciels en France comme Xero ou Intuit et son offre QuickBooks, seront les principaux gagnants de ce mouvement dans la mesure où ils détiennent déjà les ressources et les compétences clés pour réaliser à distance la tenue de la comptabilité d’une entreprise et clôturer ses comptes en fin d’année.

·        Les éditeurs historiques comme Cegid ou Sage cèderont la place !

·        Microsoft dispose d’un portefeuille incontestable de gros comptes et d’une suite logicielle complète.

·        Le groupe Alphabet (Google) lancera pour sa part une offensive sur les petits comptes grâce à son partenariat avec l’éditeur de logiciel de comptabilité nouvelle génération Xero[39]. Pour Google, cette intégration consolide son écosystème d’offres aux entreprises en améliorant son attractivité, et démultiplie potentiellement les gisements de valeur.

Au final, dans ce 3ème scénario, les acteurs technologiques viendront purement et simplement se substituer aux acteurs traditionnels de l’expertise comptable. La perte de confiance des acteurs économiques dans les intermédiaires (tiers de confiance) obligés comme les banques, a suscité la création du « bitcoin » et d’autres cryptomonnaies à l’origine des technologies blockchain.

2.3.3.      Et d’autres ! 

La blockchain, futur moteur de l'économie collaborative

Eric Cohen, Fondateur & Président-Directeur Général de Keyrus

En toute logique, un déploiement généralisé des architectures Blockchain devrait provoquer l'extinction de l'ensemble des plates-formes centralisées nées de la désintermédiation / ré intermédiation (dont Uber et Airbnb restent les prototypes). La Blockchain contribuerait ainsi à supprimer le dernier intermédiaire - superviseur des transactions séparant les utilisateurs.

Le secteur bancaire est assurément celui qui connaitra les plus fortes disruptions dans les prochaines années. Les grands acteurs bancaires en sont parfaitement conscients et œuvrent dans le sens d'une intégration positive de la Blockchain à leurs bonnes pratiques. Cela dit, d'autres secteurs peuvent se montrer plus rétifs à une adoption de la culture Blockchain. Les entreprises qui refusent de considérer ce nouveau potentiel prennent alors un risque réel de voir surgir une structure concurrente totalement horizontale et distribuée qui aspire brusquement l'ensemble du marché...

La guerre des plates-formes collaboratives a débuté. Elle risque d'être sans pitié pour ceux qui vivent sur leurs acquis et qui seraient tentés de sous-estimer la puissance du mouvement. Les perspectives ouvertes par la Blockchain semblent sans limite. Construisons sur son architecture les bases d'une économie collaborative exponentielle ! 

Mais alors à quoi serviront les EC et CAC ?

Et comment pourront-ils « s’insérer » dans cette nouvelle économie digitale et collaborative ?

Nous développerons plus avant ce « comment ? », dans un document complémentaire en cours d’étude intitulé « LA SUITE » dans lequel nous tenterons d’élaborer un projet de « feuille de route ».

 

3.    DEUXIEME BOUÉE DE SAUVETAGE : LA BARTERISATION DE L’ECONOMIE

 

Barter, échanges interentreprises et compensation

Les échanges interentreprises par compensation sont du troc organisé entre entreprises, le plus souvent au sein d’un réseau ou d’une communauté d’entreprises préexistantes (voir filière infra). 

3-1           Qu’est-ce que c'est ? 

De nombreuses entreprises dans le monde sont membres de réseaux utilisant le « Barter system » ou système de troc. Ce système est « vendu » par des entreprises de services. Leur but est de réunir à l’intérieur de leur réseau le plus grand nombre possible d’entreprises aux activités les plus variées pour permettre l'échange entre elles des biens et services qu'elles produisent, à l'aide d'un moyen de paiement exprimé dans une unité de compte propre à leur réseau

Cela présente un double avantage : celui d'alléger leur trésorerie en monnaie nationale et celui de dynamiser leurs affaires dans un esprit plus solidaire.

Ils sont aujourd’hui pratiqués dans le monde entier, à la fois sur les marchés domestiques et dans les échanges internationaux, et prennent depuis les années 2000 un nouvel essor grâce à Internet. Internet permet en effet aux entreprises d’échanger plus rapidement et plus aisément en facilitant la rencontre de l’offre et de la demande. En minimisant les coûts de gestion, Internet rentabilise des opérations de faible valeur nominale et ouvre le système à des entreprises de plus petite taille. 

Les échanges interentreprises existent en France depuis maintenant plus de 30 ans, mais leur développement a été très aléatoire (voir ci-dessous).

Aujourd’hui, les perspectives de développement de ces échanges sont importantes : 65 % de PME françaises seraient intéressées par ce mode de transaction (étude réalisée par EdC Consulting). 

Deux types d’échanges existent : 

a)     L’échange bilatéral : une entreprise vend des produits ou un service à une autre entreprise qui en contrepartie lui fournit directement un produit ou un service également. Dans ce type d’échange, il s’agit de deux ventes croisées, concrétisées par deux factures émises et payées par compensation (avec éventuellement une partie monétaire si les prestations n’ont pas la même valeur). Cela nécessite une réciprocité directe ou une complémentarité entre les produits échangés qui n’est pas toujours simple à trouver. Cette possibilité peut se rencontrer plus fréquemment voire se créer entre des entreprises d’une même filière qui établissent des relations clients/fournisseurs durables et récurrentes. Ces relations sont la plupart du temps matérialisées par des contrats d’approvisionnement/fourniture établis pour plusieurs années. 

b)     L’échange multilatéral : c’est un système d’échange intégrant une unité de compte permettant aux entreprises regroupées sur un réseau de vendre et d’acheter à des entreprises différentes pour des montants différents. Les entreprises disposent d’un compte utilisable exclusivement sur le réseau, ce compte peut être positif ou négatif en fonction des transactions qu’elles réalisent. Ainsi l’entreprise peut réaliser un achat sans sortie de trésorerie auprès d’une entreprise, elle recevra une facture pour laquelle elle ne fera pas de paiement en numéraire, son compte sera débité et elle remboursera ce compte négatif en réalisant à son tour une vente auprès d’une ou plusieurs entreprises du réseau (voir article 1702 code civil français).

Jusqu’à présent l’organisation de systèmes d’échanges multilatéraux sont restés des exceptions particulièrement en Europe. Les raisons et les difficultés sont multiples comme nous le verrons ci- après. 

3-2           Difficultés, freins et obstacles aux échanges multilatéraux 

3.2.1.      Correspondance offre /demande 

Avec la variété des biens et services qui existent de nos jours, le troc est quasiment impossible à réaliser car on tombe rarement sur la personne qui offre ce que l’on cherche et qui désire au même moment une quantité équivalente de ce que l’on peut offrir. D'où l’introduction dans le système d’une « représentation symbolique » des biens et services : l'unité de compte propre au réseau

Les réseaux barter refusent en général qu'on considère leurs unités de compte comme de la monnaie car elles n'en présentent pas toutes les caractéristiques. Elles sont outil de mesure et d'échange mais pas réserve de valeur : lorsqu’un membre achète un bien ou un service en unités réseau, il s’engage par cet acte vis-à-vis des membres du réseau à créer et mettre à leur disposition la valeur équivalente de bien ou service relevant de sa compétence. La finalité n’est pas d'accumuler ces unités mais de faciliter les échanges nécessaires à l'activité des membres du réseau.

Ainsi les comptes sont-ils rarement très créditeurs ou très débiteurs longtemps. Une limite dans chaque sens est en général fixée à chaque membre selon ses caractéristiques. Les dépôts ne sont pas rémunérés. Au contraire, certains réseaux appliquent même un intérêt négatif (principe de la fonte Géselienne des monnaies[40]) afin d'encourager l'échange et non la thésaurisation. Il est souvent possible d'emprunter dans ces unités, dans ce cas, les réseaux ne réclament pas ou peu d'intérêt. Lorsqu'il y en a, c'est seulement pour couvrir les frais de fonctionnement de l'organe gestionnaire du réseau. 

3.2.2.      La nécessité d’un « courtier de confiance » 

A)     Pourquoi les systèmes barter ne se sont -ils pas développés en Europe ? 

Les systèmes barter ne se sont pas développés en Europe, même s’il existe plusieurs entreprises les organisant (voir exemples). Les raisons à ce peu d’intérêt :

·        Comment trouver des partenaires ?

·        La nécessaire intervention « d’un courtier de confiance »

·        l’(in)existence d’une chambre de compensation-arbitrage-garantie (souvent réalisée par le courtier). 

Le frein principal au système barter en Europe tient principalement (à notre avis) à la nécessité dans les échanges multilatéraux à recourir à « un courtier de confiance ». Il a existé dans le secteur des matières premières des « systèmes » se rapprochant occasionnellement des « barters ».   [41] 

B)     Le rapport PIPAME[42] 

Voici ce que dit le rapport PIPAME : 

L’entreprise qui souhaite pratiquer l’échange interentreprises a deux solutions :

1.      Elle peut échanger de façon ponctuelle et informelle avec ses partenaires habituels et se constituer peu à peu un réseau de partenaires. Cette pratique reste limitée, car ceux-ci n’auront pas toujours, et au bon moment, les biens ou services dont elle a besoin. La recherche des opportunités d’échanges incombera au chef d’entreprise ; or elle est consommatrice de temps et fait courir le risque de garder très longtemps les actifs inutilisés et difficiles à échanger.

2.      Elle peut recourir à un courtier qui a déjà mis en place son propre réseau d’échanges, ce qui permet d’optimiser les transactions. 

En effet, le courtier en échanges interentreprises joue trois rôles principaux :

·        Le courtier intervient (doit intervenir dans l’entreprise membre) en amont des échanges, par un audit des actifs inutilisés et de la stratégie habituelle d’achat de l’entreprise, le courtier peut déterminer les besoins et les offres de biens et services qui peuvent être acquis en compensation, en maximisant les bénéfices directs et indirects qui peuvent en être obtenus.

·        Il aide à fixer la valeur d’échange des biens et services. il propose souvent à l’entreprise une capacité à scénariser ses offres et à trouver la bonne complémentarité, très utile notamment pour les PME, qui ne disposent pas de compétences internes et/ou de temps pour le faire. L’existence d’un réseau sélectif, organisé par le courtier, permet une quasi-auto régulation des échanges, car tous les membres du réseau, courtier compris, sont interdépendants d’un système dont chaque membre est tributaire du bon comportement de l’autre.

·        C’est un interlocuteur unique qui garantit la traçabilité des échanges à chaque phase de l’opération : signature des contrats et bons de commande, vérification des livraisons, suivi administratif des opérations, comptabilité. 

Auxquels s’ajoutent en pratique des rôles tout aussi importants !

·        Le courtier a un rôle de conseil

·         Le courtier crée la confiance

·        Le courtier est un facilitateur, qui répond aux besoins réciproques des entreprises à un moment donné par la sélection, la diversification et l’accroissement du nombre d’entreprises de son réseau puis, au coup par coup, par la recherche du partenaire le mieux placé. En effet, il sait au jour le jour dans quel secteur d’activité et pour quel client identifier les offres et les besoins. Le temps de réponse à une demande est ainsi raccourci et permet parfois au demandeur de connaître quasiment en temps réel la possibilité d’effectuer un échange. Le courtier facilite le rapprochement entre l’offre et la demande

·        Outre ce rôle de rapprochement et de négociation, qui peut aller jusqu’à la conclusion de l’opération, le courtier lui-même peut devenir partie prenante des échanges. Pour fluidifier les échanges, il peut garder en « stock » sur la plate-forme électronique ou acheter temporairement les biens qui n’ont pas trouvé preneur. 

C)     Comment choisir son courtier ? » 

Le choix d’un courtier doit être guidé par les réponses que ce dernier apporte à un certain nombre de questions de base. Ses réponses conditionneront les perspectives d’échanges et les bénéfices que l’entreprise pourra en retirer. 

En pratique 27 questions et plus ( !) :

1.      Quelle est la valeur du réseau que propose le courtier ? quelle est son adéquation aux besoins de l’entreprise ?

2.      Quelle est la taille du réseau ? son ancienneté ? sa couverture géographique ? quels en sont les membres (taille des entreprises ? secteur d’activité ? ancienneté ? nationalité ?

3.      Quel est le mode de sélection des membres du réseau ? (recommandation, cooptation, agrément ou critères objectifs liés à la taille, au secteur ou au potentiel d’échange de l’entreprise)

4.      À l’instar de réseaux sociaux ou de grandes enseignes commerciales présentes sur le net, est-ce que le courtier dispose d’un système de cotation par les membres de son réseau ?

5.      Pour une gestion personnalisée, quels sont les outils d’alerte et de dynamisation des échanges ?

6.      Le courtier dispose-t-il d’un système indépendant et extérieur de cotation de son réseau d’adhérents (label, certification...) ?

7.      Le catalogue du courtier contient-il bien des produits et services utiles à l’entreprise ?

8.      Existe-t-il un système de veille qui informe régulièrement les entreprises de l’état de leur solde d’échanges (créditeur/débiteur) ?  

9.      Existe-t-il un système d’alerte automatisé sur les nouvelles opportunités d’échanges ? une veille personnalisée ? 

10.  Le courtier édite-il une newsletter à l’attention des membres de son réseau ? Organise-t-il des évènements permettant aux membres du réseau de se rencontrer et d’échanger en face à face ?

11.  Le courtier est-il membre d’un groupement professionnel ou de l’International Reciprocal Trade Association ?  

12.  Le courtier a-t-il mis en place une charte de « bonne conduite » pour les membres de son réseau ?  

13.  Existe-t-il une valeur maximum d’échange par opération ? Le courtier dispose-t-il de garanties financières ?

14.  Le courtier a-t-il mis en place des bonus/malus sur les crédits accumulés pour inciter les membres à être actifs dans le réseau ?

15.  Dispose-t-il d’une assurance-crédit ?

16.  Si un des membres du réseau ne peut honorer des engagements vis-à-vis de vous (cession ou acquisition) le courtier s’y substitue-t-il d’une façon ou d’une autre (ouverture de ligne de crédit, achat temporaire…) ?  

17.  Quelles sont les garanties liées au bon fonctionnement de la plate-forme ?

18.  Quelle garantie technologique est apportée aux adhérents ? - Est-ce que le courtier est propriétaire de l’outil ?

19.  Comment les données des membres du réseau sont-elles sécurisées ? quelle prévention pour garantir l’absence d’intrusion dans les systèmes d’information des entreprises utilisatrices du réseau ?  

20.  Comment le courtier sécurise-t-il les flux physiques de produits échangés ?

21.  Qui assure l’acheminement des biens échangés ?

22.  Quelle est la responsabilité du courtier dans ces transferts ?

23.  En cas de perte ou de détérioration des produits échangés ceux-ci sont-ils assurés ? Pour quelle valeur ? Le coût de cette assurance est-il compris dans la rémunération du courtier ? à défaut comment et à quel prix peuvent-ils être assurés ?

24.  Si le courtier devient temporairement propriétaire de stocks de produits détenus chez un des membres, qui en est l’assureur ?

25.  Quel est le mode de rémunération du courtier (droit d’entrée et/ou commission sur les opérations) ? le taux de commission est-il fixe ou variable selon le montant de l’opération, le nombre et/ou le montant global des transactions sur une période donnée, l’ancienneté dans le réseau, etc.? 

26.  Au-delà d’une certaine valeur échangée, le courtier demande-t-il des sécurités (abondement à un fonds de garantie, cautions réelles ou personnelles …) ?   

27.  Les conditions d’accès et de sortie du réseau sont-elles clairement explicitées ? quelles en sont les incidences financières pour les membres (perte des éventuels crédits ou rachat par le courtier, frais de sortie etc.) ?

28.  etc. 

Ces questions (a minima) auxquelles un entrepreneur devra répondre s’il veut s’engager dans un système de barter et de paiement par compensation ne prêtent pas spécialement à le rendre attractif !

Effectivement, les organisations des échanges par barter sont restées très limitées en Europe...  

3-3           Un mode de commerce innovant, une nouvelle monnaie ? 

Où en est-on ? A notre avis, et dans le contexte mondial actuel, l’échange inter-entreprises ou « barter» peut (ou devrait ?) devenir un outil de développement innovant et collaboratif pour les entreprises de toute taille.

Il leur permet de financer certaines dépenses ou projets d’achats directement en échange de leur production sans sortie de trésorerie.

Ce mode de commerce, véritable relais de croissance permet à une société d'accéder à un réseau collaboratif d’entreprises sélectionnées et prêtes à échanger. 

Les systèmes blockchain peuvent permettre de les développer de manière exponentielle, car cette technologie met à disposition des entreprises des outils extrêmement performants et sécurisés au sein de réseaux sans intermédiaires (de pair à pair). C’est dans ce contexte favorable que les EC trouveront un « renouveau » de leur profession...c’est le sujet que nous souhaitons développer ici. 

Dans le contexte économique, le barter très utilisé outre atlantique, a vocation à se démocratiser en Europe, le rapport ministériel publié début 2013[43] (publié par le PIPAME[44]) énumère les avantages pour les entreprises d'accéder à ces réseaux d’échanges. 

France Barter[45] est le 1er réseau de barter online en France pour les TPE / PME. 

Il paraît évident qu’il sera plus aisé de trouver des « contreparties » d’échanges entre des entreprises de la même « filière » puisque les produits/services échangés sont inclus dans la chaine de valeur globale de la filière.

En général, les échanges effectués peuvent s’organiser plus facilement avec des entreprises d’un même secteur d’activité, ou d’une même zone géographique ou qui entretiennent des liens commerciaux entre elles générateurs de confiance (cf. filières ci-dessous). 

Aujourd’hui, grâce à l’évolution des outils informatiques et technologiques notamment avec la création de plateforme en ligne type marketplace, les entreprises peuvent facilement mettre en ligne des offres et des besoins et les échanges se font de manière plus fluide: gain de temps, visibilité sur un portail B2B et rapprochement des distances entre demandes et offres, accès à des entreprises de toutes tailles.

Le montant annuel mondial des échanges est estimé autour de 15 milliards de dollars en 2013 selon l’IRTA[46]

En Suisse, une PME sur cinq recourrait régulièrement aux échanges interentreprises dans le réseau Wir2.

En France, quelques startups dans le domaine de la FinTech ont choisi de moderniser ce mode de commerce et de le rendre plus attractif comme un nouveau mode de paiement et un nouveau mode de financement. Belaction intervient auprès des TPE, des PME et des travailleurs indépendants en développant un réseau qui permet d’échanger entre plusieurs entreprises grâce à une véritable valorisation de la transaction par une unité de compte, le BEL (cf. http://www.belaction.fr/).

En Belgique, EBARTER et le groupe 24PM (http://ebarter.fr/FR/default/def-index.aw). 

D’autres exemples existent mais le volume qu’ils représentent est resté marginal eu égard au potentiel. 

 

4.BLOCKCHAIN, BARTER et CRYPTOMONNAIES : LES « PIECES » DE LA BOUEE DE SAUVETAGE DES EC! 

Eric Galiègue - VALQUANT www.valquant.fr Lettre hebdo du 16 septembre 2016.

Tout porte à croire que grâce à l'e-facturation via les réseaux d'entreprises, davantage de fournisseurs répondent aux exigences en termes de capacités/performances et parviennent à effectuer plus de livraisons dans les délais. Ainsi, votre organisation économise énormément de temps et d'argent sur des projets complexes ou internationaux et vous entretenez de meilleures relations avec vos principaux partenaires commerciaux.

Lauri Palokangas Marketing produit, AP Automation 

Extraits "Le Nasdaq européen existe, c'est Euronext" Stéphane Boujnah[47]

La Blockchain va clairement transformer notre industrie, mais personne ne sait encore exactement quand, où et comment. Dans un monde où Blockchain est souvent un buzzword des consultants et des conférences, nous avons décidé d'en faire un vrai projet opérationnel. Nous avons donc créé avec Paris Europlace un consortium qui associe de grandes institutions financières dont Euroclear, la Caisse des Dépôts, BNP Paribas Securities Services et la Société Générale, mais aussi des investisseurs institutionnels pour créer une vraie entreprise afin de développer ensemble une infrastructure Blockchain post-marché pour les PME européennes. 

La Blockchain est-elle l'avenir de la compensation ?

Notre intuition est que cette technologie est encore très loin de régler le problème de rapidité que pose le cœur de notre métier, dans la négociation des actifs et la formation des prix, ce que l'on appelle le price discovery. En revanche, très en aval, dans le règlement-livraison et la conservation de titres, où les exigences de rapidité sont moins grandes, la Blockchain peut se montrer plus pertinente et son impact sera probablement plus fort et plus précoce.

Dans la compensation, il faut distinguer les classes d'actifs : dans les dérivés par exemple, il y a une telle granularité des contrats que l'absence de standardisation rend délicat le développement rapide de la Blockchain. 

La rapidité avec laquelle les solutions Blockchain se développeront doit tenir compte de l'extrême diversité des problèmes à résoudre dans l'ensemble de la chaîne de nos métiers : négociation, compensation, règlement livraison, conservation (...) 

4-1           Les EC pourraient-ils devenir des « courtiers » dans ces opérations de barter ?

 Après avoir exposé largement les caractéristiques de la technologie blockchain, dont la proximité avec les métiers comptables semble démontrée, et les caractéristiques des échanges interentreprises par compensation qui peuvent constituer des éléments de croissance, une question fondamentale dans notre propos : les EC pourraient-ils devenir des « courtiers » dans ces opérations de barter ? 

En pratique, la réponse est positive. En droit, elle est négative considérant que les activités commerciales directes ne sont autorisées aux EC à la fois ni par la règlementation de leur profession ni par leur code de déontologie. Par ailleurs ces activités « complexes » (vu les questions) ne font pas vraiment partie de leur métier. Les EC ne sont pas des « commerciaux » !

Cependant un élément également fondamental peut modifier ce constat et a retenu notre attention précisément lorsque nous avons abordé d’une part la profession comptable et d’autre part la technologie blockchain pour aboutir à cette idée que le « barter » pourrait constituer une bouée de sauvetage pour la profession comptable ! 

4-2.        Les EC ne seraient pas des « courtiers » mais des « mineurs » ! 

Les mineurs dans une architecture blockchain ne sont ni « intermédiaires » ni « tiers de confiance » ni modérateurs », ils ne contrôlent pas les acteurs : ils mettent à disposition des acteurs B2B du réseau d’échanges de transactions leurs capacités de calcul pour « certifier » ces transactions et les enregistrer dans la chaine de blocks (cf. ci-dessus la position de l’EC dans le minage)... reprenant ainsi leur rôle de « comptable » ! 

En agissant comme « mineurs », les EC ne sont en aucun cas des « courtiers » pour piloter les échanges. Ils ne deviennent donc pas des « commerçants » au sens juridique. Ils restent des « prestataires de services » en enregistrant dans les blockchains les transactions correspondant aux rapprochements entre les offres et les demandes (clients-fournisseurs) de leurs clients –acteurs de ces blockchains.

La réalisation des échanges est organisée de pair à pair directement entre et par les membres. Dans ce système, les EC sont particulièrement bien « placés » pour effectuer les calculs des compensations en « unités de compte » selon la filière et de les enregistrer. 

Le fonctionnement concret de ces systèmes reste bien entendu à être analysé et conçu en associant des équipes pluridisciplinaires : professionnels de la filière concernée, EC, ingénieurs-développeurs informatiques et... juristes. L’étude de ces questions est en cours et nous développerons le projet dans « LA SUITE ».

 

5.    FILIERE OU ECOSYSTEME RELATIONNEL DE l’ENTREPRISE ET SA MODELISATION 

Echanges et compensations par filière, pourquoi ? Parce que dans chaque filière on parle le même « langage ». 

Organiser des systèmes de barter en utilisant les technologies blockchain ne semble pas pouvoir se faire « tous azimuts » !

Comme nous l’avons déjà dit, il sera plus aisé de trouver des « contreparties » d’échanges entre des entreprises de la même « filière » puisque les produits/services échangés sont inclus dans la chaine de valeur globale de la filière, ou qui entretiennent des liens commerciaux entre elles générateurs de confiance.

L’opinion que nous voudrions défendre ici, est qu’il faut concevoir ces systèmes d’échanges commerciaux par compensation à l’intérieur des filières économiques, commerciales, industrielles qui existent, évoluent, s’adaptent aux marchés, bref aux activités économiques à une période donnée. 

Le concept économique de « filière » n’est certes pas nouveau mais il retrouve un intérêt certain dans les contextes des systèmes de barters et des technologies blockchains, comme instrument d’analyse de données, de conception d’organisation de chaine de valeur : 

Une chaine de valeur « filière » est un (éco-)système de relations d’échanges type « clients/fournisseurs », et dans chaque filière « cohérente » (nous reviendrons sur cette notion de cohérence), on « parle le même langage », langage agro-alimentaire, langage énergie, langage santé, langage chimie....langage juridique, financier, administratif, technique, informatique, la liste peut-être assez longue.. 

Il existe des filières verticales et des filières horizontales

Par exemple la filière « grande distribution » est principalement horizontale : elle s’approvisionne dans plusieurs autres filières verticales.

La filière « énergie » est plutôt verticale (exemple « du puit à la roue » !).

On pourrait aussi dire que la filière agro-alimentaire est « matricielle (horizontale et verticale) car elle échange avec différentes filières : viandes, céréales, légumes et fruits, vins etc...

Un échange créé un flux entre deux ou plusieurs entités. Flux bilatéral et réciproque créant une relation, une transaction entre un fournisseur et un client. Cette relation établit un « modèle » appelé modèle client-fournisseur (synallagmatique[48] diraient les juristes).

·        Chaque entreprise, dans la mesure où elle exerce ses activités dans un « cœur de métier », inscrit celles-ci dans une filière économique (industrielle, commerciale, servicielle, etc...) que l’on pourrait illustrer par un organigramme de fonctions, remplies par plusieurs entreprises dans un marché concurrentiel (ou par quelques une seulement -oligopole voire un seule -monopole...l’expertise-comptable !), représentant une « chaine de valeur » quelquefois décrites par « du producteur au consommateur » selon des circuits courts ou longs (schéma ci-dessous), pour produire le produit ou le service « final » fourni aux consommateurs finals.

·        Chaque entreprise dans sa filière endosse alternativement le rôle/ou position de fournisseur et de client dans cette chaine de « valeurs ajoutées »

·        Les filières ou les chaines de valeurs sont innombrables, selon qu’elles sont circonscrites localement à un territoire national/marché/bassin limité soit multinationales sur un territoire/marché « mondialisé » et/ou sont limitées à une catégorie de produits et de marchés (BtB, BtC)[49].

·        Par extension : un enchainement plus ou moins complexe d’opérations ou d’activités : Dans l’industrie, on parle de filière industrielle pour désigner une chaîne d'activités interdépendantes en cascade. 

Les étapes d'une filière intégrée (cohérente) :

·        L'extraction ou l'utilisation des ressources naturelles (agriculture, élevageminespêche)

·        Le transport

·        La transformation

·        La fourniture d'outils, d'équipements

·        La logistique et la distribution

·        La vente (en gros / au détail)

Ces étapes correspondent aux relations client/fournisseur. On pourrait aussi schématiser selon la fonction RPLCS (Réceptions+ Productions- Livraisons - Consommations = Stocks). 

Exemple

"Du champ à l’assiette" : appel à projets lancé par Le Bivouac sur le thème de l’agriculture, couvrant l’ensemble de la filière : production agricole, agro-alimentaire, distribution et consommation. Publié le 13 février 2017.

Accélérateur de start-up, Le Bivouac lance son appel à projets « Boost  AgriTech » sur le thème de l’agriculture, couvrant l’ensemble de la filière : production agricole, agro-alimentaire, distribution et consommation. http://www.lebivouac.com/appel-a-projets-boost-mobilitech/ 

5-1.        Entreprise et système neuronal 


Toutes les entreprises « échangent » en amont et en aval, elles se situent dans un réseau d’échanges dans un système « client/fournisseur », c’est un élément des fondamentaux de toute entreprise s’inscrivant dans une filière. 

Chaque entreprise dans sa filière, développe un réseau qui lui est propre auquel participent d’autres entreprises avec lesquelles elle entretient une « chaine » de relations transactionnelles : fournisseurs, sous-traitant, prestataires, clients partenaires, concurrents, administrations ...faisant ou non partie de la même filière mais qui de toute façon y sont rattachés comme faisant partie de son environnement professionnel direct.

Nous nous référons à la notion de filière dans cet exposé parce que c’est dans sa filière qu’une entreprise développe ses relations transactionnelles les plus nombreuses et les plus durables mais non exclusives. Une entreprise conclut également des transactions avec des entreprises extérieures à sa filière. 

Le propos n’est pas de disserter sur les filières mais de considérer que ce concept illustre l’existence d’une « chaine de valeurs », flux d’échanges bilatéraux imbriqués et interdépendants entre des entreprises engagées dans un secteur d’activités économiques structurées par leurs marchés. 

Tout ceci pour en arriver à ce premier constat (voir schéma) : 

1.      Une entreprise ressemble à un neurone : Le réseau de relations, crée autour d’elle (elle est donc au centre) un écosystème de relations avec d’autres neurones « client-fournisseur » qui pourrait être comparé à un système neuronal, chaque flux de transactions entre un fournisseur et un client identifié et transitant par un « synapse » que constituerait « le contrat » (établissant les termes de l’échange (transaction synallagmatique) entre droits et obligations respectives ainsi que l’unité de compte représentative de la valeur de contrepartie de celui-ci.

2.     Chaque entreprise utilise en principe les services d’un EC

3.     L’EC est devenu un élément incontournable et partie du « système neuronal » de chaque entreprise. Il en connait toutes les transactions puisqu’il les enregistre et les « certifie »! 

L’expert-comptable est pratiquement la seule et unique partie de « l’entreprise- neurone » à disposer (et en totalité) de ces informations (au-delà de celles dont dispose le banquier) par l’enregistrement d’abord en « analytique » des opérations « entrées -sorties » (client-fournisseur). Il saisit, qualifie, consolide, enregistre dans le livre -journal puis le « grand-Livre » et le FEC, révise et synthétise toutes les opérations ! 

Ces données constituent « les data » d’une entité-entreprise. Confidentielles, elles sont protégées par les règles déontologiques de la profession comptable. L’EC est « tiers de confiance » et pas seulement pour l’administration fiscale. Il certifie la conformité des comptes. 

SCHEMA FILIERE 

EC 1

Portefeuille 2                              Portefeuille 1                    périphériques

IDEM

 

Producteur

EC 2

Banques

 

 

Fournisseur

Client du producteur

 

Transporteurs

Singuliers ou pluriels

 

 

 


Client

 

Banques

 

 

Fournisseur

 

Transporteurs

 


 

Client

 

Banques

 

 

 

Fournisseur

 

Transporteurs

 


 

Client

 

Banques

 

 

 

Fournisseur

 

Transporteurs

 

 

 

Client final

 

Banques

 

 

 

5-2.        Un exemple réel et concret 

ACTUEL EC 06 mars 2017 : « Créer un consortium afin de développer des services inter cabinets »[50]

Une blockchain organisée par les EC NETSAS et YesAccount

(...)

L’objectif est de permettre à l’expert-comptable et à ses clients, dirigeants de TPE, de réaliser toutes les étapes de la tenue comptable dématérialisée sur une même plateforme (notes de frais, envoi et réception de documents, factures fournisseurs, relevés bancaires, journal de caisse, paye avec collecte des éléments variables, facturation en ligne avec validation des pièces, gestion de contrats, etc.). Il existe sur le marché pléthore d’offres de logiciels. Nous souhaitions fournir une solution qui intègre toutes les fonctionnalités.

(....)

La Blockchain est plus souple, plus flexible que les autres protocoles. L’activité des cabinets d’expertise comptable s’oriente vers du traitement 100 % numérique. Tout se digitalise. Les documents par exemple sont récupérés par des robots de collecte. Or, en cas de contrôle fiscal, l’expert-comptable doit prouver à l’administration fiscale que les documents numériques ayant générés une écriture comptable sont bien éligibles à la production de la tenue comptable. Comment les rendre irrévocable ? Il faut répondre à cette question car les contraintes règlementaires s’inscrivent dans une logique d’optimisation des process chronophages et sans valeur ajoutée. Nous avons opté pour la Blockchain parce qu’elle répond aux problématiques de confiance numérique et de piste d’audit fiable. 

En quoi la Blockchain est-elle plus fiable que les autres technologies ?

Pour générer de la confiance et certifier les documents, nous avions le choix entre deux solutions : recourir aux standards édictés par l’ANSSI [51](agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) ou opter pour la Blockchain. Or la première solution présente plusieurs travers : la technologie est basée sur une certification qu’il faut acheter, les certificats sont complexes à mettre en œuvre, le coût pour signer un document numérique en ligne est élevé, autour de 1 euro. Nous connaissions la Blockchain par le Bitcoin depuis longtemps. Elle présente plusieurs avantages. Elle permet de signer de manière irrévocable des documents et des actions engagées via la plateforme et répond à la logique de piste d’audit. Et ce à moindre coût (0,10 € par document signé). Les opérations sont consignées dans un historique. La traçabilité est garantie.

(...)

Nous pouvons imaginer en faisant un peu de prospective que la plateforme regroupant des milliers d’écritures comptables puisse aider à construire des services à haute valeur ajoutée. Nous prévoyons déjà de proposer aux cabinets de pousser une offre d’achats groupés sur la base de données avérées : les consommations réelles des TPE clientes. Ce type de données doit permettre aux cabinets de muter et de passer de la tenue comptable au conseil. Nous travaillons également sur des leviers financiers innovants. La comptabilité tenue en temps réel permet de créer des scores. En combinant ce scoring financier au matelas permanent de trésorerie dont disposent certaines TPE, il devient possible de proposer des solutions de financement inter TPE, sans faire appel aux banques et contractualisé via la Blockchain. 

Combien de cabinets sont-ils clients de YesAccount à date et quels sont vos objectifs ?

Nous comptons quatorze cabinets clients mais nous signons environ deux contrats par semaine. La solution est récente, elle a été présentée lors du dernier congrès de l’OEC. Si demain nous réunissons une centaine de cabinets (ce qui représentent entre 50 et 80 000 TPE clientes en production), nous pourrons profiter pleinement de l’effet Blockchain. L’idée est de déposer des serveurs de minage (1) dans les cabinets et de créer un consortium afin de développer des services inter cabinets.

(...) 

5-3.        C Q F D 

On peut envisager des blockchains par filières professionnelles, dont les membres sont plus susceptibles d’avoir des relations « barterisables » entre eux.

Puisque les mineurs calculent et enregistrent les transactions les EC pourraient donc aussi effectuer simultanément les calculs de compensation, lorsqu’une DAO-barter appropriée est constituée par des membres d’une même filière.

Chaque blockchain dans une filière professionnelle donnée peut conventionnellement (DAO) créer ainsi une unité de compte ou une crypto-monnaie, signifiante pour ses membres, permettant d’évaluer les valeurs échangées compensées. A l’image de certaines professions (matières premières, commerce international...) il est envisageable d’établir des tables de conversion de ces unités de compte entre elles [52].

Bien entendu la monnaie « bitcoin » à l’origine des technologies blockchain pourra aussi être utilisée, au choix des membres participant à la blockchain spécifique.[53]

L’association entre les EC (devenu mineurs et nœuds[54]) et les systèmes blockchain ouvrent les portes à des « chaines » d’échanges interentreprises sécurisés, certifiés, permettant des règlements « par compensation » (Barters) sans mobilisation de flux de trésorerie immédiat mais par exemple par « débouclage » uniquement en fin de période « conventionnelle » et non à chaque livraison -facturation. 

Un système blockchain dédié (privé) peut être constitué pour et par un ensemble d’entreprises relevant d‘une même filière (économique, industrielle...) préservant la confidentialité des transactions, l’indépendance des EC vis-à-vis de leurs clients respectifs, avec les mêmes critères d’évaluation dans leurs « chaines de valeur ». 

Par exemple, les blockchains qui seraient créées dans la filière générale « agro-alimentaire », et dans l’ensemble de ses sous-filières : FILIERE VIANDE, bovine, ovine, caprine, équine, aviaire, FILIERE CEREALIERE[55], etc. pourraient, chacune, concevoir leur propre unité de compte (bitcoin ou autres Cryptomonnaies) pour « identifier » les transactions dans chaque blockchain par un binôme filière-monnaie de compte (token voir infra) correspondant à des notions de valeur représentatives et compréhensibles par chaque profession/métier.( une étude devra approfondir cet aspect[56]). 

Chaque blockchain « professionnelle » fonctionnerait par la création conventionnelle entre ses membres d’une DAO (Decentralized Autonomous Organization) organisation fonctionnant grâce à un programme informatique qui fournit des règles de gouvernance à une communauté. Ces règles sont transparentes et immuables car inscrites dans la blockchain (application concrète de la situation de «trustlessness »[57], cet environnement où la confiance n’est plus nécessaire, créée par la blockchain). 

A l’intérieur de chaque blockchain organisée par sa(ses) DAO, un certain nombre de règles « automatiques » appelés Smart contracts : “contrats intelligents”, pourront être mis en place « conventionnellement » entre les membres participant à chaque blockchain (à comparer à une forme de « macros »[58] (les smart contracts sont des programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat, sans nécessiter d’intervention humaine une fois démarrés). Par exemple, la périodicité des « liquidations » -débouclage des échanges, tous les mois, les 3 mois, etc... comparables aux liquidations des opérations boursières mais dans ce cas sans Chambre de compensation intermédiaire. 

Enfin, et ce n’est pas un argument secondaire, la blockchain associée à un système « barter » avec une unité de compte virtuelle (voir token ci-après) permettrait pour les entreprises de la DAO appropriée de réduire voire supprimer en grande partie toutes questions de trésorerie, de paiement fournisseurs, de BFR, de découvert bancaire, de crédit de trésorerie, etc. et donc réduire l’impact des banques sur les financements court et moyens terme etc... les banques ne s’y sont pas trompées, elles ont pris des initiatives de recherches et d’études sur les blockchains... 

Un bon croquis vaut mieux qu’un long discours ! 

·        Pour illustrer notre propos : le système décentralisé (B dans le schéma) correspondrait à un système neuronal comme nous le décrivions en deuxième partie (Barter) l’écosystème neuro-entreprise dans une même filière.

·        Chaque point dans le schéma B représente donc une entreprise dans un réseau d’entreprises interdépendantes.

·        Le schéma C- système distribué – représenterait le réseau des EC, prestataires des entreprises du réseau B, enregistrant les échanges bartérisés dans un système blockchain et « calculant » les compensations entre les entreprises du réseau B. 

L’idée est de superposer et d’intégrer (et non transformer) par les technologies blockchain et les systèmes Barter les deux Systèmes B et C, opérations-prestations qui pourraient être réalisées par les EC constitués en réseau soit « ad hoc » pour une même filière (DAO et Smart contracts) soit préexistant dans un réseau/alliance /groupement d’EC structuré, traitant de façon « collaborative » les données de leurs clients respectifs.

Source: On Distributed Communications Networks, Paul Baran, 1962 

5-4.        DAO - Decentralized Autonomous Organization 

Une DAO est une organisation fonctionnant grâce à un programme informatique qui fournit des règles de gouvernance à une communauté. Ces règles sont transparentes et immuables car inscrites dans une blockchain, environnement où la confiance n’est pas nécessaire... Toujours est-il que les DAO semblent être un exemple parfait d’application potentiellement « mainstream » de la blockchain. « On a là la possibilité d’avoir une des applications les plus intéressantes de la blockchain. Les médias généralistes devraient s’y intéresser » « C’est une forme d’organisation incorruptible qui appartient aux personnes qui ont aidé à la créer et à la financer, et dont les règles sont publiques. » détaille Stephan Tual[59]. « Il n’y a donc pas besoin de faire confiance à qui que ce soit, car tout est dans le code, auditable par chacun. » 

Qu’apporte une DAO ?

Une DAO apporte 3 éléments nouveaux par rapport à une entité traditionnelle, comme l’explique Simon de la Rouviere (du projet blockchain Consensys) dans un post :

·        Une DAO ne peut pas être arrêtée ou fermée.

·        Aucune personne ou organisation ne peut contrôler l’entité (personne ne peut manipuler les chiffres, par exemple).

·        Tout y est transparent et auditable, dans un cadre supranational. 

Les parties prenantes d’une DAO

Dans notre propos sur les barters et dans le système neuro-entreprise, les parties prenantes sont les entreprises qui sont alternativement fournisseurs et clients les uns aux autres. Les EC peuvent prendre la « fonction fournisseur » car ils sont aussi des prestataires de services d’une part comptables d’autre part de « mineurs » comme nous l’avons déjà expliqué.

 5-5.        « Smart contract » : la reproduction du fonctionnement d'un contrat

Source :

Http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/blockchain-smart-contract-ou-la-promesse-encore-floue-d-une-revolution-de-la-finance-681096.html 

Le smart contract (contrat intelligent/malin) est un petit programme reproduisant le fonctionnement d'un contrat : un accord volontaire, pour échanger un bien ou un service selon des clauses prévues à l'avance -dépendant parfois d'événements extérieurs. Le smart contract tire une partie de sa force de son automaticité. Les acteurs "chargent" les montants à échanger dans le programme puis ne peuvent plus se dédire de leur engagement.

Une fois lancé, le programme effectue la transaction sans intervention humaine, selon les clauses prévues initialement. Par exemple, un contrat intelligent pourrait permettre de faire des paris sur une course hippique entre deux inconnus, sans intermédiaire. Les deux parieurs versent leur mise initiale au contrat intelligent -et ne peuvent plus la retirer-, puis indiquent leur tiercé gagnant. Le contrat intelligent attend ensuite la course, collecte directement son résultat d'une source certifiée, détermine le gagnant et lui verse l'argent. 

Le contrat intelligent peut bien sûr tirer profit d'un support informatique décentralisé, infalsifiable par les parties en présence et permettant un accès sécurisé. L'idée d'utiliser les blockchains, pas seulement pour un simple registre de devise, mais comme support des contrats intelligents est donc venue naturellement à certains informaticiens baignant dans le milieu des bitcoins. L'un d'entre eux, Vitalik Buterin, un jeune Russo-canadien de 23 ans, a lancé en 2015 une nouvelle infrastructure blockchain open source, Ethereum, permettant d'exécuter un langage (Solidy, proche du javascript), adapté aux contrats intelligents. Le langage permet de créer des formulaires pour saisir les caractéristiques du contrat, de coder les clauses conditionnelles s'appliquant jusqu'à la fin du contrat, d'effectuer des versements. Cette plateforme et ce langage permettent donc à chacun de programmer puis de déployer des contrats intelligents répondant à leurs besoins. 

Contrats intelligents, registre unique décentralisé, opérations automatiques, identification publique cryptographique ; depuis maintenant trois ans ces différentes briques s'accumulent donc, sans que l'on soit encore sûr de celles qui vont être utilisées et comment elles pourront l'être. 

5-6.        Connaissez-vous Token ? 

Extraits d’un post sur LINKEDIN de Pierre Paperon (31 mars 2017) nous a semblé particulièrement clair pour illustrer par la « tokenisation » ce que nous avons intégré sous la fonction « unité de compte »dans la « barterisation » de l’économie. 

Cette « tokenisation » est aussi un fondamental comme nous le disions dans les échanges intra-filière.

Chaque « filière » peut par l’intermédiaire de blockchains spécifiques créer son (ses) token(s) avec ses tables de conversion soit avec une cryptomonnaie soit entre des produits et services « bartérisés »

(...)

C'est un mot encore peu utilisé ou connu. Et pourtant il a commencé à émerger il y a un an et demi dans les pays anglo-saxons en sortant des milieux informatiques, casinos et historiques qui étaient ses seuls champs sémantiques jusque-là. Un salon lui est même consacré à New York le 25 mai (Token Summit).. Ce mot c'est "Token", ou "jeton" en français. Et il va changer notre perception du monde et des échanges entre les personnes et les organisations. Ce post pour vous permettre de rattraper une lacune, toute temporaire, et percevoir ce souffle de la transformation mondiale qui s'amorce et va amplifier singulièrement les vagues d'ubérisation et de blockchainisation. Mais pas en partant du haut vers le bas, ou du centre vers les bords. Juste l'inverse : la révolution va venir de la campagne et des "smart towns" ou "smart villages". 

Quelle est l'essence du "token" ?

C'est une des conséquences directes de l'application de la blockchain à de multiples secteurs en dehors de la finance. A chaque nouveau cas d'usage en cours de test à la surface de la terre, on fabrique un token qui est une unité de compte, un quantum d'information en fait, que l'on certifie et authentifie avec la blockchain. Et ce quantum d'information, gravé dans le marbre grâce à un chiffrement éprouvé depuis par le bitcoin depuis 8 ans, peut être de multiples natures : un transfert de propriété, une transaction effectuée entre deux personnes ... Mais une nouvelle forme d'information est en train d'apparaître sous l'influence de ce que permettent les nouvelles technologies blockchain. 

La production agricole peut aussi être tokenisée :

le pot de miel, le kilo de carotte, le saucisson ... se transforment en crypto-miel, crypto-carotte, crypto-saucisson ... qui peuvent être échangés contre de l'électricité ou des heures de garde à domicile ou un dépannage par exemple.

Le prêt de sa voiture offre une belle application de valorisation de cet actif ou propriété individuelle utilisé seulement 3% du temps (oui 97% du temps la voiture est à l'arrêt).

Et le succès de Blablacar et dans une moindre mesure celui de Autolib, sont une belle illustration de l'économie de partage qui génère des ... économies. La crypto-voiture n'est pas très loin. Comme d'ailleurs va l'être la crypto-chambre ou crypto-location ...

Plutôt que de multiplier les exemples, un schéma résume l'ensemble de cette nouvelle économie peer-to-peer à laquelle donne naissance cette tokenisation (elle-même permise par la blockchain)

(…)

Comme on le voit, et le graphique en tête de post pousse cette idée, le jeton est l'unité d'œuvre générée pour permettre à de multiples unités jusque-là éparses de s'échanger les unes avec les autres. 

On en peut être plus clair sur le caractère indispensable du « token » dans les processus d’échanges par compensation, le barter.  

6.    CONCLUSION GENERALE 

Beaucoup de mystère a entouré la naissance du Bitcoin, mais ce n’est sans doute pas tout à fait un hasard s’il est né en 2008, l’année fatidique où l’ensemble du système bancaire mondial était secoué par une défiance que l’on n’avait pas vue depuis la méga-crise de 1929.

L’impact de cette technologie est considéré comme une révolution comparable à celle de l’internet, rien moins ![60] 

« Deuxième révolution numérique », « ubérisation ultime », « machine à confiance »... La technologie blockchain se développe à très grande vitesse, laissant présager rien moins qu’une révolution des usages du quotidien comparable à celle portée par l’Internet dans les années 90. [61] 

Cet impact porterait pour la plupart des commentateurs/auteurs/chercheurs principalement sur les secteurs financiers, assurances et banques...

En fait une prise de conscience émerge et transparaît dans bon nombre d’initiatives, de projets... c’est toute l’économie du siècle qui pourrait être transformée, en économie « collaborative », économie de l’échange, économie peer to peer, désintermédiée … nous pourrions assister à une « barterisation » de nos économies et ce au niveau « mondial » ! 

In fine

Il faut aller vite ! On n’aurait bientôt plus besoin de faire appel ni à une banque (sans mobilisation de trésorerie), ni à un courtier ni à un intermédiaire, ni à un tiers de confiance.

Allons plus loin : plus besoin de « crédits documentaires - lettres de crédit », ni de banque trustee, ni d’agents en douane…. mais restent nécessaires les inspecteurs, les entrepôts, bref toute la « chaine logistique qui de fait reste matérialisée» ! 

Et voici une belle « cryptomonnaie de compte » : les tonnes/km ou les kg/m échangeables dans TOUTES les filières ! ou des quotas carbone[62] pour bon nombre d’industries... 

Relations commerciales « circulaires » et auto compensatoires avec pour tout un chacun un grand livre permanent !

 

6-1.        Une prise de position différentiante de l’EC dans la filière « services aux entreprises » ? 

6.2.1.      (RE)apprendre les réflexions stratégiques 

Pour recréer de la valeur les EC doivent réapprendre l’exercice de la réflexion stratégique qu’ils ont eu tendance à « oublier » non seulement à l’abri de leur « profession règlementée » mais « confinés » dans leur code de déontologie où l’appréhension du marché et les besoins du client sont restés « conceptuels » et non réalité incertaine... : la confiance de leur client considérée comme un « acquis ».

En 2017 :

·                  Un choix stratégique préalable est indispensable : viser le leadership pour être compétitif sur les volumes ou opter pour la différenciation vraie pour être performant sur une ou plusieurs « niches ». La différenciation peut naître de cette expertise particulière, d’une focalisation sur un marché-filière, d’un mix activités/produits original, ou de la stratégie de marque.

·                  Un véritable processus de conduite du changement englobant toutes les composantes de la chaîne de valeur, de la gouvernance à la gestion des RH en passant par la digitalisation, est désormais indispensable. Recomposition de la chaine de valeur, la vague low cost (autrement dit robotisation) submerge l’exercice traditionnel des métiers du chiffre, et ouvre la porte aux nouveaux « teneurs de comptes ». Les acteurs traditionnels trouvent dans les éditeurs de logiciels historiques (Sage, Cegid, etc.) des alliés de circonstance pour contrer cette menace...dit-on,   mais il est permis d’en douter, à notre avis, si les EC n’exerce pas une pression suffisante supportée par leur « position de marché » ! 

Pour beaucoup d’acteurs de la profession, le conseil à valeur ajoutée peut apparaître dans cette filière « chiffre » comme une voie de diversification naturelle, mais les risques induits et les « barrières » à l’entrée de la filière « conseil aux entreprises » peuvent excéder les bénéfices potentiels (voir les articles des dirigeants de Cap Gemini précités). Nous l’avons déjà dit il s’agit d’un marché libre à la différence du marché traditionnel et protégé de l’expertise comptable.

De plus, dans un contexte économique hyper concurrentiel, les entreprises font face à une énorme pression pour mener à bien leur transformation numérique. 

Les questions que pose la blockchain sont extrêmement nombreuses. Au-delà de celles largement débattues autour de son utilisation réelle ou potentielle (disruption des tiers de confiance, sécurisation des échanges, gages d’authentification, technologies de partage de ressources, économies d’échelles, garantie des transactions, auto-exécutions de contrats, décentralisation des processus, etc.) un certain nombre d’autres plus complexes à explorer se pose[63]. 

6.2.2.      La profession comptable absente du groupe de travail France STRATEGIE 

FRANCE STRATÉGIE a installé un groupe de travail sur « L’enjeux des blockchains » le 3 mai 2017 l’absence de tout représentant des professions du chiffre nous a interpellé (cf. introduction). www.strategie.gouv.fr 

La constitution du groupe de travail répond au double objectif de refléter la diversité des parties prenantes impliquées dans l’analyse des enjeux des blockchains et de réunir des experts à même d’éclairer les problématiques sectorielles.

Un groupe de réflexion ad hoc a été créé en vue de la production et de la publication d’un rapport à l’automne 2017. 

Axes d’analyse proposés :

A. Les blockchains comme outils de transformation et de modernisation numérique

B. Potentiels et limites techniques des blockchains

C. Dimensions politiques des blockchains 

Les EC n’auraient-ils pas pris suffisamment la mesure de l’impact de ces technologies sur l’avenir de leur métier (comme nous l’avions remarqué précédemment). Pourtant les réflexions de M. ARRAOU constituaient bien « un signal d’alarme »[64].

Les « experts » n’ont-ils pas eux-mêmes pris conscience que les fondamentaux des technologies blockchain débordent largement les aspects financiers ? 

6-2.        Les inquiétudes de l’industrie financière 

1.      Une blockchain "banque centrale" dont l'unité de compte serait une déclinaison digitale de sa propre monnaie pourrait animer une nouvelle "token economy".[65] 

2.      Ou lorsqu’on consulte un ouvrage paru en 2015 : Apple, Bitcoin, Paypal, Google : la fin des banques ? : Comment la technologie va changer votre argent (12 février 2015) Philippe HERLIN : Une révolution silencieuse se prépare dans le domaine des moyens de paiements. De l'essor du bitcoin à l'arrivée d'Apple - qui a équipé ses derniers iPhones d'une puce de paiement sans contact -, les initiatives se multiplient pour contourner le quasi-monopole des banques. Philippe Herlin montre comment...elles permettent d'envisager une rupture avec le système monétaire actuel, centralisé et rigide, donc fragile. Ce bouleversement à venir des moyens de paiements est aussi une réelle menace pour les banques... 

3.      Aussi les analyses d’Accenture BANKING ON BLOCKCHAIN A VALUE ANALYSIS FOR INVESTMENT BANKS[66]. 

6-3.        Une JV de 9 banques à l’initiative d’une start-up -  R3[67] 

Neuf banques, qui figurent parmi les plus importantes du globe, ont conclu un partenariat pour développer des standards et protocoles d’utilisation de la technologie Blockchain, et donc faciliter le développement d’applications bancaires et financières de nouvelle génération. Mais les banques ne sont pas les seules concernées, la technologie ayant le potentiel de soutenir de nombreuses innovations dans le domaine de la décentralisation des transactions.

Barclays, BBVA, Commonwealth Bank of Australia, Credit Suisse, JPMorgan, State Street, Royal Bank of Scotland et UBS – auxquels on peut ajouter Goldman Sachs – ont répondu à l’appel de la startup « R3 », créée à l’initiative d’un ancien de Wall Street. 

L’objectif est non seulement de normaliser les protocoles techniques à la base de Blockchain, mais également de développer des applications bancaires et financières de nouvelle génération et sécurisées.

...Si Bitcoin est la première application de Blockchain, plus d’un millier de crypto-monnaies a été développé, chacune d’elles étant spécialisée dans une fonction particulière : Litecoin (crypto-monnaie), Namecoin (création décentralisée de noms de domaine), Bitshares (création d’assets), etc.[68] 

En lisant ces lignes nous retrouvons ici l’idée d’une « unité de compte -cryptomonnaie » particulière à une filière ! (cf. supra) 

Les commentaires de Stéphan Régnier, Executive vice-président, en charge des activités digitales chez Capgemini Consulting, nous ouvrent aussi une vision d’avenir pour que les EC arrivent à bien surnager ! Nous nous permettons de reprendre ses conclusions : 

“Pour les grandes entreprises, la question de fond est de savoir quand elles vont vraiment basculer dans le digital”

Contrairement à ce que les cultures digitales laissent entendre, le “bottom-up” n’est pas le moteur du changement. La transformation digitale doit être portée par le dirigeant. Si elle n’est pas incarnée à très haut niveau, cela ne fonctionne pas. C’est une condition absolue.

Il y a plusieurs métiers dans le groupe (ndlr : Cap Gemini) : le consulting, le monde de la SS2I – ce que l’on appelle “Application services” – puis l’univers de l’infrastructure et de l’infogérance. Le digital est notre core business. Le groupe est passé de la posture de grande SS2I mondiale à celle de groupe de technologie international.

Dans le conseil, nous nous sommes focalisés sur le numérique pour être les consultants de référence de la transformation digitale….

Le groupe a encore des enjeux à relever. Nous sommes aussi confrontés au défi de la formation. Nous proposons à nos clients des leviers que nous utilisons nous-même pour digitaliser notre entreprise.

Par exemple, nous avons développé un concept de certification digitale de nos collaborateurs, pour faire reconnaître sur le marché leur niveau de compétence et d’expérience professionnelle. Ce processus fait intervenir des partenaires extérieurs de renom pour en accroître sa valeur et sa légitimité. Ce principe est très vertueux, les collaborateurs cherchent à obtenir un certain niveau de certification digitale, ce qui introduit de l’exigence dans le système....

....

Notre business est fortement people et nos actifs sont principalement nos employés. Il est impératif d’être très en pointe sur l’attractivité des talents. Dans la gestion également, nous avons fait une mutation vers l’utilisation d’outils de gestion digitaux. Les chantiers de la transformation sont encore nombreux. Désormais, dans le groupe, personne ne travaille de plans stratégiques sans réfléchir à la question du numérique. 

Le modèle économique

Notre modèle économique est en train de changer. Nous ne sommes pas encore arrivés au terme de la mutation. Plusieurs modèles cohabitent. Tout d’abord le modèle économique classique, à base de “fees”. Des taux journaliers de personnes sont appliqués aux clients sur la base de forfaits.

“Nous cherchons à faire évoluer notre business vers deux modèles. Le premier est le modèle du digital “as a service”. Il s’agit de vendre des solutions numériques à l’usage. Nous changeons de statut, passant de simple fournisseur à acteur de la transformation.

Il existe un second modèle économique encore plus évolué, le “co-business”. Il repose sur la notion de partenariat. Nous pratiquons déjà ce modèle. Par exemple avec Valeo : nous co-investissons sur l’innovation. En l’occurrence dans la première clé virtuelle sur mobile pour ouvrir un véhicule et le démarrer. Cette initiative nous ouvre de nouveaux marchés comme la fourniture de services disruptifs pour les secteurs de la location de voitures, de la gestion de flotte ou de l’assurance… Nous partageons le chiffre d’affaires et la valeur. Voilà un tout nouveau modèle économique, nous faisant passer de “simple” fournisseur à acteur du business digital, à l’instar par exemple d’un GAFA. 

Voici une l’illustration d’un modèle économique particulièrement attractif pour développer des prestations de conseils à haute valeur ajoutée ! MAIS 

·        Depuis combien d’années Cap Gemini Consulting est-il implanté dans ce marché ? et développe-t-il ses activités pour faire évoluer son business model et l’adapter au marché ? Ces années lui ont fourni l’entrée et l’expérience de ce marché. 

·        Une telle démarche stratégique et sa mise en œuvre restent-elles encore ouvertes à la profession comptable et pour ses acteurs actuels ? Les EC sont encore devant « la porte » ! 

·        Pour quelles tailles de cabinets de telles « transformations » seront-elles possibles ? Nous avions développé dans nos études la notion de « taille critique ».

 

6-4.        Quel business model pour les EC 2.0 : un modèle EBaaS (Expert Blockchain as a Service) ?[69] 

Selon David Rutter de R3[70], blockchain peut être à la finance ce qu’Internet a été pour les média. 

Barclays Bank, a développé deux laboratoires entièrement dédiés à Blockchain en Angleterre, qui ont identifié pas moins de 45 utilisations potentielles de la technologie – depuis la gestion des identités jusqu’aux solutions de paiement, de gestion de la trésorerie et même de la supply chain. Parallèlement, Santander Group conduit des expérimentations similaires, autour d’environ 25 cas d’usage. 

Au-delà des banques

Certaines start-ups s’intéressent au potentiel de blockchain en dehors du secteur financier. La technologie pourrait, par exemple, révolutionner la gestion des actifs immobiliers (et mettre en cause le rôle incontournable des notaires). Elle pourrait également permettre d’authentifier de manière plus sûre des objets ou œuvres d’art, voire même de sécuriser la gestion des identités dans des environnements mobiles de e-commerce.

De manière plus générale, comme l’explique Christian Fauré : « Ce que la blockchain peut apporter, c’est une automatisation distribuée des transactions qui peut rendre caduque toutes les formes d’organisations et d’institutions qui se posent en tiers de confiance ou de certification dans un contexte transactionnel (propriété, bien, argent). Du coup, cela place toute l’économie traditionnelle de la transaction en porte à faux. Et pas seulement les industries qui se font « ubériser », puisque cela peut aussi ubériser Uber ; tout comme booking.com, Airbnb, Twitter, Paypal, c’est à dire que tous ceux qui ont court-circuité les industries traditionnelles se retrouvent eux-mêmes potentiellement sur la sellette ». 

Quand les EC vont-ils prendre la mesure tant des menaces avérées que des formidables opportunités que représentent les technologies blockchain pour leurs « métiers » d’une part et peut-être pour leur « profession » d’autre part ? 

Ainsi, nous reposons la question récurrente que nous avions placée au début de cette étude mais nous y avons remplacé le « pourquoi ? » par le « comment ? »  

Comment la position de « pivot d’écosystèmes d’affaires », non règlementée, pourrait-elle être « capturée » par les EC pour « surfer sur les vagues du web » ? 

Plusieurs voies selon les configurations et la taille des « cabinets » offrent des opportunités :

c)      Devenir de véritables entreprises de services aux entreprises : abandonner leur « culture » de profession libérale : s’organiser comme de véritables entreprises où il n’y a pas que des E-C mais des profils professionnels complémentaires et travailler en réseau.

d)     Développer en interne ou en partenariat externe des « cellules » digitales IT de très haut niveau technologique, créatives, agiles, ...et collaboratives (ce que nous ne savons pas « bien » faire en France et les EC ne pourront pas nous contredire : « tout à l’égo » !!).

e)     Investir au-delà de la simple digitalisation, dématérialisation – automatisation de leur métier « comptable » : implicitement donc concentration des cabinets, mobilisation de capacités d’investissements en équipements informatiques (pool de mineurs), stratégie RH ambitieuse

f)       Développer des partenariats avec les grands éditeurs de logiciels selon le principe « if you can’t beat it, join it » !

g)     Développer des stratégies de « niche » : par exemple devenir les « pilotes » de plateformes d’échanges interentreprises (Barters). Les nouvelles tendances et les développements des outils collaboratifs entre les entreprises B to B ouvrent les portes d’un potentiel de croissance aux entreprises : une « barterisation » de l’économie ou plutôt « des économies » ...voir schéma ci-dessus. 

Nous pensons avoir pu démontrer que les technologies blockchain associées aux systèmes barter peuvent apporter une (des) réponse(s) « différentiante(s) », replaçant les professionnels du chiffre dans leur positionnement spécifique dans le marché/filière des services aux entreprises. 

Et pour reprendre le 3ème volet de la méthode que nous rabâchait un « vieux » prof de maths dans les années 60[71].pour résoudre un problème…alors que faire ? Quelle suite pourrait-on donner à nos propos ?

Nous poursuivons nos études pour la mise en œuvre d’une feuille de route d’un tel processus de « retournement » chez les professionnels du chiffre. Nous espérons susciter l’intérêt de partenaires de différentes disciplines pour collaborer dans la poursuite de nos travaux dans le cadre d’une structure associative « DTaaS - Digital Technology as a Service »adq8.,ou sous toute autre forme. 

(.........à suivre) Donc ! 

V. DIAKOV

 

ANNEXE 1- LE LEXIQUE DE LA BLOCKCHAIN

Voir aussi : http://www.acsystemedata.com/outils/glossaire-blockchain/

http://www.cryptos.net/glossaire/ 

Les termes techniques font parfois de la blockchain un concept compliqué à appréhender. Les définitions suivantes, en français, faciliteront vos lectures et vous permettront de mieux comprendre la technologie blockchain. 

Altcoin

Abréviation pour “Alternative Coin”. Un altcoin est une cryptomonnaie autre que le bitcoin.

Bitcoin (BTC) : monnaie électronique décentralisée conçue en 2009 par un développeur non identifié utilisant le pseudonyme Satoshi Nakamoto. Pour plus d’informations : https://bitcoin.fr/

Une blockchain peut donc être assimilée à un grand livre comptable public, anonyme et infalsifiable.

Clé privée : clé permettant à l’utilisateur d’une blockchain d’initier une transaction en signant cryptographiquement son message

Clé publique : clé servant d’adresse sur une blockchain. Connue de tous, elle permet à un émetteur de désigner un destinataire.

Colored coins : ensemble de méthodes ou protocoles permettant de créer, représenter et gérer des actifs réels sur la blockchain Bitcoin.

Cryptomonnaie : monnaie électronique et peer-to-peer, se basant sur les principes de la cryptographie pour valider les transactions et la génération de la monnaie elle-même.

DAO (Organisation Autonome Décentralisée) : Programme qui scelle dans une blockchain la gouvernance d’une organisation. Contient plusieurs smart contracts qui interagissent entre eux.

Ether : cryptomonnaie de la blockchain d’Ethereum.

Ethereum : plateforme décentralisée, basée sur une blockchain, permettant à son réseau d’utilisateurs de créer des smart contracts. La blockchain d’Ethereum fonctionne avec la monnaie Ether. Contrairement à la blockchain du bitcoin, focalisée sur l’aspect monétaire, la blockchain d’Ethereum a vocation à accueillir des programmes très divers, qui sortent du cadre purement monétaire.

Fiat money : monnaie “classique”, autrement dit « fiduciaire », dont la valeur est donnée par la loi ou la régulation gouvernementale  (euro, dollar…).

Grand Livre (pour les non-comptable !) Registre reprenant et ventilant selon le plan comptable les écritures du livre-journal. Il classe, par nature de compte, les informations saisies dans l'ordre chronologique par le livre-journal. Il est obligatoire pour les entreprises commerciales ou artisanales soumises à un régime réel d'imposition.

Un grand-livre correspond à la transcription sur un document unique de la totalité des mouvements de la comptabilité d'un exercice. L’édition d'un grand livre se fait par classe de comptes dans l'ordre de numéro prévu par le plan comptable, à savoir :

  • Classe 1 : Comptes de Capitaux
  • Classe 2 : Comptes d'Immobilisations
  • Classe 3 : Comptes de Stocks et d'En-cours
  • Classe 4 : Compte de Tiers
  • Classe 5 : Comptes Financiers
  • Classe 6 : Comptes de Charges
  • Classe 7 : Comptes de Produits

Le grand-livre permet une lecture simple et détaillée (date, montant, origine du justificatif,...) d'un compte et des différents mouvements qui ont pu l'impacter. Le grand-livre est donc un élément nécessaire et impératif pour le suivi des comptes d'une entreprise puisqu'il relate tous les évènements comptables qui ont eu un impact sur la comptabilité.

Qu’est-ce qu’un grand-livre auxiliaire ?

Le grand-livre est détaillé en autant de livres auxiliaires, ou documents en tenant lieu, que l'importance et les besoins de l'entreprise l'exigent. Les grands-livres auxiliaires sont formés par l'ensemble des comptes individuels de même type (clients, fournisseurs, etc.). Ils permettent ainsi d'établir un relevé nominatif de la position de chaque compte avec le détail des mouvements.

 Par exemple, pour un compte fournisseur, on obtient dans le compte individuel :

  •  Le détail des achats établis durant exercice,
  • La transcription des mouvements financiers,
  • Le solde restant.

Journal 

Date
Contrepartie 

Libellé 

Débit 

Crédit 

Solde 

 Compte

 401EDF

 EDF

 

 

 

 Achat

 01/02/08
60611000

 Facture EDF

 

 326.39

 326.39

 Banque

14/02/08
51200200

 Règlement EDF

 326.39

 

 

 Achat

31/03/08
 60611000

 Facture EDF

 

 275.44

 275.44

Les comptes auxiliaires font partie intégrante du grand-livre général. Néanmoins, il n'est retranscrit dans le grand-livre général que le solde total des comptes sous le numéro correspondant. Par exemple 411 pour les clients et 401 pour les fournisseurs. Les comptes 411 et 401 sont alors appelés respectivement "collectif clients" et "collectif fournisseurs". 

Micro transaction : transaction de quelques centimes. Dans un circuit “classique”, via une banque par exemple, les micro transactions sont trop coûteuses à réaliser (les frais sont en effet supérieurs au montant des transactions). La blockchain apporte une solution à ce problème.

Minage : utilisation de la puissance de calcul informatique afin de traiter des transactions, sécuriser le réseau et permettre à tous les utilisateurs du système de rester synchronisés.

Mineur : personnes (particuliers ou sociétés) qui connectent sur le réseau une ou plusieurs machines équipées pour effectuer du minage. Chaque mineur est rémunéré au prorata de la puissance de calcul qu’il apporte au réseau.

Multisig : méthode de sécurisation d’un portefeuille exigeant les signatures de plusieurs clés pour débloquer des fonds.

Nœud :  ordinateur relié au réseau et utilisant un programme relayant les transactions. (voir aussi pair à pair).

Oracle : Service puisant des données d’une ou plusieurs sources (base de données privées ou publiques, réseaux sociaux…) et les « injectant » dans les smart contracts pour déclencher le paiement. Exemple : Oraclize.

Proof of stake : Méthode utilisée pour atteindre le consensus distribué dans un réseau blockchain. A l’inverse du Proof of work, le Proof of stake ne demande pas aux utilisateurs d’utiliser leur puissance de calcul, mais plutôt de prouver la propriété d’un certain montant de crypto-monnaie.

Proof of work : “preuve de travail” ou “preuve de calcul”. Il s’agit du traitement cryptographique permettant la validation des blocs de transactions. Effectuer ce traitement requiert du temps de calcul : en général, un seul ordinateur du réseau y parvient en environ dix minutes. La difficulté est régulièrement adaptée pour maintenir cet intervalle.

Pair à pair (Partage de fichiers)

Un partage de fichiers en pair-à-pair est un réseau qui permet de partager des fichiers entre plusieurs ordinateurs connectés entre eux par Internet, chaque internaute pouvant être serveur et receveur d’un autre internaute. Ils forment ainsi des « pairs ». (ne pas confondre pair et paire !).

L'avantage technique essentiel du système par rapport à un chargement centralisé est le suivant : plus un contenu a de demandeurs sur un serveur central, plus celui-ci est encombré. Au contraire, plus il en a sur un réseau pair à pair, plus grande est la vitesse du téléchargement depuis toutes ces sources partielles combinées. Cette technologie se nomme Segmented file transfer (en) (transfert de fichier segmenté), elle est surnommée swarming downloads.

Si certains réseaux sont ouverts à tout internaute utilisant un logiciel spécifique et pour tout type de contenu, d'autres sont thématiques, plus restrictifs et réglementés.

Le pair à pair (en anglais peer-to-peer, souvent abrégé « P2P ») est un modèle de réseau informatique proche du modèle client-serveur mais où chaque client est aussi un serveur. On parle de nœud.

(voir  https://fr.wikipedia.org/wiki/Pair_à_pair#Principe_g.C3.A9n.C3.A9ral

Ripple : système de paiement construit sur un protocole internet distribué et open source, sur un registre de consensus, et sur une monnaie appelée ripples (XRP).

Sidechain : blockchain secondaire qui se développe parallèlement à une blockchain principale, mais qui y est rattachée afin de pouvoir en connaitre toutes les informations. Les sidechains permettent d’accroitre le volume d’informations pouvant être traitées au sein d’une blockchain (volume normalement limité), tout en restant sur une même blockchain principale.

Smart contract : “contrat intelligent”. Les smart contracts sont des programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat, sans nécessiter d’intervention humaine une fois démarrés. 

 

ANNEXE 2 : UNE CHAINE DE BLOCS EN FONCTIONNEMENT

https://www.contrepoints.org/2016/09/09/265146-blockchain-comment-ca-marche

Gerard DREAN[72]

1ère Partie

Cette architecture repose sur des protocoles de communication qui permettent aux machines situées aux nœuds du réseau d’échanger des informations, notamment de se communiquer des écritures et des blocs. Elle s’accompagne d’une séparation des rôles que chaque utilisateur peut choisir d’exercer ou non :

·        créer de nouvelles transactions, au moyen de « wallets» (porte-monnaie ou mieux porte-clés puisqu’ils ne contiennent pas les bitcoins, mais seulement les clés informatiques qui donnent accès aux transactions enregistrées dans la chaîne de blocs),

·        vérifier et relayer les transactions à travers le réseau, mais sans tenir un exemplaire local de la chaîne de blocs (les « nœuds simples »),

·        construire les blocs (les « mineurs »),

·        tenir à jour un exemplaire local de la chaîne de blocs (les « nœuds complets »),

·        accéder aux transactions, sans pouvoir les modifier (les observateurs)

Tous les logiciels utilisés dans le système sont disponibles librement, et chaque utilisateur peut télécharger, installer et faire tourner sur son ordinateur les logiciels de son choix, sans avoir à solliciter d’autorisation. Il existe une plate-forme de distribution privilégiée (Github) et des logiciels recommandés par différentes instances, mais rien n’interdit à quiconque de proposer un nouveau logiciel ou d’utiliser une plate-forme différente.

Ces principes d’ouverture et de décentralisation rendent impossible de connaître le nombre d’acteurs dans chaque rôle. On estime couramment le nombre de détenteurs de bitcoins, donc de porte-clés, à plusieurs millions dont quelques centaines de milliers réellement actifs. Les nœuds du réseau se comptent en dizaines de milliers, le seul nombre mesuré en continu par des sites spécialisés étant celui des nœuds « à l’écoute » (listening nodes), c’est à dire qui sont actuellement en état de recevoir et de retransmettre de nouvelles transactions ; ce nombre oscille entre 5000 et 7000.

·        Les mineurs peuvent se regrouper en coopératives (pools) afin de mutualiser les ressources de calcul et les gains tout en partageant un seul nœud complet, ce qui fait apparaître le pool comme un seul mineur. Une dizaine de ces coopératives, regroupant un nombre indéterminé de mineurs, fournit 95 % des blocs admis dans la chaîne. Pour les nœuds complets et donc le nombre d’exemplaires de la chaîne de blocs, qui peuvent ne pas être tous identiques comme nous le verrons, les estimations vont de 5000 à 30000, localisés dans 85 pays sur tous les continents.

1. la diffusion des écritures

·        Chaque écriture nouvellement créée entre dans le système par un nœud du réseau, qui vérifie que sa structure est correcte et qu’elle est légitime au regard des écritures déjà enregistrées. Par exemple, dans le cas d’un système de paiement comme Bitcoin, on vérifiera notamment qu’il existe des transactions antérieures qui alimentent le compte d’une somme au moins égale à la somme à régler, et que l’auteur de la transaction est bien autorisé à les utiliser. Si ces tests sont satisfaits, l’écriture est mise en attente dans une liste locale et diffusée de proche en proche à tout le réseau. Sinon, elle est rejetée.

·        À chaque type d’écriture correspond un protocole de validation, qui définit de façon opérationnelle quelles écritures sont valides dans le système. Ce protocole est ré-exécuté à de nombreuses reprises lors des étapes suivantes de construction et de validation des blocs. Un même système peut contenir un répertoire de protocoles de validation, chacun étant associé à un code en tête de chaque écriture, ce qui permet d’inscrire dans une même chaîne de blocs des écritures de natures différentes.

·        Chaque nœud qui reçoit ce message en vérifie à son tour la validité formelle et la légitimité au regard des informations qu’il possède. En effet, le caractère ouvert du réseau impose un principe de sécurité fondamental : chaque nœud doit faire l’hypothèse que tout le reste du système peut être défectueux ou frauduleux, et donc considérer tout ce qu’il reçoit comme suspect, en déterminer lui-même la nature et le valider de façon indépendante avant de l’utiliser. Tout le système est conçu en intégrant l’hypothèse qu’il est en permanence la cible d’un grand nombre de fraudeurs extrêmement compétents.

·        À l’issue de cette première étape, les écritures invalides ont été éliminées, et chaque écriture valide et légitime a été recopiée de proche en proche en plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, un sur chaque ordinateur du réseau, chaque exemplaire ayant été dûment validé et revalidé à chaque étape de son trajet depuis son point d’entrée.

2. la construction des blocs (le « minage »)

·        Dans la deuxième étape, les utilisateurs qui ont choisi de construire des blocs (les mineurs) puisent des écritures dans leur liste d’attente locale et les organisent en arborescence de façon à faciliter l’accès aux écritures individuelles. Tous les mineurs travaillent simultanément et choisissent librement quelles écritures ils incorporent dans leur bloc en construction. Ils complètent le bloc en lui ajoutant un en-tête, qui contient en particulier sa somme de contrôle et l’identifiant du bloc précédent.

·        Le coût de cette opération est volontairement rendu très élevé en imposant à la somme de contrôle de respecter des normes très sévères qui exigent une consommation considérable de ressources informatiques, mais dont le respect peut être facilement vérifié par tous les nœuds, formant ce qu’on appelle une « preuve de travail ». Cette exigence limite le nombre des mineurs à quelques centaines pour Bitcoin, la plupart regroupés en coopératives, seuls ceux qui peuvent mettre en œuvre une puissance de calcul considérable ayant une chance que leurs blocs soient acceptés à l’étape suivante, comme nous le verrons.

·        Dans les systèmes utilisant le même principe, cette opération est rémunérée afin de motiver un nombre suffisant d’opérateurs. Dans Bitcoin, cette rémunération s’effectue en insérant dans le bloc une transaction spéciale créditant le mineur d’un certain nombre de bitcoins créés à cet effet, qui sera exécutée si le bloc est effectivement ajouté à la chaîne à l’étape suivante. C’est cette opération, seule façon de créer de nouveaux bitcoins, qui est à l’origine du terme de « mineur ».

·        Quand un mineur a construit un bloc valide, c’est à dire correctement formé, accompagné d’une somme de contrôle conforme aux exigences de « preuve de travail », et dont chacune des transactions est valide, il le diffuse à ses voisins, qui à leur tour le diffuseront de proche en proche à tous les nœuds du réseau, après en avoir vérifié la validité ainsi que celle de toutes les écritures qu’il contient. Dès qu’un mineur reçoit un bloc d’un autre mineur, il arrête de construire le bloc en cours, qui n’a pratiquement plus aucune chance d’être accepté, élimine de sa liste d’attente locale toutes les transactions que contenait le bloc qu’il vient de recevoir, et commence à construire un nouveau bloc.

·        De nouveaux blocs sont ainsi produits et diffusés en continu à travers le réseau. Mais à ce stade, aucun exemplaire de la chaîne de blocs n’a encore été modifié, les seuls à pouvoir le faire étant les « nœuds complets », qui hébergent chacun un de ces exemplaires.

3. la construction de la chaîne

·        Pour chaque nouveau bloc qu’il reçoit, chaque ordinateur d’un nœud complet exécute un protocole qui aboutit soit à rejeter ce bloc s’il a déjà été reçu, s’il est invalide ou s’il contient une écriture déjà présente dans la chaîne locale, soit à l’ajouter à l’extrémité de la chaîne locale après une ultime vérification de toutes les écritures qu’il contient, soit à le mettre en attente.

·        Rappelons que chaque bloc contient l’identifiant de son prédécesseur dans la chaîne de blocs du mineur qui l’a construit. Dans le cas le plus courant, ce prédécesseur est également le bloc terminal de la chaîne locale, à laquelle il viendra donc s’ajouter après une ultime vérification de sa validité. Sinon, il sera conservé en attente, en devenant l’extrémité d’une branche secondaire de la chaîne de blocs.

·        Afin que tous les exemplaires de la chaîne de blocs soient identiques, bien que construits indépendamment, ce protocole incorpore un mécanisme « de consensus », qui est un élément vital du système. La règle utilisée par Bitcoin est de retenir la chaîne qui a demandé le plus grand travail de construction des blocs qui la composent. À cette fin, l’en-tête de chaque bloc contient une mesure du travail effectué pour le construire, ce qui permet de calculer la quantité totale de travail dépensée pour construire la chaîne qui aboutit à ce bloc.

·        Si une chaîne secondaire a demandé plus de travail que la chaîne principale actuelle, cette chaîne secondaire doit devenir la branche principale. Pour cela, le programme remonte à l’endroit où elle s’est détachée de la branche principale, revalide un par un chaque bloc laissé en attente et les écritures qu’il contient, ajoute ce bloc à l’extrémité de la nouvelle chaîne en cours de construction si ces contrôles sont satisfaits, en abandonnant ce processus dès la première erreur.

·        Ce protocole critique et complexe constitue le véritable cœur du système. Il fournit également quelques services annexes, dont la reconstitution automatique de la chaîne locale après un arrêt de l’ordinateur ou du réseau.

·        A l’issue de cette deuxième phase, chacun des milliers d’exemplaires de la chaîne de blocs qui existent sur les nœuds complets a été prolongé par un bloc choisi par chaque nœud parmi les propositions des mineurs en appliquant la règle de consensus programmée. Si tous les nœuds complets mettent en œuvre les mêmes règles de validation des écritures et des blocs, ce bloc additionnel est le même pour tous les nœuds, et donc tous ces exemplaires de la chaîne de blocs restent identiques.

Vue d’ensemble

·        En résumé, la séquence des opérations de construction de la chaîne de blocs est décomposée en étapes pouvant être exécutées par des opérateurs différents. Les mineurs construisent les blocs, mais ne les ajoutent qu’à leur propre exemplaire de la chaîne. Les nœuds complets ajoutent ou non les blocs à leur exemplaire de la chaîne, mais sans pouvoir les modifier, et tout le monde revérifie ce qu’ont fait les autres. Ces opérations sont exécutées en parallèle par des milliers de sites gérés par des opérateurs indépendants et situés partout dans le monde, n’importe qui étant libre de jouer n’importe quel rôle dans le système, y compris les plus centraux.

·        In fine, les écritures créées par des millions d’utilisateurs se retrouvent enregistrées dans des milliers de fichiers identiques sur autant de sites différents, sous la forme de chaînes de blocs inaltérables et librement consultables. Insistons sur le fait que ces fichiers sont construits indépendamment. Donc, contrairement à ce qu’on lit souvent, il est impropre de qualifier la chaîne de blocs de « distribuée », ce qui implique que différents nœuds en porteraient des parties différentes, ou de dire qu’elle est « répliquée », ce qui implique qu’elle serait construite en un point central puis recopiée sur les différents nœuds.

·        Tout en offrant une grande sécurité à ses utilisateurs, la multiplicité des exemplaires de la chaîne de blocs leur pose un problème : puisque, en application du « principe de précaution », on ne peut pas faire l’hypothèse que tous les exemplaires sont identiques, lequel prendre comme référence en cas de désaccord ?

·        C’est à chaque utilisateur de définir le protocole de consultation de son choix selon l’usage qu’il veut faire des résultats. Un exemple type est d’interroger des nœuds au hasard jusqu’à ce qu’un certain nombre, défini d’avance, donnent le même résultat. L’utilisateur peut aussi utiliser des nœuds en lesquels il a confiance, ou toute autre combinaison de ces deux approches. C’est à lui qu’il appartient de choisir sa méthode, qui peut-être critique pour lui, mais ne l’est pas pour le système.

Cet article a été écrit en 2 parties : 

La 2ème Partie concerne :  Blockchain : quels impacts sur la société ?

 Les technologies de chaines de bloc (blockchain) peuvent avoir de gros impacts sur la société.

10 septembre 2016

https://www.contrepoints.org/2016/09/09/265146-blockchain-comment-ca-marche 


 ANNEXE 3 Blockchain : ressources, rapports, études / Resources, reports, studies (2000-2017) 

Retrouvez ci-dessous les principaux documents blockchain de 2000 à 2017. 

2000
-
The Paxos algorithm for consensus: Lamport, Leslie. Paxos made simple . ACM Sigact News 32.4

2002
-
Tolérance aux pannes : Algorithme des généraux Byzantins
-
The original application of proofofwork: Back, Adam. Hashcasha denial of service countermeasure

2006
-
paraF: Parametric flow algorithm implementation

2008
-
Economics : Viral Economy Simulator
-
Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System (by Satoshi Nakamoto)
-
Traduction en français du papier fondateur du Bitcoin (par Arnaud-François Fausse - OCTO)
-
(CGAP) - Making Money Transfers Work for Microfinance Institutions

2009
-
Technological revolutions and techno-economic paradigms

2010
-
Microsoft Data Structures and Algorithms School Project Code
-
The Art of Peering: The Peering Playbook

2011
-
Bitcoin Days Destroyed

2012
-
(European Central Bank) Virtual Currency Schemes. Frankurt am Main: European Central Bank
-
Peer-to-Peer Crypto-Currency with Proof-of-Stake

2013
-
Livre Blanc / White Paper Ethereum – Traduction française
-
Attaque Goldfinger : The economics of Bitcoin mining, or Bitcoin in the presence of adversaries
-
The Unreasonable Fundamental Incertitudes Behind Bitcoin Mining
-
Majority is not Enough: Bitcoin Mining is Vulnerable

2014
-
Long Finance - Chain Of A Lifetime: How Blockchain Technology Might Transform Personal Insurance
-
On Subversive Miner Strategies and Block Withholding Attack in Bitcoin Digital Currency
-
On The Longest Chain Rule and Programmed Self-Destruction of Crypto Currencies
-
Le Bitcoin une monnaie révolutionnaire ? - Jean-Paul Delahaye, Université de Lille 1
-
(European Banking Authority) EBA Opinion on ‘virtual currencies’. London: European Banking Authority
-
(New York State Department of Financial Services) Virtual Currencies
-
(New York State Department of Financial Services) Bitlicense regulatory framework for virtual currency firms
-
(Banque d’Angleterre) Rapport sur les monnaies numériques
-
Livre blanc Colored Coins
-
NXT Whitepaper
-
BitShares Delegated Proof of Stake
-
Livre blanc Sidechains : Enabling Blockchain Innovations with Pegged Sidechains
-
Virtual Currencies; Bitcoin & What Now after Liberty Reserve, Silk Road, and Mt. Gox?
-
The Global Findex Database 2014 Measuring Financial Inclusion Around the World
-
Tendermint: Consensus without Mining
-
The Ripple Protocol Consensus Algorithm. (2014)

2015
Février
-
Virtual currency schemes – a further analysis
Mars
-
NeuCoin: the First Secure, Cost-efficient and Decentralized Cryptocurrency
-
On Stake and Consensus
Avril
-
ASICs and Decentralization FAQ
Mai
-
(EURO BANKING ASSOCIATION) Cryptotechnologies as major IT innovation and technical change agent
Juin
-
La blockchain, ou la confiance distribuée
-
Confidential Transactions
Juillet
-
(Bretton Woods) The Promise of Bitcoin and the Blockchain
Août
-
Initial Block Synchronization is Quadratic Time Complexity
Septembre
-
The Fintech 2.0 Paper: rebooting financial services (Banco santander)
Octobre
-
Fintech 2020 : reprendre l’initiative / Blockchain
-
Public versus Private Blockchains - Part 1: Permissioned Blockchains
-
Public versus Private Blockchains - Part 2: Permissioned Blockchains
-
(McKinsey) - Trailblazing trends in global payments
Novembre
-
IIF - Banking on the Blockchain : Re-engineering the Financial Architecture
Décembre
-
A Flexible Limit: Trading Subsidy for Larger Blocks
-
Reaching The Ground With Lightning
-
Segregated Witness and its Impact on Scalability
-
Cryptocurrency with a Conscience
-
(Goldman Sachs) What if I Told You… Themes, Dreams and Flying Machines
-
(Bitfury) Incentive Mechanisms for Securing the Bitcoin Blockchain
-
IOTA - The Tangle

2016
Janvier
-
EVRY - Blockchain: Powering the Internet of Value
-
(IBM & ING) – Banking on Blockchain: Charting the Progress of Distributed Ledger Technology in Financial Services
-
(DTTC) – Embracing Disruption – Tapping the Potential of Distributed Ledgers to Improve the Post-Trade Landscape
-
(Multichain) – MultiChain Private Blockchain — White Paper
-
(FMI) Virtual Currencies and Beyond: Initial Considerations
-
The Bitcoin Lightning Network: Scalable Off-Chain Instant Payments
-
(UK Gov) Distributed Ledger Technology: Beyond Blockchain
Février
-
Chris Skinner - What Is and What Isn?t a Blockchain?
-
Oliver Wyman - Blockchain in Capital Markets
-
Deloitte – Blockchain : Enigma, Paradox, Opportunity
-
UCHANGE – Comprendre la blockchain
-
The Stellar Consensus Protocol: A Federated Model for Internet-level Consensus
-
The First Successful Zero-Knowledge Contingent Payment
-
BigchainDB: A Scalable Blockchain Database
-
(Princetown) – Bitcoin and Cryptocurrency Technologies
-
Deloitte - Blockchain technology as a platform for digitization
Mars
-
Kramer et Levin - Gouvernance de la Blockchain
-
Japon (ministère) - Survey on Blockchain Technologies and Related Services
-
(Bitfury) Digital Assets on Public Blockchains
-
Persistent - The Blockchain Landscape
Mai
-
Analysis of the Blockchain Protocol in Asynchronous Networks
-
Institut Louis Bachelier - Blockchain et autres registres distribués : quel avenir pour les marchés financiers ?
-
The Swirlds hashgraph consensus algorithm
-
Goldman Sachs - Profiles in Innovation: Blockchain
-
Ministère Économie - Technologies clés - Préparer l'industrie du futur
-
Deloitte - Bitcoin, Blockchain & distributed ledgers: Caught between promise and reality
-
Pillsbury - Blockchain Basics: A Primer
-
SWIFT - the impact and potential of blockchain in the securities transaction lifecycle
Juin
-
Accenture + Ripple - The Journey to Real-Time Cross Border Commercial
-
Whitepaper - Blockfreight the blockchain for global freight
-
ESMA - Discussion Paper. The Distributed Ledger Technology Applied to Securities Markets
-
Deloitte - Centralization in Blockchain innovation
-
Learning on the Block - Could Smart Transactional Models Help Power Personalized Learning?
-
Fondapol - La blockchain ou la confiance distribuée
-
KPMG - Consensus opportunities: blockchain and beyond
Juillet
-
Bitfury - Flare: An Approach to Routing in Lightning Network
-
Bain&Cie - Distributed Ledgers in Payments: Beyond the Bitcoin Hype
-
JP Morgan - Unlocking Economic Advantage with Blockchain
-
McKinsey - Blockchain in insurance, opportunity or threat?
-
MDX - Music on the Blockchain
Août
-
The future of financial infrastructure: an ambitious look at how blockchain can reshape financial services
-
World Economic forum and Deloitte
-
UBS - Building the trust engine
-
Japan Exchange Group - Applicability of Distributed Ledger Technology to Capital Market Infrastructure
Septembre
-
Accenture - Editing the uneditable blockchain
-
Bank of England - A new RTGS service for the United Kingdom: safeguarding stability, enabling innovation
-
CAPCO - Blockchain in capital markets infrastructure
-
PwC - Blockchain : 5 propositions pour transformer les services financiers
-
Forrester - La phase "Palm Pilot" de la blockchain
-
IBM - Leading the pack in blockchain banking
-
SWIFT - Distributed Ledgers, Smart Contracts, Business Standards and ISO 20022
-
Temenos – Blockchain : Understanding today’s Corporate Treasurer
-
The Mauve Revolution / Ethereum 2.0
-
ANZ & Wells Fargo - distributed ledger technology and the opportunities in correspondent banking
Octobre
-
Distributed Ledger Technology: Clearing Away the Debris?
-
Transparency Overlays and Applications
-
Cell Point Mobile - The 2017 Imperative for Global Airlines
-
What if blockchain technology revolutionised voting?
Novembre
-
Stratis - White Paper
-
Bitfury - On Blockchain Auditability
Décembre
-
Accenture - Blockchain technology: How banks are building a real-time global payment network
-
R3CEV - Livre blanc Corda
-
US Federal Reserve - Distributed ledger technology in payments, clearing, and settlement
-
Deloitte - Blockchain in health and life insurance
-
R3 et Norton Fullbright - Can smart contracts be legally binding contracts?
-
Some Simple Economics of the Blockchain - Massachusetts Institute of Technology (MIT)
-
ENISA EUROPE Blockchain Security

 2017

Janvier
-
2017 01 12 DELOITTE Blockchain-in-insurance-ebook
-
2017 01 31 Accenture-Banking-on-Blockchain
-
2017 01 Accenture-How-Blockchain-Can-Bring-Greater-Value-Procure-to-Pay
-
2017 01 FINRA_Blockchain_Report
-
2017 01 McKinsey_FACI_Blockchain_in_Insurance
Février
-
2017 02 01 in-strategy-innovation-blockchain-revolutionary-change-noexp
-
2017 02 07 dlt_report_-_esma50-1121423017-285
-
2017 02 13 bringing-trust-to-blockchain-sb-v3-feb132017
-
2017 02 14 Byteball
-
2017 02 20 Canadian Bank Notes and Digital Currencies
-
2017 02 20 ch-en-innovation-blockchain-revolution
-
2017 02 BAIN_BRIEF_Blockchain_in_Financial_Markets
-
2017 02 Blockchain_Technology_From_Hype_to_Reality_Infosys_Finacle

Baromètre Blockchain Largillière Finance - TNP n°1 - Avril 2017.pdf  (310.11 Ko)

Lancement du 1er numéro du baromètre Largillière Finance - TNP sur la blockchain. 

 



[1] LES CAHIERS DU CDIF N°5 mai 2005 : http://franceclusters.fr/nos-services/publications/

 Initier, cristalliser et développer les réseaux d'entreprises un métier : inter-preneur :

Analyse des compétences nécessaires à l'animation des réseaux d'entreprises-l ’ensemble des compétences nécessaires à l’animation d’un réseau, leur articulation et leur organisation tout au long du processus de développement du réseau.

[2] Etude XERFI-PRECEPTA cf. infra

[3] http://www.strategie.gouv.fr/communiques-de-presse/enjeux-blockchains

Laboratoire d’idées public, France STRATEGIE a pour mission d’éclairer les choix collectifs. Son action repose sur l’évaluation des politiques publiques ; l’anticipation des mutations à venir dans les domaines économiques, sociétaux ou techniques.

[5] http://www.lenouveleconomiste.fr/philippe-arraou-pdt-du-conseil-superieur-de-lordre-des-experts-comptables-34585/

Par Patrick Arnoux Le Nouvel Economiste 06/04/2017

L’expert-comptable et l’économie numérique : Afin de leur faire prendre conscience de la transformation intense de leur profession induite par le digital. Il y a plus d’opportunités que de danger dans la transformation numérique à condition de l’embrasser. Voir le Chap. 4 « l’avenir de la fonction comptable »

[6] Voir aussi un post sur LinkedIn de Mathieu Courtecuisse mars 2015 : Le Consulting va-t-il être uberisé ? https://www.linkedin.com/pulse/le-consulting-va-t-il-%C3%AAtre-ub%C3%A9ris%C3%A9-non-car-il-lest-courtecuisse

 

[7] ADQ8 a réalisé en février 2017, pour le compte d’un cabinet important, une étude « Analyse et fondamentaux de l’étude Xerfi Precepta »

[9] The future of employment: how susceptible are jobs to computerization? Carl Benedikt Frey, Michael A. Osborne, September 17, 2013 http://www.bbc.com/news/technology-34066941

[10] ADQ8  « Analyse et fondamentaux de l’étude Xerfi Precepta »

[11] Voir aussi FINYEAR 06/06/2017 : Jusqu’où est-il possible d’automatiser les processus comptables ? http://www.finyear.com/Jusqu-ou-est-il-possible-d-automatiser-les-processus-comptables_a38435.html

[13] DTaaS-Digital Technology as a Service ™ADQ8 

[14] La première étude XERFI que nous avions aussi commentée, remonte à 2011 : L’expertise comptable et l’audit à l’horizon 2015. Bon nombre des travaux que nous avons réalisés pour des EC depuis 2015 ont porté sur ces questions stratégiques de diversification, d’organisation d’entreprises de services, de développements de services intégrés et « augmentés »… systèmes de « clinique d’entreprises », etc.

[15] Le conseil de gestion et d’accompagnement ; le conseil de direction ; le conseil stratégique : les compétences/expériences des deux profils ci-dessus auxquels s’ajoutent compétences et expériences dans la définition d'une stratégie d’entreprise pour savoir, ce qu’il faut faire, ce qu’il peut faire, ce qu’il faut faire faire, et qui peut le faire ! (in  Etude ADQ8 janvier 2016). 

[16] Nous recommandons la lecture de deux articles de deux dirigeants de Cap Gemini parus dans Le Nouvel Economiste :

« Il n’y a pas un patron du CAC 40 qui ne se pose pas des questions sur son business model et son organisation à la lumière du digital » Patrick Ferraris, directeur général de Capgemini Consulting (12/05/2017)

Pour les grandes entreprises, la question de fond est de savoir quand elles vont vraiment basculer dans le digital ”Stéphan Régnier, Executive vice-president, en charge des activités digitales.

[17] Pour les non-comptable, voir le glossaire.

[18] Définition d’une DAO : Une DAO est une organisation fonctionnant grâce à un programme informatique qui fournit des règles de gouvernance à une communauté. Ces règles sont transparentes et immuables car inscrites dans une blockchain. Voir Chap. 5-4 

[19] Comment la blockchain peut aider contre les cyber-attaques ? Par Peter Loop, Associate Vice President chez Infosys et Lúí Smyth, Head of Blockchain Research & Ecosystem Engagement chez EdgeVerve/Infosys - 7 avril 2017

http://www.frenchweb.fr/comment-la-blockchain-peut-aider-contre-les-cyberattaques/287611

[20] https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_spontané

[21] EY, DELOITTE, KPMG, PWC

[22] Pour les « non-comptables » voir annexe sur « Grand Livre » d’entreprise

[23] Les uns derrière les autres. C’est le latin "lupus" qui donna au XIe siècle les noms "leu" et "lou". "A la queue leu leu" renvoie donc aux loups qui, se déplaçant bien souvent en meutes, se suivent et marchent dans les pas les uns des autres, soit "les uns derrière les autres». L’image est bonne pour illustrer une blockchain !

[25] Technologie Blockchain : un réseau de paiement mondial en temps réel. https://www.accenture.com/fr-fr/insight-blockchain-technology-how-banks-building-real-time

[28] La monnaie fiduciaire et la monnaie scripturale sont deux formes de support monétaire. Ces deux supports monétaires correspondent à une même monnaie-fiat, à une même obligation de la Banque Centrale. La monnaie fiduciaire est un support monétaire de monnaie-promesse ou de monnaie-fiat. La monnaie fiduciaire est de la monnaie représentée par des billets de banque, par des pièces métalliques. http://econpapers.repec.org/article/bfrbullbf/2016_3a205_3a06.htm

[29]  Unités monétaires aux trois fonctions qu’Aristote donnait à la monnaie : l’unité de compte, la réserve de valeur, l’intermédiaire des échanges. Le bitcoin est clairement une unité de compte et c’est en train de devenir une réserve de valeur, mais l’intermédiaire des échanges, en fait, c’est la blockchain.

[30] Définition d’une DAO voir Chap. 5-4 

[31] Faut-il « règlementer » les technologies » blockchain ?

A notre avis, il n’existe aucune raison juridique ou légale de réglementer une technologie, blockchain ou autre. Les législations et réglementations actuelles existantes suffisent à encadrer juridiquement les usages de cette technologie...pour comparer : pourquoi serait-il nécessaire (et comment ?) de règlementer « l’impression 3D », l’objet connecté, le moteur à hydrogène, le Bluetooth ou le wifi ?

Selon les fondamentaux du droit, les qualifications juridiques des éléments composant la technologie blockchain et son fonctionnement seront interprétables différemment par les juristes « multinationaux ». Il ne faut pas oublier que les architectures blockchain ont vocation à être transnationales... 

[33] Voir aussi note « la roulette russe » dans le trading pétroliers p33

[34] Jacques Favier Bitcoin & Blockchain Strategist Le Cercle du Coin - Ecole normale supérieure

[35] voir comment était présenté YesAccount au 71Eme  Congrès des experts-comptables Brussels Expo – 28-29 et 30 septembre 2016 (Stand T132) : http://www.yesaccount.fr/

https://www.docaufutur.fr/2016/09/22/lancement-de-yesaccount-71e-congres-experts-comptables-solution-facilite-enfin-revolution-numerique-comptable/ 

[37] Chamber of Digital Commerce Forms the Blockchain Intellectual Property Council https://blockchain-finance.com/2017/03/17/chamber-of-digital-commerce-forms-blockchain-intellectual-property-council/

 [38] Crypto Valley Association Launched In Switzerland To Accelerate Blockchain Development https://www.ethnews.com/crypto-valley-association-launches-in-switzerland-to-accelerate-blockchain-development 

[39] Fin 2016, le groupe de Mountain View a en effet intégré cet éditeur néo-zélandais à son programme « Recommended for G Suite », ce qui devrait largement accélérer le développement de Xero dans le monde.

[40] Une monnaie fondante est une monnaie qui se déprécie avec le temps selon un coût de demeurage fixe. L'idée d'une telle monnaie a été mentionnée en 1916 par Silvio Gesell dans son ouvrage L'Ordre économique naturel. Un exemple connu de monnaie fondante est la wära, en circulation en 1931 à Schwanenkirchen, une petite ville minière de Bavière. La Banque WIR fondée en 1934 a, elle aussi, utilisé ce système de monnaie fondante jusqu'en 1948. Plus récemment, en 2003 une autre monnaie fondante régionale a été créée en Bavière, le Chiemgauer.

Dans son essai L'argent mode d'emploi (2009), Paul Jorion souligne que Keynes « estimait que d'un point de vue strictement technique le principe [d'une telle monnaie] était « irréprochable » et que l'avenir aurait sans doute beaucoup de choses à apprendre des idées de Silvio Gesell » (Source Wikipedia).

Terra (monnaie) Terra est le nom d'un projet de création d'une monnaie fondante mondiale. Cette monnaie serait basée sur un panier d'une douzaine de commodités et de services parmi les plus courants sur le marché mondial (et non plus d'or, de dollars ou d'obligations) stockés en réserves (la monnaie correspondant en quelque sorte à une part du reçu d'inventaire). Cette monnaie a un taux négatif de 3,5 % (correspondant globalement au coût du stockage). Le projet est actuellement défendu par l'économiste Bernard Lietaer. 

[41] Cargaisons pétrolières, métaux précieux, diamants,... des secteurs dans lesquels l’intervention de « courtiers » était pratiquement indispensable : courtiers professionnels agréés, (rémunéré à 10 % par transaction !) pratiquement tiers de confiance « sur parole », le courtier lui-même pouvait parfois opérer des compensations entre ses clients par échange de « contrats » standards établis par la profession concernée. Le (ou les courtiers) établissaient une « chaîne » de contrats (promesse de vente/promesse d’achat) standards sur des lots forfaitisés (par exemple sur cargaison de Gasoil 20 000T +/-10%) de produits dont le « débouclage » se faisait à un terme donné (semaine, mois, 3 mois etc...) par la « nomination » de l’unité de transport à une destination donnée (base ARA) au terme convenu.

Après débouclage le courtier établissait les « comptes » par compensation entre les prix conclus entre acheteurs et vendeurs- les perdants payant les gagnants ! les acheteurs/vendeurs devaient être « agréés » par leurs pairs pour être admis à la table des « joueurs » ! Communautés de traders organisées par les courtiers eux-mêmes le plus souvent...mais « sans organisme de compensation » d’où des risques considérables pour les uns et les autres....ce système était appelé par les traders « la roulette russe » !!

[42] Date de parution : janvier 2013

Couverture : Nathalie Palous, Brigitte Baroin, Hélène Allias-Denis Édition : Nicole Merle-Lamoot, Gilles Pannetier

Pôle interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économiques (Pipame)

Potentiel et perspectives de développement des plates-formes d’échanges interentreprises

http://www.entreprises.gouv.fr/etudes-et-statistiques/qu-est-que-pipame-0 

[44] Précité

[46] IRTA - International Reciprocal Trade Association https://www.irta.com/

IRTA is committed to promoting just and equitable standards of practice and operation within the Modern Trade and Barter and other Alternative Capital Systems Industry, by raising the awareness and value of these processes to the entire Global Community.

IRTA Global Board Approves the Development of a Barter Industry Executive Certification Program

IRTA MAY 1, 2017 IRTA NEWS


[47] LA TRIBUNE 07 avril 2017 "Le Nasdaq européen existe, c'est Euronext" Stéphane Boujnah - Par Delphine Cuny et Philippe Mabille http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/le-nasdaq-europeen-existe-c-est-euronext-stephane-boujnah-679662.html

[48] Un contrat synallagmatique est une convention faisant naître à la charge des parties des prestations réciproques. Dans ce type de contrat, la cause de l'engagement d'une partie repose sur l'obligation de l'autre et réciproquement. Chaque partie est donc à la fois créancière et débitrice de l'autre. Leurs obligations sont interdépendantes. Le contrat synallagmatique est également appelé « contrat bilatéral ». On affirme classiquement que dans le cadre d'un contrat synallagmatique, la cause de l'obligation d'un contractant est l'obligation de l'autre, et réciproquement. Cette vision permet de considérer comme nul tout engagement non causé, c’est-à-dire ne possédant pas de justification juridique. Ce concept et sa définition sont importants dans le principe du « barter », de la technologie blockchain et des échanges peer to peer. 

[49] Par exemple : filière du pétrole « du puit à la roue » donc y compris l’automobile ou de l’énergie au sens large (tout type, on parle alors de l’unité de compte Tonne équivalent pétrole ou Tec- charbon !) filière des métaux non-ferreux, ou de la métallurgie, de la chimie, agro-alimentaire, nucléaire, pétrochimique... certaines filières sont intégrées (labo pharmaceutique- matières premières -molécule jusqu’à la distribution en distribution -pharmacies, cosmétique, etc.

[51] https://www.ssi.gouv.fr/entreprise/reglementation/confiance-numerique/le-reglement-eidas/

Le Règlement « eIDAS » n°910/2014 du 23 juillet 2014 a pour ambition d'accroître la confiance dans les transactions électroniques au sein du marché intérieur. Il établit un socle commun pour les interactions électroniques sécurisées entre les citoyens, les entreprises et les autorités publiques.

Le règlement eIDAS concerne principalement les organismes du secteur public et les prestataires de services de confiance établis sur le territoire de l’Union européenne. Il instaure un cadre européen en matière d’identification électronique et de services de confiance, afin de faciliter l’émergence du marché unique numérique. Il couvre notamment le sujet de la signature électronique, et abroge la directive 1999/93/CE. L’ANSSI est l’un des organismes nationaux chargés de la mise en œuvre de ce règlement. Nous pensons que les technologies blockchain pourraient rendre totalement obsolètes les dispositions de ce règlement et induire la révision des missions de l’ANSSI. 

[52] Exemple : Le boisseau est un récipient de forme cylindrique destiné à mesurer les matières sèches (grains et farines), de capacité variable suivant les lieux et les époques.

Cette mesure était utilisée en France avant l'instauration du système métrique, et valait 12,67 litres (un douzième de setier de Paris). Le boisseau métrique, unité de transition instaurée en 1812, et désormais désuète, valait 10 litres[1].

Le boisseau US est une unité utilisée en agriculture pour les cotations en bourse des ventes de céréales aux États-Unis.

Les équivalences standards avec les unités utilisées pour les cotations en Europe sont les suivantes :

1 boisseau US de blé ou de soja vaut 0,02721 tonne (soit 27,21 kg) ;

1 boisseau US de maïs vaut 0,02540 tonne (soit 25,4 kg);

1 boisseau US d'avoine vaut 0,017236 tonne (soit 17,236 kg).

Le riz est coté en livre au Chicago Board of Trade (CBOT). 

[53] Voir la capitalisation des cryptomonnaies sur : http://coinmarketcap.com/ et la notion d’actif numérique sur :

http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/julien_beranger_23022017.pdf

Actif numérique infalsifiable = titre numérique = Token = Jeton = Coin

[54]  Sous condition d’investissement en capacités de calcul informatique- en pools techniques comme les « centres serveurs » cloud etc...

[55] Céréales (cf. http://www.franceagrimer.fr/filiere-grandes-culture) Oléoprotéagineux, Cultures textiles, Fourrages séchés, Sucre, Lait, Fruits et légumes, Vin, Cidriculture, Horticulture, Pêche et aquaculture, Plantes à parfum, aromatiques et médicinales, Truffes, Houblon, Tabac, Apiculture...

[56] Le chaînon manquant de la révolution Blockchain https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-156915-le-chainon-manquant-de-la-revolution-blockchain-1221448.php

Jacques Favier, Auteur "La Voie du Bitcoin" (12/05/2016), Secrétaire du "Cercle du Coin"

[57] Cf. article: NOUS DEVONS RÉGLEMENTER BITCOIN. Le problème : NOUS NE LE COMPRENDS PAS encore pleinement ! Auteur : Primavera De Filippi. (03.01.16)

[58]Qu'est-ce qu'une macro ? Une macro est une procédure, c'est-à-dire un ensemble d'instructions qui exécutent une tâche spécifique ou renvoient un résultat. Il existe deux types de procédures :

Une sous-routine est une procédure qui exécute une tâche donnée.

Une fonction est une procédure qui renvoie un résultat.

[60] La blockchain comme révolution… mais révolution de quoi ? Entreprises et marchés 22 février 2017

http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/livre-blanc/blockchain-de-technologie-naissante-a-revolution-numerique-40763/ 

[61] Laurent Leloup "Blockchain, la révolution de la confiance" (éditions Eyrolles)

[62] Le marché du carbone est un système d'échange de droits d'émissions de gaz à effet de serre, de crédits carbone et de quotas carbone. Selon le International Carbon Action Partnership Status Report 2015, 17 marchés du carbone ont été mis en place, concernant moins de 40 % de l'économie mondiale.

[64] Chap. 4 ouvrage précité

[67] R3 ou R3 CEV est une entreprise spécialisée dans la technologie blockchain. Elle est fondée en 2014. Son siège est situé à New York. Elle coopère avec un grand nombre d'institutions financières pour développer les questions autour des blockchains (https://fr.wikipedia.org/wiki/R3_(entreprise).

[69] C'est justement le créneau de Stratumn, une start-up parisienne (2015)qui développe une plateforme permettant aux développeurs de créer des applications reposant sur la blockchain, même s'ils ne disposent pas de connaissances spécifiques. Elle parle même de « Blockchain­ as ­a ­service» dans le sens où elle prend à sa charge la complexité issue de cette technologie. https://stratumn.com/

[70] Initiatrice du partenariat R3 pour développer des standards et protocoles d’utilisation de la technologie Blockchain

[71] Qu’a-t-on ? que veut-on ? que faire ?

[72] Gérard Dréan est un spécialiste français de l'école autrichienne.

Il est diplômé de l'école Polytechnique, promotion 1954. Il a travaillé à partir de 1957 et pendant une trentaine d'années chez IBM, puis dans des sociétés de services en informatique. Il se consacre maintenant à la réflexion économique, en particulier à la pensée de Ludwig von Mises. Il est membre de la Société d’économie politique et chargé de missions à la Fondation de l’École polytechnique[1]. Il a donné des enseignements à l'école de Paris du management.

Il contribue régulièrement dans la revue Sociétal, dont il a coécrit le premier numéro en 1996. Il a également écrit dans Futuribles, fondée par Bertrand de Jouvenel.

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