BLOCKCHAIN ET BARTER : DEUX BOUEES DE SAUVETAGE POUR LES EXPERTS-COMPTABLES
(août 2017)
BLOCKCHAIN ET BARTER : DEUX « BOUÉES » DE SAUVETAGE POUR LES EXPERTS COMPTABLES ?
Depuis plusieurs années, les publications
sont nombreuses sur le sujet ; elles sont devenues pléthoriques au cours
des deux dernières années, et « torrentueuses » depuis plusieurs
mois.
Placez une alerte sur le mot « blockchain »
dans Google, vous en aurez pour plusieurs heures à dépouiller les liens !
Cette publication est rédigée sous la seule responsabilité de l’auteur et n’exprime en aucun cas les opinions des professionnels et experts-comptables consultés par ADQ8 Consulting.
De même les avis exprimés n’engagent que les
auteurs cités et ne sauraient être considérés comme constituant une prise de
position de la part de ADQ8 Consulting. En revanche, nous les avons considérés
comme pertinents pour étayer nos propositions.
INTRODUCTION
1. UNE PROFESSION EN DANGER
1-1 La prérogative d’exercice comptable se dirige-t-elle vers une
impasse ?
1-2 Compétitivité et recréation de valeur face à la déstabilisation du
numérique 1er.symptôme
1-3 La déréglementation des métiers du chiffre- 2ème symptôme.
1-4 La guerre des comptables et des robots aura-t-elle lieu ?-3ème symptôme
1-5 Une offre 100% digitale ? 4ème symptôme
1-6. CONCLUSION ADQ8 – Bilan, questionnement et diagnostic.
2. PREMIERE BOUEE DE SAUVETAGE : LES
TECHNOLOGIES BLOCKCHAIN
2-1 Le paradigme de SATOSHI NAKAMOTO
2-2 Où se placent les technologies Blockchain dans le paysage des
métiers du chiffre ?
2.2.1. FEC et
Blockchain
2.2.2. La technologie
blockchain pour automatiser l’audit légal
2.2.3. Blockchain :
vers une redéfinition du métier d’auditeur ?
2.2.4. Des produits d’assurance : une porte
ouverte sur l’uberisation de l’audit !
2.2.5. Blockchain : une technologie
informatique de comptabilité
2.2.6. La polyvalence
de la blockchain
2-3 CONCLUSION : blockchain, 1ère bouée de sauvetage des EC
2.3.1. La
« position » de l’EC dans le minage
2.3.2. Ainsi parlait
Precepta !
2.3.3. Et
d’autres !
3. DEUXIEME BOUÉE DE SAUVETAGE : LA
BARTERISATION DE L’ECONOMIE
3-1 Qu’est-ce que c'est ?
3-2 Difficultés, freins et obstacles aux échanges multilatéraux
3.2.1. Correspondance
offre /demande
3.2.2. La nécessité
d’un « courtier de confiance »
3-3 Un mode de commerce innovant, une nouvelle monnaie ?
4. BLOCKCHAIN, BARTER et CRYPTOMONNAIES :
LES « PIECES » DE LA BOUEE DE SAUVETAGE DES EC !
4-1 Les EC pourraient-ils devenir des « courtiers » dans ces
opérations de barter ?
4-2. Les EC ne seraient pas des « courtiers » mais des
« mineurs » !
5. FILIERE OU ECOSYSTEME RELATIONNEL DE
l’ENTREPRISE ET SA MODELISATION
5-1. Entreprise et système neuronal
5-2. Un exemple réel et concret
5-3. C Q F D
5-4. DAO - Decentralized Autonomous Organization
5-5. « Smart contract » : la reproduction du
fonctionnement d'un contrat
5-6. Connaissez-vous Token ?
6. CONCLUSION GENERALE
6-1. Une prise de position différentiante de l’EC dans la filière
« services aux entreprises » ?
6.2.1. (RE)apprendre
les réflexions stratégiques
6.2.2. La profession
comptable absente du groupe de travail France STRATEGIE
6-2. Les inquiétudes de l’industrie financière
6-3. Une JV de 9 banques à l’initiative d’une start-up - R3
6-4. Quel business model pour les EC 2.0 : un modèle EBaaS (Expert
Blockchain as a Service) ?
ANNEXE 1- LE LEXIQUE DE LA BLOCKCHAIN
ANNEXE 2 : UNE CHAINE DE BLOCS EN
FONCTIONNEMENT
ANNEXE 3 Blockchain : ressources, rapports, études / Resources, reports, studies (2000-2017)
INTRODUCTION
-
les
technologies blockchain, d’une part,
-
la
« barterisation » de nos économies, d’autre part.
Les
EC deviendraient alors des « inter-preneurs »[1] en
associant ces deux « outils », ils en seraient d’autant plus
légitimes.
Les professions du chiffre, les
experts-comptables et les CAC, doivent opérer un « retournement » de leurs
fondamentaux et ne plus en s’arcbouter sur les tropismes obsolètes attachés aux
« professions libérales », aux professions règlementées, du monopole
d’exercice. L’issue de l’impasse qui se dessine pour ces professions se
trouvera dans l’appropriation totale de ces nouvelles technologies digitales,
qui, somme toute, sont des « outils » de comptabilité dans des systèmes
« collaboratifs ».
C’est bien plus qu’un changement
stratégique, c’est un changement d’ADN, une mutation génétique !
… sous peine de DISPARAÎTRE en tant que profession spécifique car noyée dans l’océan des acteurs innombrables de la filière « services aux entreprises ! C’est dans ce sens que nous utilisons le terme : « bouée de sauvetage » !
Deux faits récents, au moment de la publication, viennent compléter nos réflexions et pourraient bien renforcer encore l’évidence des menaces qui pèsent sur les professions du chiffre :
1.
France STRATEGIE[3]
a mis en place le 3 mai dernier, un groupe de travail « Enjeux des
blockchains ».
La blockchain, technologie
sous-jacente à la crypto-monnaie Bitcoin, est inscrite à son programme de
travail. Un groupe de réflexion ad hoc a été créé en vue de la production et de
la publication d’un rapport à l’automne 2017. La constitution du groupe de
travail répond au double objectif de refléter la diversité des parties prenantes
impliquées dans l’analyse des enjeux des blockchains et de réunir des experts à
même d’éclairer les problématiques sectorielles… (extrait du communiqué de
presse).
Il est tout à fait surprenant que,
dans ce groupe de travail constitué de 39 personnalités, ne figure aucun
représentant de la profession du chiffre, ni EC ni CAC ! Pourquoi ?
D’un côté, les « experts » consultés n’ont-ils pas eux-mêmes
pris conscience des fondamentaux « comptables » des technologies
blockchain pour ne s’en tenir qu’aux aspects financiers et digitaux ?
De l’autre, les EC n’auraient pas pris suffisamment la mesure de l’impact
de ces technologies sur leur métier et surtout sur l’avenir de celui-ci, comme
le laisserait supposer cet article, dans Le
Monde du Chiffre, résumant les résultats d’une étude publiée par SAGE, le
12 mai 2017[4].
2.
SAGE, leader du marché des logiciels de
comptabilité dans le cloud, publie aujourd’hui les résultats d’une nouvelle
étude internationale menée auprès de 700 experts comptables qui démontre que
les perceptions de la profession vis-à-vis de l’automatisation sont en train de
changer à mesure que ses avantages deviennent évidents. Un constat qui ouvre la
voie à une nouvelle ère dans le domaine des pratiques comptables.
Perspectives d’avenir - Un vent d’optimisme : malgré leurs craintes et leurs frustrations, les experts comptables
sont optimistes quant à l’avenir de leur profession.
96% des personnes interrogées sont
confiantes quant à l’avenir du secteur comptable et de leur fonction. 43%
pensent qu’il évoluera en raison de l’automatisation de leurs tâches administratives.
Plus de la moitié des experts comptables interrogés (53%) considèrent que leur
rôle tend à devenir plus stratégique et pensent être en mesure de prodiguer
davantage de conseils financiers et professionnels à leurs clients.
1. UNE PROFESSION EN DANGER
Les publications (études, ouvrages,
articles, projets, start-up, ...) sur le bitcoin, les crypto-monnaies, les
technologies blockchain, sont pléthoriques depuis plusieurs années ; et depuis
plusieurs années, elles
sont aussi explicites sur la nécessaire transformation de la profession
comptable.
Nous avons sélectionné tout au long de nos réflexions des extraits de plusieurs d’entre elles qui nous ont paru suffisamment édifiantes pour étayer notre propos.
En premier lieu,
nous voudrions nous référer à un article récent paru dans Le Nouvel Economiste qui reprend les propos de M. Philippe ARRAOU,
Président d’Honneur du Conseil Supérieur de l'Ordre des Experts-Comptables (CSOEC).
Le message est clair car il synthétise les « menaces » qui pèsent sur
les professions du chiffre.[5]
Celui-ci avait
également écrit et diffusé dans la profession un ouvrage « L’expert-comptable
et l’économie numérique ». Nous ne sommes pas certains que son message ait
été entendu, et pourtant la menace était explicite : « Les
experts-comptables, peut-être pour la première fois de leur histoire, sont
confrontés à un défi dont l’issue n’est rien moins que leur pérennité ».
1-1 La prérogative d’exercice comptable se dirige-t-elle vers une impasse ?
ACTUEL EC (16/03/2017) : Les logiciels participent notamment à la
tenue des comptes des entreprises, une activité que certains considèrent comme
faisant partie de la prérogative d’exercice. Mais attaquer leurs éditeurs pour
exercice illégal de la profession d’expert-comptable ferait peser des risques
énormes à différentes parties prenantes…
Pourquoi les éditeurs de logiciels de comptabilité, tels que Cegid,
Intuit, Sage ou EBP, ne sont-ils pas attaqués en justice pour exercice illégal
de la profession d’expert-comptable ?
Dans le contexte incertain et volatile des dernières années, quels sont les symptômes qui conduisent les EC vers cette « impasse » ?
1-2 Compétitivité et recréation de valeur face à la déstabilisation du numérique 1er.symptôme
XERFI -PRECEPTA a publié, en décembre
2016, une étude sur les professions du chiffre (EC et CAC) : Stratégies et
scénarios prospectifs - Compétitivité et recréation de valeur face à la
déstabilisation du numérique et aux « business models » émergents.[6]
Nous avions
commenté cette étude[7]
et les menaces et les faiblesses actuelles qui y étaient présentées :
Dans le cadre du scenario N°3 qui devrait
être celui qui vraisemblablement sera joué dans les 3 prochaines années, il
sera question de revoir en profondeur « le cœur du métier du
chiffre » c’est-à-dire le « traitement des données chiffrées/
chiffrables » de l’entreprise-cliente.
De la saisie jusqu’à l’établissement de la
liasse fiscale (saisie-qualification- révision-établissement des comptes –
bilan -certification- déclarations -télétransmission-tableaux de bord -
indicateurs de gestion prévisionnelle etc....), ces opérations sont toutes
automatisables bénéficiant de plus en plus des outils d’IA et peuvent donc
limiter à leur plus simple expression les interventions humaines (du comptable
de base jusqu’à l’EC).
1-3 La déréglementation des métiers du chiffre- 2ème symptôme
Une profession
qui reste (pour combien de temps encore ?) règlementée mais la réglementation n’est pas un rempart à
l’uberisation qui est un risque bien réel pour les cabinets d’expertise
comptable traditionnels.
En effet, la
comptabilité repose sur des data à collecter et à exploiter en continu puis à
restituer sous une forme particulière pour satisfaire aux exigences
réglementaires. Avec les technologies de dématérialisation, avec le cloud
computing, le Big Data et les avancées dans le domaine de l’intelligence
artificielle, il ne fait aucun doute que
la machine deviendra dans l’expertise comptable plus forte que l’homme.
Ainsi, la menace qui guette l’expertise comptable, ce n’est pas l’uberisation,
mais plutôt sa robotisation via des plateformes numériques.
En particulier la fin du monopole sur la tenue et l’arrêté des comptes ainsi que l’essor des technologies liées aux data (intelligence artificielle, Big Data, blockchain, etc.) ont suscité l’apparition et le développement de nouveaux acteurs dans les services de comptabilité, créant « de facto » les conditions pour placer les acteurs traditionnels dans une impasse.
XERFI
C’est
le cas des éditeurs de logiciels de gestion qui ne font finalement qu’intégrer
verticalement la filière. C’est le cas aussi potentiellement des GAFAM. Les
banques, pour leur part, décident de mieux valoriser leurs données et de
construire des services de comptabilité qui leur permettent au passage de se
rapprocher de la clientèle des TPE et professionnels. Quant aux grandes
compagnies d’assurance, elles ont élaboré des produits d’assurance qui viennent
se substituer totalement à l’audit légal des comptes, en prenant soin également
de s’appuyer sur la technologie blockchain…
(…°) Les éditeurs de logiciels et les GAFAM
feront main basse sur les services de comptabilité.
La fin du monopole prévu dans ce 3e scénario ouvre la porte à une désintermédiation totale des Cabinets d’expertise comptable.
Si une forme de
« rabâchage » est sans doute nécessaire dans une profession qui
reste, malgré tout, ancrée dans sa zone de confort, pour repositionner les
problématiques de vulnérabilité émergentes depuis plusieurs années, dans cette
nouvelle étude XERFI sont remises en lumière, avec plus d’intensité et de
lucidité que dans ses précédents rapports, les
évolutions des fondamentaux de ces professions qui se sont transformés en
facteurs de « faiblesse ».
Eléments historiques de
stabilité de la filière « chiffre », ils apparaissent de plus en plus
comme de nouveaux facteurs de risques par l’inertie qu’ils peuvent induire.
Dans cette étude XERFI, est sous-jacent le constat d’une véritable « destruction/création » du marché du chiffre tel qu’il se définit actuellement si de nouveaux choix stratégiques, selon la segmentation des cabinets, ne sont pas élaborés pour transformer et adapter les « business models » traditionnels...
De nouveaux modes de création de valeur pourraient s’imposer
demain compte tenu de l’hyper-compétition qui se profile dans les services aux
entreprises, de la nécessité de renouveler les propositions de valeur et de la
transition digitale.
Les experts-comptables, figures tutélaires des chefs d’entreprises, deviendraient alors les acteurs pivots d’écosystèmes d’affaires réunissant des commissaires aux comptes, avocats, consultants, banquiers, fournisseurs de technologies, out sourceurs spécialisés, etc.
1-4 La guerre des comptables et des robots aura-t-elle lieu ?-3ème symptôme
La profession est décrite comme l’une des plus menacées par l’automatisation. Un fait qui conduit les cabinets d’expertise-comptable à se recentrer sur le conseil et la relation client.
Les
comptables et expert-comptable sont-ils menacés, à terme, par la
robotisation ? (28
avril 2017 Le Monde) [8]
Si
l’on en croit une étude[9]
de l’université d’Oxford de 2015, qui avait inspiré à la BBC un outil
permettant d’évaluer ce risque[10],
la probabilité est de 95 % pour les experts-comptables (chartered and certified accountants),
tandis que celui de comptable en entreprise faisait partie des dix métiers les
plus à risques (avec une probabilité d’au moins 97 %), tout comme d’autres
métiers connexes dans la paie, la gestion des ventes, la finance…
Et
l’hypothèse n’est plus virtuelle : EDF expérimente trois robots
comptables, avec l’objectif de leur confier, à
compter de
2018, des activités répétitives et chronophages.[11]
7
métiers qui vont disparaitre (20 janvier 2017 – 7x7 Press)[12]
Informatisation,
automatisation, robotisation... Autant de termes pour une seule et même réalité
: notre remplacement progressif par des machines.
« La
vitesse à laquelle nous découvrons de nouveaux moyens d'économiser de la force
de travail dépasse celle à laquelle nous découvrons de nouveaux moyens
d'employer cette force de travail », disait John Maynard Keynes. Voilà le point
de départ d'une étude, baptisée « Le futur de l'emploi : quels sont les métiers
qui peuvent le plus facilement être informatisés ? » et menée par deux
chercheurs de l'université d'Oxford, Carl Benedict Frey et Michaël Osborne. Ils
affirment que 47 % des métiers seront automatisés d'ici vingt ans et ont dressé
une liste des professions les plus menacées parmi les 702 étudiées. Celles qui
suivent ont au moins 90 % de chances d'être remplacées par une machine.
(…)
En matière de mathématiques, n'essayons même pas de concurrencer les machines. Calculer, c'est ce qu'elles font de mieux. L'étude de l'université d'Oxford a ainsi évalué les différents métiers en fonction des neuf qualifications professionnelles les moins accessibles aux robots que sont la clairvoyance sociale, la négociation, la persuasion, l'assistance aux autres, l'originalité, le sens artistique, la dextérité des doigts, la dextérité manuelle et la capacité à travailler dans un espace exigu. Voilà ce qu'il nous reste. Pour revenir aux comptables, leur remplacement est déjà d'actualité : le Financial Times révélait en 2014 que les groupes Baker Hugues et Shell s'apprêtaient à déployer un programme d'intelligence artificielle baptisé Amelia pour travailler à la place des comptables... Les cols blancs n'ont qu'à bien se tenir !
Les entreprises reprochent à leur
expert-comptable de ne pas être assez proactif (09 /01/2017 – SAGE)
Comment jugez-vous l’impact de nouvelles
technologies, telles la blockchain, sur les experts-comptables ?
Les experts-comptables doivent
"domestiquer" la blockchain pour en faire un outil à leur service. La
blockchain est un nouveau tiers de confiance ; cette nouvelle technologie
limite les intermédiaires. Le rôle de la profession est de rester au centre des
flux : elle doit utiliser la blockchain pour sécuriser ses échanges. Pourquoi
pas une blockchain privée pour certifier les transferts d’informations de
l’écosystème des professionnels ? Mais si la confiance numérique est apportée
par cette nouvelle technologie, elle ne fait qu’appuyer la confiance réelle que
les TPE ont dans leur expert-comptable.
Quelles autres technologies peuvent
bouleverser le rôle des experts-comptables ? Les experts-comptables sont déjà
matures sur le cloud et le Saas. De même sur l’OCR embarqué, l’utilisation des
métadonnées ou encore l’intelligence artificielle. La plus grosse révolution à
venir concerne les logiciels en ligne et le full Saas. Et ce à des coûts très
bas. C’est la mise en place de tout un univers interconnecté entre les
solutions des entreprises et celles des experts.
Brigitte Billerot, directrice marketing de
Sage, livre son analyse des attentes des TPE-PME concernant leur
expert-comptable, suite à une nouvelle étude sur le sujet. (2017-01-09 ACTUEL
EC Etude SAGE client et numérique - Voir aussi SAGE GUIDE La fonction comptable
au cœur de la transformation numérique de l’entreprise).
Mais les EC restent confiant sur l’avenir
de leur profession où parait-il souffle « un vent d’optimisme » (étude
SAGE précitée) !
1-5 Une offre 100% digitale ?[13] 4ème symptôme
XERFI
Les cabinets traditionnels sont à l’affût de
toutes les opportunités offertes par les nouvelles technologies sur le marché
de la comptabilité, de la paie voire de l’audit : redéfinition des méthodes de
travail, fourniture de nouveaux services aux entreprises adaptés à leurs
nouveaux besoins (avec l’aide d’outils/plateformes collaboratives en ligne
comme Evoliz créé par le groupe Orcom ou encore de Fizen Expert porté par Strego).
Cette digitalisation du cabinet peut aller
jusqu’à la mise au point d’une véritable offre 100% en ligne : Ça Compte pour
Moi de la Compagnie Fiduciaire, Eazy by Mazars, Compta In Touch de la
fédération d’AGC Cogedis. Parmi les technologies numériques disponibles sur le
marché, les experts-comptables utilisent souvent des solutions basées sur le
cloud computing. Ces dernières revêtent en effet de nombreux avantages :
- elles sont accessibles par les membres des
cabinets et les clients en tous lieux, sur ordinateur et Smartphone ;
- elles sont dotées d’un espace de travail
collaboratif permettant de communiquer et d’échanger des documents ;
- elles permettent d’automatiser certaines tâches (comme la saisie des pièces comptables) et de disposer de données actualisées en temps réel.
1-6 . CONCLUSION
ADQ8 – Bilan, questionnement et diagnostic.
Si les EC sont « à
l’affût » des nouvelles technologies, le risque reste proportionnel à
leurs développements, celui de les voir les remplacer !
Ce n’est pas la première fois que de nouvelles orientations des modèles stratégiques sont exposées par XERFI-PRECEPTA et recommandées, au cours des dernières années, au rythme d’une étude tous les deux ans sur la profession comptable ![14] Et comme nous l’indiquions dans l’introduction, les publications sur le bitcoin, les crypto-monnaies, les technologies blockchain, sont pléthoriques.
Mais on constate que les EC
restent de grands « absents », ou plutôt affichent une
« implication restreinte » à propos des technologies Blockchain dans
les publications.
L’interview de M. ARRAOU dans Le Nouvel Economiste ainsi que son ouvrage « L’EXPERT-COMPTABLE ET L’ECONOMIE NUMERIQUE » font figure d’exception.
Et si les technologies
blockchain sont évoquées dans l’étude XERFI, nous n’avons pas recueilli
beaucoup de manifestations d’intérêt ou d’articles de la part de la profession
comptable, même si quelques initiatives se font jour (cf. Infra Yesaccount)
Ainsi, depuis, la question
existentielle fondamentale reste récurrente et sans véritable réponse : Pourquoi cette position « pivot
d’écosystèmes d’affaires », non règlementée, resterait-elle réservée dans
leur prérogative d’exercice aux EC ?
TOUTE LA PROBLEMATIQUE
ACTUELLE DE LA PROFESSION COMPTABLE RESIDE DANS LES REPONSES QUI SERONT
APPORTEES A CETTE QUESTION.
Alors, quels
« créneaux » dans le marché des services aux entreprises resteront
« ouverts » et accessibles aux EC actuels ?
Les cabinets EC
ne pourront pas assurer la pérennité de la valeur ajoutée du modèle économique qui
reposerait alors sur uniquement le social, le conseil fiscal et l’audit. Et le
leitmotiv revient... « il nous
faut retrouver des facteurs de croissance »....
Le conseil à valeur ajoutée[15],
certes, mais il s’agit d’un marché libre (non règlementé) ouvert à toutes les
professions et en concurrence pleine et entière... ajoutons
« féroce » !
Il y a environ 20000 sociétés d’EC en France et les organismes (cabinets, sociétés, associations, ...) de conseils aux entreprises, incluant des start-ups digitales, « licornes » ou non, approchent très vite les 100000 ![16] (et ne sont pas exclusivement françaises !)
La profession
comptable dans ce domaine dispose de peu de facteurs de différentiation exception
faite de la proximité et du facteur « confiance » de ses clients. Les
articles mentionnés en note, écrits par deux dirigeants de CAP GEMINI, sont
édifiants pour réaliser que l’accès à ce marché du conseil « à haute
valeur ajoutée » sera (très ?) difficile pour les EC ! Cependant
ce facteur « confiance » pourrait être maximisé (mais cet aspect n’est pas exclusif) dans le cadre des
technologies blockchain et des systèmes « Barter ». !
Dans un système
blockchain, la confiance dans les acteurs n’est plus nécessaire, c’est le
réseau lui-même qui est le facteur de confiance car il est infalsifiable.
Nous avons évoqué en introduction le paradoxe de la filière chiffre : retournement et refondation totale de la PROFESSION comptable... mais non des METIERS du chiffre !
Nous soutenons donc, et c’est le but poursuivi que :
a)
Les
métiers du chiffre se reconvertissent en/et
deviennent « métiers-experts des technologies blockchain »
b)
La Profession Comptable se positionne et s’approprie
« la niche différentiante »
de la barterisation des échanges interentreprises, activité dans laquelle il
est indispensable que « la confiance » reste portée par des
« relations humaines », capital
immatériel mais non digital des EC ! La notion de confiance dans
« son » EC reste résiliente
chez les entrepreneurs... et dans ce cadre, la « confiance »
redeviendrait le « plus » humain...
Voici donc la conclusion de notre raisonnement : deux « bouées de sauvetage » pour une PROFESSION qui se réorganiserait autour d’une double « expertise » (et il ne sera plus nécessaire de s’abriter ni derrière une règlementation ni derrière un monopole) et de ses METIERS du CHIFFRE, dont le capital confiance ne demande qu’à être revalorisé et pérennisé :
1.
Les technologies blockchain,
2. La « barterisation » des échanges interentreprises.
2. PREMIERE BOUEE DE SAUVETAGE : LES TECHNOLOGIES BLOCKCHAIN
La blockchain est
un nouveau type de système de base de données qui permet à plusieurs parties de
partager l’accès aux mêmes données, pratiquement en même temps, avec un niveau
sans précédent de confiance. Initialement, la technologie blockchain (en fait,
un ensemble de protocoles informatiques) a été mise au point pour permettre la
création d’un système sécurisé des échanges de la cryptomonnaie
« bitcoin » par une personnalité « hypothétique », Satoshi
Nagamoto.
Une blockchain fonctionne selon 5 principes :
·
Un « GRAND
LIVRE » numérique (public ou privé) créé
conventionnellement et par adhésion (DAO et smart contracts) par des « acteurs
participants » (les pairs c-à-d tout le monde et n’importe qui) qui se
conforment aux règles de cette blockchain établies par les
« initiateurs » dans une communauté ou un secteur donné.
·
Une base de données
sécurisée, contient une trace indélébile de tous les
échanges qui sont intervenus entre les utilisateurs de la blockchain depuis sa
création et de fiabiliser des échanges d’informations de façon décentralisée. Une transaction est unique et singulière et
exclusive sur son objet entre 2 parties ; c’est ce que garantit le réseau.
·
Une base de données
distribuée (Peer-to-Peer
Transmission) où toutes les données sont cryptées. Les transactions
« blockchain » sont sécurisées
par des algorithmes et non plus par le biais d’un tiers de confiance. Cette
base de données est distribuée parmi
tous ses membres, chacun disposant de la totalité de cette base et qui doit
être identique à un moment M à chaque moment où un block est ajouté à la
chaine.
·
Transparente mais
avec des Pseudonymes (clés cryptographiques) Un système de confiance qui permet de garantir la traçabilité d’un
échange. Mais non pas confiance dans un
« tiers » contrôleur règlementé ou un « courtier » mais
dans le système lui-même et ses codes parce que une fois structuré il n’y a
plus d’intervention « humaine » possible ! La technologie blockchain
s’inscrit dans une logique « digitale » informatique
· Les enregistrements sont Irréversibles -La blockchain est infalsifiable et permanente. Le caractère « infalsifiable » de la blockchain est assuré par une clé d’accès basée sur un système de cryptographie asymétrique (clé publique/privée
En annexe, le petit glossaire blockchain.
En rapprochant
les explications fournies par les « experts » et les journalistes,
cette description du GRAND-LIVRE expose exactement ce qu’est la (une)
blockchain si on « traduit » en langage comptable.
Une blockchain est donc un « GRAND-LIVRE »[17] (ledger) commun à un groupe d’acteurs « libres et égaux en droits », créé par ce groupe en établissant les règles de fonctionnement (DAO[18] et smart contracts- voir ci-dessous) de ce GRAND-LIVRE.
Plutôt que d’être établi par un EC prestataire pour enregistrer la comptabilité d’une entreprise, ce GRAND-LIVRE devient le GRAND-LIVRE numérique commun à tous ses « membres-entreprises » participants, transparent ouvert à tous, décentralisé, puisque tous ses membres peuvent devenir aussi être des « mineurs ».
Comme un GRAND-LIVRE, une blockchain représente la transcription
sur un document unique de la totalité des mouvements de la comptabilité et des
transactions entre et commun à tous ses membres.
L’identification de chaque partie (acheteurs, vendeurs) s’effectue par un
procédé cryptographique;
La transaction est envoyée à un réseau (ou « nœud » de stockage)
d’ordinateurs situés dans le monde entier (plutôt qu’aux EC) ;
Chaque « nœud » héberge une copie de la base de données dans lequel est
inscrit l’historique des transactions effectuées. Toutes les parties prenantes
peuvent y accéder simultanément ;
Le « système » de sécurisation[19] repose sur un mécanisme de consensus de tous les « nœuds » à chaque ajout d’informations. Les données sont déchiffrées et authentifiées par des « centres de données » ou « mineurs ».
Ainsi, on pourrait
dire que chaque « page » de ce GRAND-LIVRE est un bloc d’écriture des
comptes des entreprises membres identifiées par leur code d’accès et une clé
numérique pour chaque couple de lignes : par exemple à chaque compte
411-client pour un compte E doit correspondre un compte 401-fournisseur pour
l’entreprise contrepartie avec les soldes Débit/Crédit pour chacun.
Quand chaque page est « pleine » (variable) elle devient donc un « bloc » ajouté par le « mineur » à la suite des pages précédentes (comme dans un grand livre « papier » le solde fin de page précédente, reprise en tête de la page suivante) etc... D’ailleurs un grand livre « papier » organise aussi une « chaîne » puisque chaque solde de fin de pages repris en début de page suivante doit être « ininterrompu » et il n’est pas « possible » de changer ni une ligne ni un solde sans devoir changer l’ensemble des pages « suivantes » du GRAND-LIVRE.
La construction d’une chaîne de blocs :
·
La construction d’une chaîne de blocs se fait en
un cycle de deux étapes répétées indéfiniment. La première, la construction
d’un bloc, équivaut à reporter sur une page les nouvelles écritures qui
arrivent, puis à sceller définitivement cette page en construisant son en-tête.
La deuxième consiste à ajouter cette nouvelle page au registre de façon
irréversible.
· Ces opérations peuvent très bien être réalisées par un seul et même ordinateur. La véritable originalité des blockchains et des systèmes qui en dérivent, qui leur donnent leurs qualités uniques mais aussi leur complexité, est d’être implantés sur un réseau « pair à pair » ouvert. Ouvert parce que tout possesseur d’un ordinateur peut à tout moment se joindre au réseau sans avoir à demander d’autorisation à quiconque. Pair à pair parce que chacun peut choisir librement la ou les fonctions qu’il veut y assumer, y compris les plus centrales. Dans un tel réseau, il n’existe pas de point de contrôle central ni même de nœuds privilégiés. C’est dans ce sens qu’on peut dire que les « pairs » sont libres et égaux en droit.
2-1 Le paradigme de SATOSHI NAKAMOTO
Plus l’être humain est libre,
autonome et responsable et plus il est à même de produire des mécanismes de
consensus efficaces conduisant à un ordre juste.
La plupart des systèmes de
gouvernance actuels partent du principe que seul un ordre
hiérarchique et centralisé permet de maintenir la cohésion d’une société
humaine : l’incroyable succès du réseau Bitcoin démontre le contraire.
C’est là où est le changement de paradigme proposé par Satoshi Nakamoto : passer d’un système pyramidal et centralisé – où l’entropie devient pourtant maximale – à une société de réseau, décentralisée, gérée par l’ordre spontané.[20]
Satoshi Nakamoto avait parfaitement conscience du nerf de la guerre, mais s’attaquer au « système » ne fait aucun sens. Proposer une alternative sous la forme d’une monnaie (bitcoin)et d’un réseau de paiement accessibles à tous est une bien meilleure idée ; se baser sur Internet, la décentralisation et la cryptographie afin d’en assurer son intégrité, sa sécurité et sa résistance à la censure, une révolution.
2-2 Où se placent les technologies Blockchain dans le paysage des métiers du chiffre ?
L’étude XERFI PRECEPTA précitée évoque de manière générale mais explicite, les principaux éléments de réponse à ces questions.
2.2.1. FEC et Blockchain
Les métiers du chiffre sont les premiers concernés par ces évolutions en matière d’analyse de données. La dématérialisation des flux liés à la comptabilité (factures fournisseurs, paiement des clients, etc.) avec dernièrement le Fichier des Écritures Comptables ou FEC, ouvre d’immenses opportunités pour industrialiser les contrôles et réduire les coûts de production des cabinets, notamment lors des missions d’audit.
XERFI
Rappelons que le FEC a été introduit par la loi de finances
rectificative pour 2012 : celle-ci oblige les entreprises (hors régime micro),
et leurs éventuels experts-comptables, à fournir une comptabilité informatisée
et standardisée à l’administration fiscale.
Cette dématérialisation de la comptabilité à marche forcée a
des effets d’ordre stratégique sur les professionnels du chiffre : le FEC permet
une analyse exhaustive des données par un auditeur ou un expert-comptable
(amélioration de la valeur perçue) ;
- le FEC oblige à une homogénéisation lors de la saisie
comptable entre les collaborateurs des cabinets (gains de productivité
potentiels) ;
- le FEC apparaît comme un véritable standard de
communication et de diffusion de la comptabilité. Il facilitera la transmission
de la comptabilité lors d’un audit ou encore entre cabinet
d’expertise-comptable ou une AGC si le client souhaite changer de prestataire
(c’est donc aussi une menace). Il simplifiera aussi la migration d’un logiciel
à un autre au cas où un cabinet souhaiterait changer de fournisseur de
logiciels de gestion (le FEC redonne ainsi du pouvoir de marché aux cabinets
face aux fournisseurs de technologie) ;
- le FEC donne la possibilité de réaliser une analyse
financière plus fine des TPE/PME car il se base sur des données plus précises
que la liasse fiscale (amélioration de la valeur perçue des prestations de
conseil en gestion) ;
Enfin, il devient possible de réaliser des audits totalement
informatisés (e-audit) à des fins fiscales et financières (gains de
productivité).
Par la standardisation du format des fichiers de données
comptables, le FEC autorise notamment l’utilisation d’outils de data mining. En
permettant aux cabinets de trier les données, de les comparer et de les
rapprocher avec d’autres sources d’informations, les outils de data mining
aideront de plus en plus à la détection des incohérences et des fraudes. Utilisés
ensemble, FEC et data mining vont alors accroître l’efficacité opérationnelle
des cabinets en améliorant les gains de productivité (gains de temps sur les
audits). En revanche, ils accéléreront aussi les pressions déflationnistes…
2.2.2. La technologie blockchain pour automatiser l’audit légal
Les Big 4, dont le domaine de prédilection est l’audit, s’intéressent de très près à la blockchain car son impact est colossal sur le cœur de leur activité. D’un côté, elle offre la possibilité d’automatiser une grande partie de l’audit légal des comptes des entreprises et donc d’améliorer leur efficacité opérationnelle. De l’autre, elle menace potentiellement de les faire disparaître.
À ce jour, le sujet intéresse plus particulièrement les grands noms de la finance, les Big 4[21], les géants de l’informatique jusqu’aux gouvernements. Les enjeux sont considérables notamment en matière de définition de normes et de standards et chacun veut pouvoir faire valoir ses droits.
Mais en réalité,
la blockchain trouve des applications dans de très nombreux secteurs en plus
des banques/assurances et de l’audit : immobilier, énergie, santé, transport,
etc.
2.2.3. Blockchain : vers une redéfinition du métier d’auditeur ?
En donnant la possibilité à un registre d’auto-valider les écritures comptables grâce à un contrôle automatique et en temps réel, la blockchain remet fondamentalement en cause le rôle actuel des auditeurs (mais aussi celui des banques, des notaires, du cadastre, des huissiers, des greffes, etc.).
Si ce registre (qui s’apparente à un registre notarial) était partagé par toutes les entreprises, il permettrait de rendre les comptes des sociétés beaucoup plus transparents ce qui rendrait le travail des auditeurs superflu. Le projet Balanc3 aux États-Unis s’intéresse d’ores et déjà à ce type d’application.
L’introduction de la technologie blockchain dans la réalisation des missions d’audit va ainsi automatiser la mission de vérification des comptes stricto sensu, et donc réduire fortement les coûts des cabinets. Ils devront sans doute parallèlement renforcer leur rôle de conseil et d’accompagnement auprès des dirigeants. Moins centrés sur les chiffres et sur le passé des entreprises, les auditeurs devront être davantage tournés vers l’avenir et donc sur des missions de conseil à plus forte valeur ajoutée (stratégie, transformation des entreprises, etc.). Par ailleurs, les cabinets d’audit devront se forger des compétences plus technologiques, notamment informatiques, pour par exemple vérifier la sécurité du registre.
2.2.4. Des produits d’assurance : une porte ouverte sur l’uberisation de l’audit !
Des produits d’assurance seront spécifiquement conçus pour couvrir l’activité de l’entreprise, ses locaux, son matériel, ses salariés le cas échéant, son dirigeant, etc. Les besoins à pourvoir sont très nombreux.
XERFI
La libéralisation des métiers du chiffre, et
en particulier de l’audit légal des comptes, ouvrira alors aux compagnies
d’assurance un champ concurrentiel considérable. En effet, l’obligation de
faire expertiser ses comptes (obligation qui concerne les entreprises d’une
certaine taille (en France) sera remplacée par un système d’assurance puisque
l’objectif final d’une mission de certification des comptes est bien de
garantir la cohérence et la vraisemblance des comptes au profit des banques ou
des investisseurs (notamment). Des produits d’assurance donneront alors la
possibilité aux dirigeants d’assurer leurs comptes plutôt que de les faire
certifier.
Pour renforcer ce système et inciter à des
comportements vertueux, les compagnies d’assurance proposeront en complément la
technologie blockchain. S’apparentant à un véritable registre notarial
dématérialisé et accessible à tous, la blockchain permettra de rendre les
comptes des sociétés beaucoup plus transparents. En effet, chaque donnée
comptable sera alors enregistrée au fil de l’eau dans ce registre public et
partagé par tous.
Celui-ci auto-validera ensuite l'écriture,
certifiant de facto les comptes de l’entreprise. Bien sûr, la bataille avec les
Big 4 s’annonce terrible : en plus de projets en interne (comme Deloitte), ces
derniers réfléchissent dès à présent à créer un consortium pour anticiper les
impacts de la technologie blockchain et évaluer ses opportunités.
2.2.5. : Blockchain : une technologie informatique de comptabilité
Que peut-on retenir ? Un « NOUVEAU » FONDAMENTAL ! La blockchain est d’abord une technologie informatique de « comptabilité ». Ce constituant essentiel n’est pas suffisamment mis en lumière y compris par les EC eux-mêmes ! Ce qui semble paradoxal !
Il est
d’ailleurs préférable d’utiliser le pluriel : « les » technologies blockchain peuvent être (et seront) utilisées
dans une grande variété d’applications qui sont en plein développement.
Elles servent à comptabiliser (cryptographiquement) des opérations chiffrées (en principe des transactions c’est-à-dire des échanges) à l’image du « GRAND LIVRE[22] » d’une entreprise. Une blockchain est avant tout un « grand livre comptable ». En revanche ce grand livre n’est pas attaché à une seule entreprise, il est commun à tous ses membres. Il est « actif » (irréversible, infalsifiable, permanent voir infra) et enregistre « à la queue leu leu [23]» les blocks de transactions. (voir par exemple : La Blockchain a le potentiel de transformer le trading d'actions", selon Moody's Par Delphine Cuny 14/04/2017, )[24]
Mais tout ceci
est insuffisant, il ne faudrait pas réduire les technologies blockchain à la
simple dématérialisation-digitalisation du fonctionnement des entreprises, de
l’économie et des systèmes d’information comptables et financiers ! Même
si des suggestions, propositions qui restent partielles (à notre avis) sont
avancées dans la profession :
En assurant la fiabilité de tout le réseau,
les milliers de « mineurs » permettent à la blockchain de créer de la confiance
entre deux parties sans recourir à un tiers. A l’instar du « big data » ou de
l’intelligence artificielle, il est encore tôt pour savoir à quel point les
applications de la blockchain vont révolutionner nos sociétés et nos pratiques
professionnelles. Mais une chose est sûre, la blockchain représente une
opportunité inédite de transformer notre système et de repenser le rôle et les
missions des tiers de confiance. Pour les auditeurs, comptables et consultants,
la réflexion doit s’engager, nous n’y échapperons pas !
(voir La
Profession Comptable N°408 - Février 2017 - Une
possible révolution des systèmes comptables - La comptabilité en partie triple.
Et Blockchain : une nouvelle forme de
confiance ? Stéphane Raynaud).
Les
technologies blockchains détiennent un potentiel pour révolutionner le système
économique mondial en profondeur. Mais il reste encore plusieurs étapes avant
qu’elles prennent leur envol[25]
Les blockchains vont provoquer un changement de paradigme dans l’économie, sans devoir faire un détour par des intermédiaires et à travers la convergence avec d’autres technologies comme le cloud, l’intelligence artificielle, les objets connectés, etc.
Les blockchains vont écraser
le monde économique comme un tsunami[26].
Les « blockchains » qu’elles soient privées ou publiques seront à l’origine d’une NOUVELLE ECONOMIE fondée sur les potentialités de cette technologie « web ». Elles viennent apporter des structures d’enregistrement sécurisées sur le web à des échanges économiques « désintermédiés ».
« La technologie
derrière Bitcoin pourrait transformer la façon dont fonctionne l'économie :
article fondateur de « The Economist » 31 octobre 2015[27].
2.2.6. La polyvalence de la blockchain
- Une blockchain est donc bien un outil comptable
commun et partagé, enregistrant les transactions, les « actions »,
les « opérations » entre les membres (nœuds) du réseau.
- Un outil de gestion (base de données, big data, statistiques,
évaluation, audit-contrôle de gestion...
- Un outil permettant des échanges sécurisés, de valeurs exprimées sous diverses formes :
·
En unités de compte (selon la filière
voir commentaires) ;
·
En unités monétaires : fiat[28]
ou cryptomonnaies ou autres voir articles (rôle de la monnaie) monnaie privée (monnaie
légale ou non-légale, locale etc.) ;
·
En valeur intrinsèque (transferts d’actifs)
actif physique comme les matières premières actif financier, autre classe
d'actif…) ;[29]
· En produits/services de compensation (barters) c’est ce potentiel que nous avons identifié comme deuxième « bouée de sauvetage » pour les EC !
- Un outil « juridique » :
·
D’enregistrement et d’authentification sécurisé
de transactions (registre notarial- acte « authentique » : une
blockchain est en principe « infalsifiable ».
·
Authentifiant un ensemble de contrats
d’adhésion (DAO[30] + Smart
contracts) ouverts à tous et n’importe qui, qui adhère à ses règles, soit
publique ouverte soit privée réservée à des « membres ».
· Un outil juridique permettant des échanges de « droits » selon « l’objet » de la blockchain. (cf. échanges de valeurs) [31]
LA TRIBUNE : Blockchain, smart contract, ou la promesse encore floue d'une révolution de la finance[32]
La reproduction du
fonctionnement d'un contrat
Le
smart contract
(contrat intelligent/malin) est un petit programme reproduisant le
fonctionnement d'un contrat : un accord volontaire, pour échanger un bien ou un
service selon des clauses prévues à l'avance -dépendant parfois d'événements
extérieurs. Le smart contract tire une partie de sa force de son automaticité.
Les acteurs "chargent" les montants à échanger dans le programme puis
ne peuvent plus se dédire de leur engagement. Une fois lancé, le programme
effectue la transaction sans intervention humaine, selon les clauses prévues
initialement. Par exemple, un contrat intelligent pourrait permettre de faire
des paris sur une course hippique entre deux inconnus, sans intermédiaire. Les
deux parieurs versent leur mise initiale au contrat intelligent -et ne peuvent
plus la retirer-, puis indiquent leur tiercé gagnant. Le contrat intelligent
attend ensuite la course, collecte directement son résultat d'une source
certifiée, détermine le gagnant et lui verse l'argent.
Le
contrat intelligent peut bien sûr tirer profit d'un support informatique
décentralisé, infalsifiable par les parties en présence et permettant un accès
sécurisé. L'idée d'utiliser les blockchains, pas seulement pour un simple
registre de devise, mais comme support des contrats intelligents est donc venue
naturellement à certains informaticiens baignant dans le milieu des bitcoins.
L'un
d'entre eux, Vitalik Buterin, un jeune Russo-canadien de 23 ans, a lancé en
2015 une nouvelle infrastructure blockchain open source, Ethereum, permettant
d'exécuter un langage (Solidy, proche du javascript), adapté aux contrats
intelligents. Le langage permet de créer des formulaires pour saisir les
caractéristiques du contrat, de coder les clauses conditionnelles s'appliquant
jusqu'à la fin du contrat, d'effectuer des versements. Cette plateforme et ce
langage permettent donc à chacun de programmer puis de déployer des contrats
intelligents répondant à leurs besoins.
Contrats
intelligents, registre unique décentralisé, opérations automatiques,
identification publique cryptographique ; depuis maintenant trois ans ces
différentes briques s'accumulent donc, sans que l'on soit encore sûr de celles
qui vont être utilisées et comment elles pourront l'être.
- Un outil collaboratif : une blockchain est un réseau de pair à
pair. Dans un réseau pair à pair ouvert, plus le nombre d'opérateurs
indépendants répartis sur tous les continents est élevé et plus les règles
sur lesquelles les utilisateurs fondent leur confiance seront respectées
(cf. point précédent).
- La notion /concept de « smart contracts » existait en
dehors des technologies informatiques. On peut les mettre en parallèle
avec les contrats d’adhésion et les conditions générales de fonctionnement
des différents marchés de cotation sur les bourses de valeurs et de
matières premières.
Exemple : Le High Frequency
Trading (HFT), trading à haute fréquence est un type de trading où les transactions
sont effectuées à grande vitesse par des logiciels informatiques se basant sur
des algorithmes mathématiques. En Europe, 35% des transactions sont réalisées
avec le HFT. Aux USA, le HFT représente déjà 70% des volumes échangés sur le
marché des actions. Les transactions étant automatisées, en cas de krachs la
chute est encore plus rapide comme ce fut le cas durant la crise financière de
2007, justement parce que l’intervention humaine n’existe plus... un bien ou un
mal ? Tout dépend du point de vue : perdant ou gagnant et certains y
ont gagné beaucoup !!
Une DAO pourrait
être comparée aux règles de fonctionnement sur les bourses d’échanges (IPE,
NYMEX, CBoT, et divers systèmes d’échanges « otc »....
La plupart de ces
« bourses d’échanges » ont recours à une organisation de gouvernance
interne, des courtiers agréés, à une ou plusieurs chambres de compensation
(clearing houses) parfois des « dépôts de stockage agréés (LME), des
banques de financements, des compagnies d’assurance etc. En fait des
intermédiaires en principe dits « tiers de confiance ».
Les unités de compte
(cf. supra ce qu’est aussi un bitcoin) sont les quotités, les unités de trading
(tonnes, once troy, flask, long tons, boisseau, barils, les C/P dans les
affrètements maritimes, tous les contrats-types standards en fait !).[33]
Selon Jacques
Favier[34] : « Le bitcoin est une monnaie pivot et de
réserve dans le cyberespace. Il a la possibilité de jouer un rôle d’étalon. »
Pour Alexis Collomb, professeur de finance au CNAM et chercheur spécialisé dans la blockchain : « Le bitcoin dispose de l’avantage indéniable du premier entrant. En huit ans d’existence, il a certes connu des hauts et des bas, mais le système n’a pas mal tourné. En termes d’inclusion financière, les crypto-monnaies représentent une révolution ».
Les deux véritables risques
« techniques » sont :
- la rupture des infrastructures du web (les câbles),
- la rupture énergétique (énergie électrique).
Mais il faudrait alors que ces deux ruptures (simultanées ou non) soient « mondiales » et « complètes ». En effet les réseaux câblés intercontinentaux de par leur répartition géographique disposent pratiquement toujours d’itinéraires « bis » pour véhiculer les données. C’est cette architecture qui définit le réseau grille, filet ou... en toile d’araignée (web). Il semble toutefois possible « d’orienter » ces itinéraires « bis ».
Exemples
L’atelier
mondial du Bitcoin en Chine :
Le
minage génère des recettes, mais il comporte aussi des coûts. Et ce n’est que
si la balance coûts/bénéfices est favorable que l’opération est rentable. Les
coûts sont fonction de la puissance de calcul installée et de l’énergie qu’il
faut dépenser pour faire tourner les machines et les refroidir 24 heures sur
24. D’où la localisation du minage dans certains pays nordiques, comme la Norvège
ou l’Islande, où le refroidissement coûte moins cher grâce aux températures
ambiantes, ou en Chine, dans des sites proches des centrales au charbon ou des
barrages hydroélectriques où le prix de l’électricité est le plus bas, voire
gratuit si le mineur local parvient à acheter le bon vouloir de la centrale
voisine moyennant quelques accommodements et cadeaux (en bitcoins ?). Silence
assourdissant des écolos sur cet aspect du problème ! De plus, les ingénieurs
chinois sont les moins chers du monde à compétence égale. Il n’y a pas un seul
mineur en France…extraits le Nouvel
Economiste Publié le 09/03/2017 Le Bitcoin, un jeu d’enfant 3/3 Actif spéculatif ou
future ‘digital gold’
Une
belle utopie NE Monnaie virtuelle La vraie nature du bitcoin Après le
e-commerce, la e-monnaie ?
Philippe
Plassart 04/09/2014
Que
de vertus pour une monnaie Internet idéale : mondialisée, désintermédiée,
techniquement fiable, à paiement instantané et à coût de traitement quasi nul !
Une belle utopie qui serait ainsi le nouveau lien universel de tous les
habitants de la planète.
Mais
une utopie qui ne pourra que le rester, tant son vice de construction la rend
hautement spéculative et la prive de son rôle de réserve de valeur et d’étalon
de prix. Sans oublier que sa vocation d’instrument de politique économique est
trop essentielle pour échapper à la prérogative des Etats.
Au vu de ce qui précède, on peut se poser la question récurrente : Mais alors à quoi serviront les EC et CAC ?
Dans un système blockchain n'importe qui peut être mineur dans la mesure où il fait partie des acteurs de cette blockchain et dispose des « capacités » (puissance de calcul) informatiques. Alors pourquoi les experts-comptables afficheraient-ils une légitimité plus affirmée que les autres acteurs ?
a) La profession, le travail du comptable, est d’enregistrer les transactions de leurs clients. Tiers de confiance pour l’Administration fiscale ils certifient la liasse fiscale qu’ils établissent pour l’entreprise cliente. En fait c'est leur vocation et leur déontologie de profession règlementée qui leur confèrent cette légitimité.
b) Tous les membres du réseau d’une blockchain peuvent prendre le rôle de « mineur ». Ils deviennent donc les témoins digitaux certifiant la validité et l'existence d'une transaction entre deux acteurs. Ils enregistrent cryptographiquement le fait qu'une transaction est unique et singulière entre ces deux parties et que donc ce paiement effectué par l'une qui effectivement possède la somme correspondant à un achat (une commande confirmée par exemple) est bien la contrepartie d'une action réalisée par l'autre une livraison (une vente facturée) réalisée. Cette situation synallagmatique ne peut être réalisée qu'une seule fois car elle est enregistrée cryptographiquement et non modifiable ce qui détermine la sécurité des échanges, que le montant identifié et échangé ne peut être réutilisé dans une autre transaction.
Les descriptions ci-dessus ne peuvent être
plus explicites
de l’analogie entre les deux « fonctions a et b » !
Les EC disposent
donc d’une légitimité à la fois « virtuelle » et « réelle »
pour organiser des architectures blockchain avec leurs clients et devenir les
« mineurs » des blockchains « privées » (voire publiques-
FEC ?) réunies en consortium.
Un article
publié dans ACTUEL EC (06/03/2017° proposait de « créer un consortium afin de développer des services
inter-cabinets » (José Vasquez - créateur de Yesaccount)[35].
En fait, l’avenir serait sans doute de créer de multiples « consortium » (cf. sous forme de DAO) dans le cadre des « réseaux » des « alliances » ou des groupements d’EC[36]. IL faudrait sans doute commencer par la pédagogie professionnelle, relevant de la responsabilité des instances de la profession, pour faire comprendre qu’un système « blockchain » est une technologie logicielle que les EC peuvent « partager » au même titre qu’ils partagent des logiciels CEGID ou SAGE etc.… et n’induit pas des « distorsions » de concurrence !! Alors qu’attendent donc les professionnels du chiffre en France ? Les initiatives sont dispersées alors qu’elles devraient être « collaboratives ».[37] [38]
2.3.1. La « position » de l’EC dans le minage
Le minage est un processus qui fait rêver beaucoup de gens qui ont un peu entendu parler du Bitcoin, parce que ce fut à un moment un moyen très simple pour gagner beaucoup d’argent à moindre frais. Ce n’est plus du tout le cas maintenant attention !
Lorsqu’une
transaction a lieu sur le réseau, il faut vérifier que cette transaction est
correcte et la sécuriser, ce qui nécessite de la puissance de calcul pour
« hacher » (crypter) la transaction, la vérifier et l’insérer à la
suite dans la Blockchain. Dans le cas d’une architecture centralisée, cette
opération serait réalisée par le serveur qui gérerait tout. Sauf qu’ici il n’y
a pas de serveur. En fait ce sont des personnes appelées « mineurs »
qui se chargent de fournir la puissance de calcul au réseau en mettant à
disposition des ordinateurs.
Les EC doivent impérativement et très rapidement s’approprier les technologies blockchain s’ils souhaitent assurer la pérennité de leur profession : et ce à un très haut niveau d’expertise : devenir les « pro » des systèmes blockchain pour leurs clients entreprises (B2B) en s’associant ou en intégrant des départements IT au plus haut niveau de compétences informatiques ! Un vrai challenge pour les 2-3 prochaines années ! Nous y reviendrons dans nos conclusions générales.
2.3.2. Ainsi parlait Precepta !
Extraits commentaires ADQ8 à
partir de l’étude XERFI PRECEPTA
·
La fin du monopole a ouvert la porte à une désintermédiation
totale des cabinets d’expertise comptable.
·
Les éditeurs de logiciels et les GAFAM vont se disputer le
marché, chacun avec ses atouts.
·
Les nouveaux éditeurs de logiciels en France comme Xero ou Intuit
et son offre QuickBooks, seront les principaux gagnants de ce mouvement dans la
mesure où ils détiennent déjà les ressources et les compétences clés pour
réaliser à distance la tenue de la comptabilité d’une entreprise et clôturer
ses comptes en fin d’année.
·
Les éditeurs historiques comme Cegid ou Sage cèderont la
place !
·
Microsoft dispose d’un portefeuille incontestable de gros
comptes et d’une suite logicielle complète.
·
Le groupe Alphabet (Google) lancera pour sa part une
offensive sur les petits comptes grâce à son partenariat avec l’éditeur de
logiciel de comptabilité nouvelle génération Xero[39]. Pour Google, cette intégration consolide son écosystème
d’offres aux entreprises en améliorant son attractivité, et démultiplie
potentiellement les gisements de valeur.
Au final, dans ce 3ème scénario, les acteurs technologiques
viendront purement et simplement se substituer aux acteurs traditionnels de
l’expertise comptable. La perte de confiance des acteurs économiques dans les
intermédiaires (tiers de confiance) obligés comme les banques, a suscité la
création du « bitcoin » et d’autres cryptomonnaies à l’origine des technologies
blockchain.
2.3.3.
Et d’autres !
La
blockchain, futur moteur de l'économie collaborative
Eric Cohen, Fondateur & Président-Directeur
Général de Keyrus
En
toute logique, un déploiement généralisé des architectures Blockchain devrait
provoquer l'extinction de l'ensemble des plates-formes centralisées nées de la
désintermédiation / ré intermédiation (dont Uber et Airbnb restent les
prototypes). La Blockchain contribuerait ainsi à supprimer le dernier
intermédiaire - superviseur des transactions séparant les utilisateurs.
Le
secteur bancaire est assurément celui qui connaitra les plus fortes disruptions
dans les prochaines années. Les grands acteurs bancaires en sont parfaitement
conscients et œuvrent dans le sens d'une intégration positive de la Blockchain
à leurs bonnes pratiques. Cela dit, d'autres secteurs peuvent se montrer plus
rétifs à une adoption de la culture Blockchain. Les entreprises qui refusent de
considérer ce nouveau potentiel prennent alors un risque réel de voir surgir
une structure concurrente totalement horizontale et distribuée qui aspire
brusquement l'ensemble du marché...
La
guerre des plates-formes collaboratives a débuté. Elle risque d'être sans pitié
pour ceux qui vivent sur leurs acquis et qui seraient tentés de sous-estimer la
puissance du mouvement. Les perspectives ouvertes par la Blockchain semblent
sans limite. Construisons sur son architecture les bases d'une économie
collaborative exponentielle !
Mais
alors à quoi serviront les EC et CAC ?
Et comment pourront-ils
« s’insérer » dans cette nouvelle économie digitale et collaborative
?
3. DEUXIEME BOUÉE DE SAUVETAGE : LA
BARTERISATION DE L’ECONOMIE
Barter, échanges
interentreprises et compensation
Les échanges interentreprises par compensation sont du troc organisé entre entreprises, le plus souvent au sein d’un réseau ou d’une communauté d’entreprises préexistantes (voir filière infra).
3-1 Qu’est-ce que c'est ?
De nombreuses entreprises dans le monde sont membres de réseaux utilisant le « Barter system » ou système de troc. Ce système est « vendu » par des entreprises de services. Leur but est de réunir à l’intérieur de leur réseau le plus grand nombre possible d’entreprises aux activités les plus variées pour permettre l'échange entre elles des biens et services qu'elles produisent, à l'aide d'un moyen de paiement exprimé dans une unité de compte propre à leur réseau.
Cela présente un
double avantage : celui d'alléger leur
trésorerie en monnaie nationale et celui de dynamiser leurs affaires dans
un esprit plus solidaire.
Ils sont aujourd’hui pratiqués dans le monde entier, à la fois sur les marchés domestiques et dans les échanges internationaux, et prennent depuis les années 2000 un nouvel essor grâce à Internet. Internet permet en effet aux entreprises d’échanger plus rapidement et plus aisément en facilitant la rencontre de l’offre et de la demande. En minimisant les coûts de gestion, Internet rentabilise des opérations de faible valeur nominale et ouvre le système à des entreprises de plus petite taille.
Les échanges
interentreprises existent en France depuis maintenant plus de 30 ans, mais leur
développement a été très aléatoire
(voir ci-dessous).
Aujourd’hui, les perspectives de développement de ces échanges sont importantes : 65 % de PME françaises seraient intéressées par ce mode de transaction (étude réalisée par EdC Consulting).
Deux types d’échanges existent :
a) L’échange bilatéral : une entreprise vend des produits ou un service à une autre entreprise qui en contrepartie lui fournit directement un produit ou un service également. Dans ce type d’échange, il s’agit de deux ventes croisées, concrétisées par deux factures émises et payées par compensation (avec éventuellement une partie monétaire si les prestations n’ont pas la même valeur). Cela nécessite une réciprocité directe ou une complémentarité entre les produits échangés qui n’est pas toujours simple à trouver. Cette possibilité peut se rencontrer plus fréquemment voire se créer entre des entreprises d’une même filière qui établissent des relations clients/fournisseurs durables et récurrentes. Ces relations sont la plupart du temps matérialisées par des contrats d’approvisionnement/fourniture établis pour plusieurs années.
b)
L’échange multilatéral : c’est un système
d’échange intégrant une unité de compte
permettant aux entreprises regroupées sur un réseau de vendre et d’acheter à
des entreprises différentes pour des montants différents. Les entreprises
disposent d’un compte utilisable exclusivement sur le réseau, ce compte peut
être positif ou négatif en fonction des transactions qu’elles réalisent. Ainsi
l’entreprise peut réaliser un achat sans sortie de trésorerie auprès d’une
entreprise, elle recevra une facture pour laquelle elle ne fera pas de paiement
en numéraire, son compte sera débité et elle remboursera ce compte négatif en
réalisant à son tour une vente auprès d’une ou plusieurs entreprises du réseau (voir
article 1702 code civil français).
Jusqu’à présent l’organisation de systèmes d’échanges multilatéraux sont restés des exceptions particulièrement en Europe. Les raisons et les difficultés sont multiples comme nous le verrons ci- après.
3-2 Difficultés, freins et obstacles aux échanges multilatéraux
3.2.1. Correspondance offre /demande
Avec la variété des biens et services qui existent de nos jours, le troc est quasiment impossible à réaliser car on tombe rarement sur la personne qui offre ce que l’on cherche et qui désire au même moment une quantité équivalente de ce que l’on peut offrir. D'où l’introduction dans le système d’une « représentation symbolique » des biens et services : l'unité de compte propre au réseau.
Les réseaux
barter refusent en général qu'on considère leurs unités de compte comme de la
monnaie car elles n'en présentent pas toutes les caractéristiques. Elles sont outil de mesure et d'échange
mais pas réserve de valeur : lorsqu’un membre achète un bien ou un service en
unités réseau, il s’engage par cet acte vis-à-vis des membres du réseau à créer
et mettre à leur disposition la valeur équivalente de bien ou service relevant
de sa compétence. La finalité n’est pas d'accumuler ces unités mais de
faciliter les échanges nécessaires à l'activité des membres du réseau.
Ainsi les comptes sont-ils rarement très créditeurs ou très débiteurs longtemps. Une limite dans chaque sens est en général fixée à chaque membre selon ses caractéristiques. Les dépôts ne sont pas rémunérés. Au contraire, certains réseaux appliquent même un intérêt négatif (principe de la fonte Géselienne des monnaies[40]) afin d'encourager l'échange et non la thésaurisation. Il est souvent possible d'emprunter dans ces unités, dans ce cas, les réseaux ne réclament pas ou peu d'intérêt. Lorsqu'il y en a, c'est seulement pour couvrir les frais de fonctionnement de l'organe gestionnaire du réseau.
3.2.2. La nécessité d’un « courtier de confiance »
A) Pourquoi les systèmes barter ne se sont -ils pas développés en Europe ?
Les systèmes
barter ne se sont pas développés en Europe, même s’il existe plusieurs
entreprises les organisant (voir exemples). Les raisons à ce peu
d’intérêt :
·
Comment trouver des partenaires ?
·
La nécessaire intervention « d’un courtier de
confiance »
· l’(in)existence d’une chambre de compensation-arbitrage-garantie (souvent réalisée par le courtier).
Le frein principal au système barter en Europe tient principalement (à notre avis) à la nécessité dans les échanges multilatéraux à recourir à « un courtier de confiance ». Il a existé dans le secteur des matières premières des « systèmes » se rapprochant occasionnellement des « barters ». [41]
B) Le rapport PIPAME[42]
Voici ce que dit
le rapport PIPAME :
L’entreprise qui souhaite pratiquer
l’échange interentreprises a deux solutions :
1. Elle
peut échanger de façon ponctuelle et informelle avec ses partenaires habituels et se constituer peu à peu un réseau de
partenaires. Cette pratique reste limitée, car ceux-ci n’auront pas toujours,
et au bon moment, les biens ou services dont elle a besoin. La recherche des
opportunités d’échanges incombera au chef d’entreprise ; or elle est
consommatrice de temps et fait courir le risque de garder très longtemps les
actifs inutilisés et difficiles à échanger.
2. Elle
peut recourir à un courtier qui a
déjà mis en place son propre réseau d’échanges, ce qui permet d’optimiser les
transactions.
En effet, le courtier en échanges
interentreprises joue trois rôles principaux
:
·
Le
courtier intervient (doit intervenir dans l’entreprise membre) en amont des
échanges, par un audit des actifs inutilisés et de la stratégie habituelle
d’achat de l’entreprise, le courtier peut déterminer les besoins et les offres
de biens et services qui peuvent être acquis en compensation, en maximisant les
bénéfices directs et indirects qui peuvent en être obtenus.
·
Il aide à
fixer la valeur d’échange des biens et services. il propose souvent à
l’entreprise une capacité à scénariser ses offres et à trouver la bonne
complémentarité, très utile notamment pour les PME, qui ne disposent pas de
compétences internes et/ou de temps pour le faire. L’existence d’un réseau
sélectif, organisé par le courtier, permet une quasi-auto régulation des
échanges, car tous les membres du réseau, courtier compris, sont
interdépendants d’un système dont chaque membre est tributaire du bon
comportement de l’autre.
·
C’est un
interlocuteur unique qui garantit la traçabilité des échanges à chaque phase de
l’opération : signature des contrats et bons de commande, vérification des
livraisons, suivi administratif des opérations, comptabilité.
Auxquels s’ajoutent en pratique des rôles tout aussi importants !
·
Le
courtier a un rôle de conseil
·
Le courtier crée la confiance
·
Le
courtier est un facilitateur, qui répond aux besoins réciproques des
entreprises à un moment donné par la sélection, la diversification et
l’accroissement du nombre d’entreprises de son réseau puis, au coup par coup,
par la recherche du partenaire le mieux placé. En effet, il sait au jour le
jour dans quel secteur d’activité et pour quel client identifier les offres et
les besoins. Le temps de réponse à une demande est ainsi raccourci et permet
parfois au demandeur de connaître quasiment en temps réel la possibilité
d’effectuer un échange. Le courtier facilite le rapprochement entre l’offre et
la demande
·
Outre ce
rôle de rapprochement et de négociation, qui peut aller jusqu’à la conclusion
de l’opération, le courtier lui-même peut devenir partie prenante des échanges.
Pour fluidifier les échanges, il peut garder en « stock » sur la plate-forme
électronique ou acheter temporairement les biens qui n’ont pas trouvé preneur.
C) Comment choisir son courtier ? »
Le choix d’un courtier doit être guidé par les réponses que ce dernier apporte à un certain nombre de questions de base. Ses réponses conditionneront les perspectives d’échanges et les bénéfices que l’entreprise pourra en retirer.
En pratique 27 questions et plus
( !) :
1.
Quelle est la valeur du réseau que propose le
courtier ? quelle est son adéquation aux besoins de l’entreprise ?
2.
Quelle est la taille du réseau ? son ancienneté
? sa couverture géographique ? quels en sont les membres (taille des
entreprises ? secteur d’activité ? ancienneté ? nationalité ?
3.
Quel est le mode de sélection des membres du
réseau ? (recommandation, cooptation, agrément ou critères objectifs liés à la
taille, au secteur ou au potentiel d’échange de l’entreprise)
4.
À l’instar de réseaux sociaux ou de grandes
enseignes commerciales présentes sur le net, est-ce que le courtier dispose
d’un système de cotation par les membres de son réseau ?
5.
Pour une gestion personnalisée, quels sont les
outils d’alerte et de dynamisation des échanges ?
6.
Le courtier dispose-t-il d’un système
indépendant et extérieur de cotation de son réseau d’adhérents (label,
certification...) ?
7.
Le catalogue du courtier contient-il bien des
produits et services utiles à l’entreprise ?
8.
Existe-t-il un système de veille qui informe
régulièrement les entreprises de l’état de leur solde d’échanges
(créditeur/débiteur) ?
9.
Existe-t-il un système d’alerte automatisé sur
les nouvelles opportunités d’échanges ? une veille personnalisée ?
10. Le
courtier édite-il une newsletter à l’attention des membres de son réseau ? Organise-t-il
des évènements permettant aux membres du réseau de se rencontrer et d’échanger
en face à face ?
11. Le
courtier est-il membre d’un groupement professionnel ou de l’International Reciprocal
Trade Association ?
12. Le
courtier a-t-il mis en place une charte de « bonne conduite » pour les membres
de son réseau ?
13. Existe-t-il
une valeur maximum d’échange par opération ? Le courtier dispose-t-il de
garanties financières ?
14. Le
courtier a-t-il mis en place des bonus/malus sur les crédits accumulés pour
inciter les membres à être actifs dans le réseau ?
15. Dispose-t-il
d’une assurance-crédit ?
16. Si
un des membres du réseau ne peut honorer des engagements vis-à-vis de vous
(cession ou acquisition) le courtier s’y substitue-t-il d’une façon ou d’une
autre (ouverture de ligne de crédit, achat temporaire…) ?
17. Quelles
sont les garanties liées au bon fonctionnement de la plate-forme ?
18. Quelle
garantie technologique est apportée aux adhérents ? - Est-ce que le courtier
est propriétaire de l’outil ?
19. Comment
les données des membres du réseau sont-elles sécurisées ? quelle prévention
pour garantir l’absence d’intrusion dans les systèmes d’information des
entreprises utilisatrices du réseau ?
20. Comment
le courtier sécurise-t-il les flux physiques de produits échangés ?
21. Qui
assure l’acheminement des biens échangés ?
22. Quelle
est la responsabilité du courtier dans ces transferts ?
23. En
cas de perte ou de détérioration des produits échangés ceux-ci sont-ils assurés
? Pour quelle valeur ? Le coût de cette assurance est-il compris dans la
rémunération du courtier ? à défaut comment et à quel prix peuvent-ils être
assurés ?
24. Si
le courtier devient temporairement propriétaire de stocks de produits détenus
chez un des membres, qui en est l’assureur ?
25. Quel
est le mode de rémunération du courtier (droit d’entrée et/ou commission sur
les opérations) ? le taux de commission est-il fixe ou variable selon le
montant de l’opération, le nombre et/ou le montant global des transactions sur
une période donnée, l’ancienneté dans le réseau, etc.?
26. Au-delà d’une certaine valeur échangée, le courtier demande-t-il des sécurités (abondement à un fonds de garantie, cautions réelles ou personnelles …) ?
27. Les
conditions d’accès et de sortie du réseau sont-elles clairement explicitées ?
quelles en sont les incidences financières pour les membres (perte des
éventuels crédits ou rachat par le courtier, frais de sortie etc.) ?
28. etc.
Ces questions (a
minima) auxquelles un entrepreneur devra répondre s’il veut s’engager dans un
système de barter et de paiement par compensation ne prêtent pas spécialement à le rendre attractif !
Effectivement, les organisations des échanges par barter sont restées très limitées en Europe...
3-3 Un mode de commerce innovant, une nouvelle monnaie ?
Où en
est-on ? A notre avis, et dans le contexte mondial actuel, l’échange
inter-entreprises ou « barter» peut (ou devrait ?) devenir un outil de
développement innovant et collaboratif pour les entreprises de toute taille.
Il leur permet
de financer certaines dépenses ou projets d’achats directement en échange de
leur production sans sortie de trésorerie.
Ce mode de commerce, véritable relais de croissance permet à une société d'accéder à un réseau collaboratif d’entreprises sélectionnées et prêtes à échanger.
Les systèmes blockchain peuvent permettre de les développer de manière exponentielle, car cette technologie met à disposition des entreprises des outils extrêmement performants et sécurisés au sein de réseaux sans intermédiaires (de pair à pair). C’est dans ce contexte favorable que les EC trouveront un « renouveau » de leur profession...c’est le sujet que nous souhaitons développer ici.
Dans le contexte économique, le barter très utilisé outre atlantique, a vocation à se démocratiser en Europe, le rapport ministériel publié début 2013[43] (publié par le PIPAME[44]) énumère les avantages pour les entreprises d'accéder à ces réseaux d’échanges.
France Barter[45]
est le 1er réseau de barter online en France pour les TPE / PME.
Il paraît évident qu’il sera plus aisé de
trouver des « contreparties » d’échanges entre des entreprises de la
même « filière » puisque les produits/services échangés sont inclus
dans la chaine de valeur globale de la filière.
En général, les échanges effectués peuvent s’organiser plus facilement avec des entreprises d’un même secteur d’activité, ou d’une même zone géographique ou qui entretiennent des liens commerciaux entre elles générateurs de confiance (cf. filières ci-dessous).
Aujourd’hui,
grâce à l’évolution des outils informatiques et technologiques notamment avec
la création de plateforme en ligne type marketplace, les entreprises peuvent
facilement mettre en ligne des offres et des besoins et les échanges se font de
manière plus fluide: gain de temps, visibilité sur un portail B2B et
rapprochement des distances entre demandes et offres, accès à des entreprises
de toutes tailles.
Le montant annuel mondial des échanges est estimé autour de 15 milliards de dollars en 2013 selon l’IRTA[46].
En Suisse, une
PME sur cinq recourrait régulièrement aux échanges interentreprises dans le
réseau Wir2.
En France,
quelques startups dans le domaine de la FinTech ont choisi de moderniser ce
mode de commerce et de le rendre plus attractif comme un nouveau mode de
paiement et un nouveau mode de financement. Belaction intervient auprès des TPE, des PME et des travailleurs
indépendants en développant un réseau qui permet d’échanger entre plusieurs
entreprises grâce à une véritable
valorisation de la transaction par une unité de compte, le BEL (cf. http://www.belaction.fr/).
En Belgique, EBARTER et le groupe 24PM (http://ebarter.fr/FR/default/def-index.aw).
D’autres exemples existent mais le volume qu’ils représentent est resté marginal eu égard au potentiel.
4.BLOCKCHAIN, BARTER et CRYPTOMONNAIES : LES « PIECES » DE
LA BOUEE DE SAUVETAGE DES EC!
Eric Galiègue - VALQUANT www.valquant.fr Lettre hebdo du 16 septembre 2016.
Tout porte à croire que grâce à
l'e-facturation via les réseaux d'entreprises, davantage de fournisseurs
répondent aux exigences en termes de capacités/performances et parviennent à
effectuer plus de livraisons dans les délais. Ainsi, votre organisation
économise énormément de temps et d'argent sur des projets complexes ou
internationaux et vous entretenez de meilleures relations avec vos principaux
partenaires commerciaux.
Lauri Palokangas Marketing produit, AP Automation
Extraits "Le
Nasdaq européen existe, c'est Euronext" Stéphane Boujnah[47]
La
Blockchain va clairement transformer notre industrie, mais personne ne sait
encore exactement quand, où et comment. Dans un monde où Blockchain est souvent
un buzzword des consultants et des conférences, nous avons décidé d'en faire un
vrai projet opérationnel. Nous avons donc créé avec Paris Europlace un
consortium qui associe de grandes institutions financières dont Euroclear, la
Caisse des Dépôts, BNP Paribas Securities Services et la Société Générale, mais
aussi des investisseurs institutionnels pour créer une vraie entreprise afin de
développer ensemble une infrastructure Blockchain post-marché pour les PME
européennes.
La Blockchain est-elle
l'avenir de la compensation ?
Notre
intuition est que cette technologie est encore très loin de régler le problème
de rapidité que pose le cœur de notre métier, dans la négociation des actifs et
la formation des prix, ce que l'on appelle le price discovery. En revanche,
très en aval, dans le règlement-livraison et la conservation de titres, où les
exigences de rapidité sont moins grandes, la Blockchain peut se montrer plus
pertinente et son impact sera probablement plus fort et plus précoce.
Dans
la compensation, il faut distinguer les classes d'actifs : dans les dérivés par
exemple, il y a une telle granularité des contrats que l'absence de
standardisation rend délicat le développement rapide de la Blockchain.
La
rapidité avec laquelle les solutions Blockchain se développeront doit tenir
compte de l'extrême diversité des
problèmes à résoudre dans l'ensemble de la chaîne de nos métiers : négociation,
compensation, règlement livraison, conservation (...)
4-1
Les EC pourraient-ils devenir des « courtiers »
dans ces opérations de barter ?
En pratique, la
réponse est positive. En droit, elle est négative considérant que les activités
commerciales directes ne sont autorisées aux EC à la fois ni par la règlementation
de leur profession ni par leur code de déontologie. Par ailleurs ces activités
« complexes » (vu les questions) ne font pas vraiment partie de leur
métier. Les EC ne sont pas des « commerciaux » !
Cependant un élément également fondamental peut modifier ce constat et a retenu notre attention précisément lorsque nous avons abordé d’une part la profession comptable et d’autre part la technologie blockchain pour aboutir à cette idée que le « barter » pourrait constituer une bouée de sauvetage pour la profession comptable !
4-2. Les EC ne seraient pas des « courtiers » mais des « mineurs » !
Les mineurs dans une architecture blockchain ne sont ni « intermédiaires » ni « tiers de confiance » ni modérateurs », ils ne contrôlent pas les acteurs : ils mettent à disposition des acteurs B2B du réseau d’échanges de transactions leurs capacités de calcul pour « certifier » ces transactions et les enregistrer dans la chaine de blocks (cf. ci-dessus la position de l’EC dans le minage)... reprenant ainsi leur rôle de « comptable » !
En agissant
comme « mineurs », les EC ne sont en aucun cas des
« courtiers » pour piloter les échanges. Ils ne deviennent donc pas
des « commerçants » au sens juridique. Ils restent des « prestataires de services » en
enregistrant dans les blockchains les transactions correspondant aux
rapprochements entre les offres et les demandes (clients-fournisseurs) de leurs
clients –acteurs de ces blockchains.
La réalisation des échanges est organisée de pair à pair directement entre et par les membres. Dans ce système, les EC sont particulièrement bien « placés » pour effectuer les calculs des compensations en « unités de compte » selon la filière et de les enregistrer.
Le fonctionnement concret de ces systèmes reste bien entendu à être analysé et conçu en associant des équipes pluridisciplinaires : professionnels de la filière concernée, EC, ingénieurs-développeurs informatiques et... juristes. L’étude de ces questions est en cours et nous développerons le projet dans « LA SUITE ».
5. FILIERE OU ECOSYSTEME RELATIONNEL DE l’ENTREPRISE ET SA MODELISATION
Echanges et compensations par filière, pourquoi ? Parce que dans chaque filière on parle le même « langage ».
Organiser des
systèmes de barter en utilisant les technologies blockchain ne semble pas
pouvoir se faire « tous azimuts » !
Comme nous
l’avons déjà dit, il sera plus aisé de trouver des « contreparties »
d’échanges entre des entreprises de la même « filière » puisque les
produits/services échangés sont inclus dans la chaine de valeur globale de la
filière, ou qui entretiennent des liens commerciaux entre elles générateurs de
confiance.
L’opinion que
nous voudrions défendre ici, est qu’il faut concevoir ces systèmes d’échanges
commerciaux par compensation à l’intérieur des filières économiques,
commerciales, industrielles qui existent, évoluent, s’adaptent aux marchés,
bref aux activités économiques à une période donnée.
Le concept économique de « filière » n’est certes pas nouveau mais il retrouve un intérêt certain dans les contextes des systèmes de barters et des technologies blockchains, comme instrument d’analyse de données, de conception d’organisation de chaine de valeur :
Une chaine de
valeur « filière » est un (éco-)système de relations d’échanges type « clients/fournisseurs »,
et dans chaque filière « cohérente » (nous reviendrons sur cette
notion de cohérence), on « parle le
même langage », langage agro-alimentaire, langage énergie, langage
santé, langage chimie....langage juridique, financier, administratif,
technique, informatique, la liste peut-être assez longue..
Il existe des filières verticales et des
filières horizontales
Par exemple la filière
« grande distribution » est principalement horizontale : elle
s’approvisionne dans plusieurs autres filières verticales.
La filière
« énergie » est plutôt verticale (exemple « du puit à la
roue » !).
On pourrait
aussi dire que la filière agro-alimentaire est « matricielle (horizontale
et verticale) car elle échange avec différentes filières : viandes,
céréales, légumes et fruits, vins etc...
Un échange créé un flux entre deux ou
plusieurs entités. Flux bilatéral et réciproque créant une relation, une
transaction entre un fournisseur et un client. Cette relation établit un
« modèle » appelé modèle client-fournisseur (synallagmatique[48]
diraient les juristes).
·
Chaque entreprise, dans la mesure où elle exerce
ses activités dans un « cœur de métier », inscrit celles-ci dans une
filière économique (industrielle, commerciale, servicielle, etc...) que l’on
pourrait illustrer par un organigramme de fonctions, remplies par plusieurs
entreprises dans un marché concurrentiel (ou par quelques une seulement
-oligopole voire un seule -monopole...l’expertise-comptable !),
représentant une « chaine de valeur » quelquefois décrites par
« du producteur au consommateur » selon des circuits courts ou longs
(schéma ci-dessous), pour produire le produit ou le service « final »
fourni aux consommateurs finals.
·
Chaque entreprise dans sa filière endosse
alternativement le rôle/ou position
de fournisseur et de client dans cette chaine de « valeurs ajoutées »
·
Les filières ou les chaines de valeurs sont
innombrables, selon qu’elles sont circonscrites localement à un territoire
national/marché/bassin limité soit multinationales sur un territoire/marché
« mondialisé » et/ou sont limitées à une catégorie de produits et de
marchés (BtB, BtC)[49].
· Par extension : un enchainement plus ou moins complexe d’opérations ou d’activités : Dans l’industrie, on parle de filière industrielle pour désigner une chaîne d'activités interdépendantes en cascade.
Les étapes d'une filière intégrée
(cohérente) :
·
L'extraction ou l'utilisation des ressources
naturelles (agriculture, élevage, mines, pêche)
·
Le transport
·
La transformation
·
La
fourniture d'outils, d'équipements
·
La logistique et la distribution
·
La vente (en
gros / au détail)
Ces étapes correspondent aux relations client/fournisseur. On pourrait aussi schématiser selon la fonction RPLCS (Réceptions+ Productions- Livraisons - Consommations = Stocks).
Exemple
"Du champ à l’assiette" :
appel à projets lancé par Le Bivouac sur
le thème de l’agriculture, couvrant l’ensemble de la filière : production
agricole, agro-alimentaire, distribution et consommation. Publié le 13 février
2017.
Accélérateur de start-up, Le Bivouac lance son appel à projets « Boost AgriTech » sur le thème de l’agriculture, couvrant l’ensemble de la filière : production agricole, agro-alimentaire, distribution et consommation. http://www.lebivouac.com/appel-a-projets-boost-mobilitech/
5-1. Entreprise et système neuronal
Toutes les entreprises « échangent » en amont et en aval, elles se situent dans un réseau d’échanges dans un système « client/fournisseur », c’est un élément des fondamentaux de toute entreprise s’inscrivant dans une filière.
Chaque
entreprise dans sa filière, développe un réseau qui lui est propre auquel
participent d’autres entreprises avec lesquelles elle entretient une
« chaine » de relations transactionnelles : fournisseurs,
sous-traitant, prestataires, clients partenaires, concurrents, administrations
...faisant ou non partie de la même filière mais qui de toute façon y sont
rattachés comme faisant partie de son environnement professionnel direct.
Nous nous référons à la notion de filière dans cet exposé parce que c’est dans sa filière qu’une entreprise développe ses relations transactionnelles les plus nombreuses et les plus durables mais non exclusives. Une entreprise conclut également des transactions avec des entreprises extérieures à sa filière.
Le propos n’est pas de disserter sur les
filières mais de considérer que ce concept illustre l’existence d’une
« chaine de valeurs », flux d’échanges bilatéraux imbriqués et
interdépendants entre des entreprises engagées dans un secteur d’activités
économiques structurées par leurs marchés.
Tout ceci pour en arriver à ce premier constat (voir schéma) :
1.
Une
entreprise ressemble à un neurone : Le réseau de relations, crée
autour d’elle (elle est donc au centre) un écosystème de relations avec
d’autres neurones « client-fournisseur » qui pourrait être comparé à un système neuronal,
chaque flux de transactions entre un fournisseur et un client identifié et
transitant par un « synapse » que constituerait « le
contrat » (établissant les termes de l’échange (transaction
synallagmatique) entre droits et obligations respectives ainsi que l’unité de
compte représentative de la valeur de contrepartie de celui-ci.
2. Chaque entreprise utilise en principe les
services d’un EC
3. L’EC est devenu un élément incontournable
et partie du « système neuronal » de chaque entreprise. Il en connait
toutes les transactions puisqu’il les enregistre et les « certifie »!
L’expert-comptable est pratiquement la seule et unique partie de « l’entreprise- neurone » à disposer (et en totalité) de ces informations (au-delà de celles dont dispose le banquier) par l’enregistrement d’abord en « analytique » des opérations « entrées -sorties » (client-fournisseur). Il saisit, qualifie, consolide, enregistre dans le livre -journal puis le « grand-Livre » et le FEC, révise et synthétise toutes les opérations !
Ces données constituent « les data » d’une entité-entreprise. Confidentielles, elles sont protégées par les règles déontologiques de la profession comptable. L’EC est « tiers de confiance » et pas seulement pour l’administration fiscale. Il certifie la conformité des comptes.
SCHEMA FILIERE
|
EC 1 |
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Producteur |
EC 2 |
Banques |
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Fournisseur Client du producteur |
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Transporteurs |
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Client |
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Banques |
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Fournisseur |
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Transporteurs |
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Client |
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Banques |
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Fournisseur |
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Transporteurs |
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|
Client |
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Banques |
|
|
|
Fournisseur |
|
Transporteurs |
|
|
|
Client final |
|
Banques |
|
|
|
|
|
|
5-2. Un exemple réel et concret
ACTUEL EC 06
mars 2017 : « Créer un consortium afin de développer des services
inter cabinets »[50]
Une blockchain
organisée par les EC NETSAS et YesAccount
(...)
L’objectif est de permettre à
l’expert-comptable et à ses clients, dirigeants de TPE, de réaliser toutes les
étapes de la tenue comptable dématérialisée sur une même plateforme (notes de
frais, envoi et réception de documents, factures fournisseurs, relevés
bancaires, journal de caisse, paye avec collecte des éléments variables,
facturation en ligne avec validation des pièces, gestion de contrats, etc.). Il
existe sur le marché pléthore d’offres de logiciels. Nous souhaitions fournir
une solution qui intègre toutes les fonctionnalités.
(....)
La Blockchain est plus souple, plus flexible
que les autres protocoles. L’activité des cabinets d’expertise comptable
s’oriente vers du traitement 100 % numérique. Tout se digitalise. Les documents
par exemple sont récupérés par des robots de collecte. Or, en cas de contrôle
fiscal, l’expert-comptable doit prouver à l’administration fiscale que les
documents numériques ayant générés une écriture comptable sont bien éligibles à
la production de la tenue comptable. Comment les rendre irrévocable ? Il
faut répondre à cette question car les contraintes règlementaires s’inscrivent
dans une logique d’optimisation des process chronophages et sans valeur
ajoutée. Nous avons opté pour la Blockchain parce qu’elle répond aux
problématiques de confiance numérique et de piste d’audit fiable.
En
quoi la Blockchain est-elle plus fiable que les autres technologies ?
Pour générer de la confiance et certifier
les documents, nous avions le choix entre deux solutions : recourir aux
standards édictés par l’ANSSI [51](agence
nationale de la sécurité des systèmes d’information) ou opter pour la
Blockchain. Or la première solution présente plusieurs travers : la
technologie est basée sur une certification qu’il faut acheter, les certificats
sont complexes à mettre en œuvre, le coût pour signer un document numérique en
ligne est élevé, autour de 1 euro. Nous connaissions la Blockchain par le
Bitcoin depuis longtemps. Elle présente plusieurs avantages. Elle permet de
signer de manière irrévocable des documents et des actions engagées via la
plateforme et répond à la logique de piste d’audit. Et ce à moindre coût (0,10
€ par document signé). Les opérations sont consignées dans un historique. La
traçabilité est garantie.
(...)
Nous pouvons imaginer en faisant un peu de
prospective que la plateforme regroupant des milliers d’écritures comptables
puisse aider à construire des services à haute valeur ajoutée. Nous prévoyons
déjà de proposer aux cabinets de pousser
une offre d’achats groupés sur la base de données avérées : les
consommations réelles des TPE clientes. Ce type de données doit permettre aux
cabinets de muter et de passer de la tenue comptable au conseil. Nous
travaillons également sur des leviers financiers innovants. La comptabilité
tenue en temps réel permet de créer des scores. En combinant ce scoring
financier au matelas permanent de trésorerie dont disposent certaines TPE, il
devient possible de proposer des solutions de financement inter TPE, sans faire
appel aux banques et contractualisé via la Blockchain.
Combien de cabinets sont-ils clients de
YesAccount à date et quels sont vos objectifs ?
Nous comptons quatorze cabinets clients mais
nous signons environ deux contrats par semaine. La solution est récente, elle a
été présentée lors du dernier congrès de l’OEC. Si demain nous réunissons une
centaine de cabinets (ce qui représentent entre 50 et 80 000 TPE clientes en production),
nous pourrons profiter pleinement de l’effet Blockchain. L’idée est de
déposer des serveurs de minage (1) dans les cabinets et de créer un consortium
afin de développer des services inter cabinets.
(...)
5-3. C Q F D
On peut
envisager des blockchains par filières professionnelles, dont les membres sont
plus susceptibles d’avoir des relations « barterisables » entre eux.
Puisque les
mineurs calculent et enregistrent les transactions les EC pourraient donc aussi
effectuer simultanément les calculs de compensation, lorsqu’une DAO-barter
appropriée est constituée par des membres d’une même filière.
Chaque
blockchain dans une filière professionnelle donnée peut conventionnellement
(DAO) créer ainsi une unité de compte ou une crypto-monnaie, signifiante pour
ses membres, permettant d’évaluer les valeurs échangées compensées. A l’image
de certaines professions (matières premières, commerce international...) il est
envisageable d’établir des tables de conversion de ces unités de compte entre
elles [52].
Bien entendu la monnaie « bitcoin » à
l’origine des technologies blockchain pourra aussi être utilisée, au choix des
membres participant à la blockchain spécifique.[53]
L’association entre les EC (devenu mineurs et nœuds[54]) et les systèmes blockchain ouvrent les portes à des « chaines » d’échanges interentreprises sécurisés, certifiés, permettant des règlements « par compensation » (Barters) sans mobilisation de flux de trésorerie immédiat mais par exemple par « débouclage » uniquement en fin de période « conventionnelle » et non à chaque livraison -facturation.
Un système blockchain dédié (privé) peut être constitué pour et par un ensemble d’entreprises relevant d‘une même filière (économique, industrielle...) préservant la confidentialité des transactions, l’indépendance des EC vis-à-vis de leurs clients respectifs, avec les mêmes critères d’évaluation dans leurs « chaines de valeur ».
Par exemple, les blockchains qui seraient créées dans la filière générale « agro-alimentaire », et dans l’ensemble de ses sous-filières : FILIERE VIANDE, bovine, ovine, caprine, équine, aviaire, FILIERE CEREALIERE[55], etc. pourraient, chacune, concevoir leur propre unité de compte (bitcoin ou autres Cryptomonnaies) pour « identifier » les transactions dans chaque blockchain par un binôme filière-monnaie de compte (token voir infra) correspondant à des notions de valeur représentatives et compréhensibles par chaque profession/métier.( une étude devra approfondir cet aspect[56]).
Chaque blockchain « professionnelle » fonctionnerait par la création conventionnelle entre ses membres d’une DAO (Decentralized Autonomous Organization) organisation fonctionnant grâce à un programme informatique qui fournit des règles de gouvernance à une communauté. Ces règles sont transparentes et immuables car inscrites dans la blockchain (application concrète de la situation de «trustlessness »[57], cet environnement où la confiance n’est plus nécessaire, créée par la blockchain).
A l’intérieur de chaque blockchain organisée par sa(ses) DAO, un certain nombre de règles « automatiques » appelés Smart contracts : “contrats intelligents”, pourront être mis en place « conventionnellement » entre les membres participant à chaque blockchain (à comparer à une forme de « macros »[58] (les smart contracts sont des programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat, sans nécessiter d’intervention humaine une fois démarrés). Par exemple, la périodicité des « liquidations » -débouclage des échanges, tous les mois, les 3 mois, etc... comparables aux liquidations des opérations boursières mais dans ce cas sans Chambre de compensation intermédiaire.
Enfin, et ce
n’est pas un argument secondaire, la blockchain associée à un système
« barter » avec une unité
de compte virtuelle (voir token ci-après) permettrait pour les
entreprises de la DAO appropriée de réduire voire supprimer en grande partie
toutes questions de trésorerie, de paiement fournisseurs, de BFR, de découvert
bancaire, de crédit de trésorerie, etc. et donc réduire l’impact des banques
sur les financements court et moyens terme etc... les banques ne s’y sont pas trompées, elles ont pris des initiatives de
recherches et d’études sur les blockchains...
Un bon croquis vaut
mieux qu’un long discours !
·
Pour illustrer notre propos : le système
décentralisé (B dans le schéma) correspondrait à un système neuronal comme nous
le décrivions en deuxième partie (Barter) l’écosystème neuro-entreprise dans
une même filière.
·
Chaque point dans le schéma B représente donc
une entreprise dans un réseau d’entreprises interdépendantes.
· Le schéma C- système distribué – représenterait le réseau des EC, prestataires des entreprises du réseau B, enregistrant les échanges bartérisés dans un système blockchain et « calculant » les compensations entre les entreprises du réseau B.
L’idée est de
superposer et d’intégrer (et non
transformer) par les technologies blockchain et les systèmes Barter les deux
Systèmes B et C, opérations-prestations qui pourraient être réalisées par les
EC constitués en réseau soit « ad hoc » pour une même filière (DAO et
Smart contracts) soit préexistant dans un réseau/alliance /groupement d’EC
structuré, traitant de façon « collaborative » les données de leurs
clients respectifs.
Source: On Distributed Communications Networks, Paul Baran, 1962
5-4. DAO - Decentralized Autonomous Organization
Une DAO est une organisation fonctionnant grâce à un programme informatique qui fournit des règles de gouvernance à une communauté. Ces règles sont transparentes et immuables car inscrites dans une blockchain, environnement où la confiance n’est pas nécessaire... Toujours est-il que les DAO semblent être un exemple parfait d’application potentiellement « mainstream » de la blockchain. « On a là la possibilité d’avoir une des applications les plus intéressantes de la blockchain. Les médias généralistes devraient s’y intéresser » « C’est une forme d’organisation incorruptible qui appartient aux personnes qui ont aidé à la créer et à la financer, et dont les règles sont publiques. » détaille Stephan Tual[59]. « Il n’y a donc pas besoin de faire confiance à qui que ce soit, car tout est dans le code, auditable par chacun. »
Qu’apporte une DAO ?
Une DAO apporte
3 éléments nouveaux par rapport à une entité traditionnelle, comme l’explique
Simon de la Rouviere (du projet blockchain Consensys) dans un post :
·
Une DAO ne peut pas être arrêtée ou fermée.
·
Aucune personne ou organisation ne peut
contrôler l’entité (personne ne peut manipuler les chiffres, par exemple).
· Tout y est transparent et auditable, dans un cadre supranational.
Les parties prenantes d’une DAO
Dans notre propos sur les barters et dans le système neuro-entreprise, les parties prenantes sont les entreprises qui sont alternativement fournisseurs et clients les uns aux autres. Les EC peuvent prendre la « fonction fournisseur » car ils sont aussi des prestataires de services d’une part comptables d’autre part de « mineurs » comme nous l’avons déjà expliqué.
Source :
Le smart
contract (contrat intelligent/malin) est un petit programme
reproduisant le fonctionnement d'un contrat : un accord volontaire, pour
échanger un bien ou un service selon des clauses prévues à l'avance -dépendant
parfois d'événements extérieurs. Le smart contract tire une partie de sa force
de son automaticité. Les acteurs "chargent" les montants à échanger
dans le programme puis ne peuvent plus se dédire de leur engagement.
Une fois lancé, le programme effectue la transaction sans intervention humaine, selon les clauses prévues initialement. Par exemple, un contrat intelligent pourrait permettre de faire des paris sur une course hippique entre deux inconnus, sans intermédiaire. Les deux parieurs versent leur mise initiale au contrat intelligent -et ne peuvent plus la retirer-, puis indiquent leur tiercé gagnant. Le contrat intelligent attend ensuite la course, collecte directement son résultat d'une source certifiée, détermine le gagnant et lui verse l'argent.
Le contrat intelligent peut bien sûr tirer profit d'un support informatique décentralisé, infalsifiable par les parties en présence et permettant un accès sécurisé. L'idée d'utiliser les blockchains, pas seulement pour un simple registre de devise, mais comme support des contrats intelligents est donc venue naturellement à certains informaticiens baignant dans le milieu des bitcoins. L'un d'entre eux, Vitalik Buterin, un jeune Russo-canadien de 23 ans, a lancé en 2015 une nouvelle infrastructure blockchain open source, Ethereum, permettant d'exécuter un langage (Solidy, proche du javascript), adapté aux contrats intelligents. Le langage permet de créer des formulaires pour saisir les caractéristiques du contrat, de coder les clauses conditionnelles s'appliquant jusqu'à la fin du contrat, d'effectuer des versements. Cette plateforme et ce langage permettent donc à chacun de programmer puis de déployer des contrats intelligents répondant à leurs besoins.
Contrats intelligents, registre unique décentralisé, opérations automatiques, identification publique cryptographique ; depuis maintenant trois ans ces différentes briques s'accumulent donc, sans que l'on soit encore sûr de celles qui vont être utilisées et comment elles pourront l'être.
5-6.
Connaissez-vous Token ?
Extraits d’un post sur LINKEDIN de Pierre Paperon (31 mars 2017) nous a semblé particulièrement clair pour illustrer par la « tokenisation » ce que nous avons intégré sous la fonction « unité de compte »dans la « barterisation » de l’économie.
Cette
« tokenisation » est aussi un fondamental comme nous le disions dans les
échanges intra-filière.
Chaque « filière » peut par l’intermédiaire de blockchains spécifiques créer son (ses) token(s) avec ses tables de conversion soit avec une cryptomonnaie soit entre des produits et services « bartérisés ».
(...)
C'est un mot encore peu utilisé ou connu. Et
pourtant il a commencé à émerger il y a un an et demi dans les pays
anglo-saxons en sortant des milieux informatiques, casinos et historiques qui
étaient ses seuls champs sémantiques jusque-là. Un salon lui est même consacré
à New York le 25 mai (Token Summit).. Ce mot c'est "Token", ou "jeton" en
français. Et il va changer notre perception du monde et des échanges entre les
personnes et les organisations. Ce post pour vous permettre de rattraper une
lacune, toute temporaire, et percevoir ce souffle de la transformation mondiale
qui s'amorce et va amplifier singulièrement les vagues d'ubérisation et de
blockchainisation. Mais pas en partant du haut vers le bas, ou du centre vers
les bords. Juste l'inverse : la révolution va venir de la campagne et des
"smart towns" ou "smart villages".
Quelle est l'essence du "token" ?
C'est
une des conséquences directes de l'application de la blockchain à de multiples
secteurs en dehors de la finance. A chaque nouveau cas d'usage en cours de test
à la surface de la terre, on fabrique un token qui est une unité de compte, un
quantum d'information en fait, que l'on certifie et authentifie avec la
blockchain. Et ce quantum d'information, gravé dans le marbre grâce à un
chiffrement éprouvé depuis par le bitcoin depuis 8 ans, peut être de multiples
natures : un transfert de propriété, une transaction effectuée entre deux
personnes ... Mais une nouvelle forme d'information est en train d'apparaître
sous l'influence de ce que permettent les nouvelles technologies blockchain.
La
production agricole peut aussi être tokenisée :
le pot de miel, le kilo de carotte, le
saucisson ... se transforment en crypto-miel, crypto-carotte, crypto-saucisson
... qui peuvent être échangés contre de l'électricité ou des heures de garde à
domicile ou un dépannage par exemple.
Le prêt de sa voiture offre une belle
application de valorisation de cet actif ou propriété individuelle utilisé
seulement 3% du temps (oui 97% du temps la voiture est à l'arrêt).
Et le succès de Blablacar et dans une
moindre mesure celui de Autolib, sont une belle illustration de l'économie de
partage qui génère des ... économies. La crypto-voiture n'est pas très loin.
Comme d'ailleurs va l'être la crypto-chambre ou crypto-location ...
Plutôt que de multiplier les exemples, un
schéma résume l'ensemble de cette
nouvelle économie peer-to-peer à laquelle donne naissance cette tokenisation
(elle-même permise par la blockchain)
(…)
Comme on le voit, et le graphique en tête de
post pousse cette idée, le jeton est
l'unité d'œuvre générée pour permettre à de multiples unités jusque-là
éparses de s'échanger les unes avec les autres.
On en peut être plus clair sur le caractère indispensable du « token » dans les processus d’échanges par compensation, le barter.
6. CONCLUSION GENERALE
Beaucoup de
mystère a entouré la naissance du Bitcoin, mais ce n’est sans doute pas tout à
fait un hasard s’il est né en 2008, l’année fatidique où l’ensemble du système
bancaire mondial était secoué par une défiance que l’on n’avait pas vue depuis
la méga-crise de 1929.
L’impact de cette technologie est considéré comme une révolution comparable à celle de l’internet, rien moins ![60]
« Deuxième révolution numérique », « ubérisation ultime », « machine à confiance »... La technologie blockchain se développe à très grande vitesse, laissant présager rien moins qu’une révolution des usages du quotidien comparable à celle portée par l’Internet dans les années 90. [61]
Cet impact porterait
pour la plupart des commentateurs/auteurs/chercheurs principalement sur les
secteurs financiers, assurances et banques...
En fait une prise de conscience émerge et transparaît dans bon nombre d’initiatives, de projets... c’est toute l’économie du siècle qui pourrait être transformée, en économie « collaborative », économie de l’échange, économie peer to peer, désintermédiée … nous pourrions assister à une « barterisation » de nos économies et ce au niveau « mondial » !
In fine
Il faut aller
vite ! On n’aurait bientôt plus besoin de faire appel ni à une banque
(sans mobilisation de trésorerie), ni à un courtier ni à un intermédiaire, ni à
un tiers de confiance.
Allons plus loin : plus besoin de « crédits documentaires - lettres de crédit », ni de banque trustee, ni d’agents en douane…. mais restent nécessaires les inspecteurs, les entrepôts, bref toute la « chaine logistique qui de fait reste matérialisée» !
Et voici une belle
« cryptomonnaie de compte » : les tonnes/km ou les kg/m échangeables
dans TOUTES les filières ! ou des quotas carbone[62]
pour bon nombre d’industries...
Relations commerciales
« circulaires » et auto compensatoires avec pour tout un chacun un grand
livre permanent !
6-1. Une prise de position différentiante de l’EC dans la filière « services aux entreprises » ?
6.2.1. (RE)apprendre les réflexions stratégiques
Pour recréer de
la valeur les EC doivent réapprendre l’exercice de la réflexion stratégique
qu’ils ont eu tendance à « oublier » non seulement à l’abri de leur
« profession règlementée » mais « confinés » dans leur code
de déontologie où l’appréhension du marché et les besoins du client sont restés
« conceptuels » et non réalité incertaine... : la confiance de
leur client considérée comme un « acquis ».
En 2017 :
·
Un choix stratégique préalable est indispensable
: viser le leadership pour être compétitif sur les volumes ou opter pour la différenciation vraie
pour être performant sur une ou plusieurs « niches ». La différenciation peut
naître de cette expertise particulière, d’une focalisation sur un marché-filière,
d’un mix activités/produits original, ou de la stratégie de marque.
· Un véritable processus de conduite du changement englobant toutes les composantes de la chaîne de valeur, de la gouvernance à la gestion des RH en passant par la digitalisation, est désormais indispensable. Recomposition de la chaine de valeur, la vague low cost (autrement dit robotisation) submerge l’exercice traditionnel des métiers du chiffre, et ouvre la porte aux nouveaux « teneurs de comptes ». Les acteurs traditionnels trouvent dans les éditeurs de logiciels historiques (Sage, Cegid, etc.) des alliés de circonstance pour contrer cette menace...dit-on, mais il est permis d’en douter, à notre avis, si les EC n’exerce pas une pression suffisante supportée par leur « position de marché » !
Pour beaucoup
d’acteurs de la profession, le conseil à valeur ajoutée peut apparaître dans
cette filière « chiffre » comme une voie de diversification
naturelle, mais les risques induits et les « barrières » à l’entrée
de la filière « conseil aux entreprises » peuvent excéder les
bénéfices potentiels (voir les articles des dirigeants de Cap Gemini précités).
Nous l’avons déjà dit il s’agit d’un marché libre à la différence du marché
traditionnel et protégé de l’expertise comptable.
De plus, dans un contexte économique hyper concurrentiel, les entreprises font face à une énorme pression pour mener à bien leur transformation numérique.
Les questions que pose la blockchain sont extrêmement nombreuses. Au-delà de celles largement débattues autour de son utilisation réelle ou potentielle (disruption des tiers de confiance, sécurisation des échanges, gages d’authentification, technologies de partage de ressources, économies d’échelles, garantie des transactions, auto-exécutions de contrats, décentralisation des processus, etc.) un certain nombre d’autres plus complexes à explorer se pose[63].
6.2.2. La profession comptable absente du groupe de travail France STRATEGIE
FRANCE STRATÉGIE a installé un
groupe de travail sur « L’enjeux des blockchains » le 3 mai 2017 l’absence
de tout représentant des professions du chiffre nous a interpellé (cf.
introduction). www.strategie.gouv.fr
La
constitution du groupe de travail répond au double objectif de refléter la
diversité des parties prenantes impliquées dans l’analyse des enjeux des
blockchains et de réunir des experts à même d’éclairer les problématiques
sectorielles.
Un
groupe de réflexion ad hoc a été créé en vue de la production et de la
publication d’un rapport à l’automne 2017.
Axes d’analyse proposés :
A.
Les blockchains comme outils de transformation et de modernisation numérique
B.
Potentiels et limites techniques des blockchains
C. Dimensions politiques des blockchains
Les EC
n’auraient-ils pas pris suffisamment la mesure de l’impact de ces technologies sur
l’avenir de leur métier (comme nous l’avions remarqué précédemment). Pourtant les réflexions de M. ARRAOU
constituaient bien « un signal d’alarme »[64].
Les « experts » n’ont-ils pas eux-mêmes pris conscience que les fondamentaux des technologies blockchain débordent largement les aspects financiers ?
6-2. Les inquiétudes de l’industrie financière
1. Une blockchain "banque centrale"
dont l'unité de compte serait une déclinaison digitale de sa propre monnaie
pourrait animer une nouvelle "token economy".[65]
2. Ou lorsqu’on consulte un ouvrage paru en 2015 : Apple, Bitcoin, Paypal, Google : la fin des banques ? : Comment la technologie va changer votre argent (12 février 2015) Philippe HERLIN : Une révolution silencieuse se prépare dans le domaine des moyens de paiements. De l'essor du bitcoin à l'arrivée d'Apple - qui a équipé ses derniers iPhones d'une puce de paiement sans contact -, les initiatives se multiplient pour contourner le quasi-monopole des banques. Philippe Herlin montre comment...elles permettent d'envisager une rupture avec le système monétaire actuel, centralisé et rigide, donc fragile. Ce bouleversement à venir des moyens de paiements est aussi une réelle menace pour les banques...
3. Aussi les analyses d’Accenture
BANKING ON BLOCKCHAIN A VALUE ANALYSIS FOR INVESTMENT BANKS[66].
6-3.
Une JV de 9 banques à l’initiative d’une start-up - R3[67]
Neuf banques, qui figurent parmi les plus
importantes du globe, ont conclu un partenariat pour développer des standards
et protocoles d’utilisation de la technologie Blockchain, et donc faciliter le
développement d’applications bancaires et financières de nouvelle génération.
Mais les banques ne sont pas les seules concernées, la technologie ayant le
potentiel de soutenir de nombreuses innovations dans le domaine de la
décentralisation des transactions.
Barclays, BBVA, Commonwealth Bank of
Australia, Credit Suisse, JPMorgan, State Street, Royal Bank of Scotland et UBS
– auxquels on peut ajouter Goldman Sachs – ont répondu à l’appel de la startup
« R3 », créée à l’initiative d’un ancien de Wall Street.
L’objectif est non seulement de normaliser
les protocoles techniques à la base
de Blockchain, mais également de développer des applications bancaires et
financières de nouvelle génération et sécurisées.
...Si Bitcoin est la première application de Blockchain, plus d’un millier de crypto-monnaies a été développé, chacune d’elles étant spécialisée dans une fonction particulière : Litecoin (crypto-monnaie), Namecoin (création décentralisée de noms de domaine), Bitshares (création d’assets), etc.[68]
En lisant ces lignes nous retrouvons ici l’idée d’une « unité de compte -cryptomonnaie » particulière à une filière ! (cf. supra)
Les commentaires
de Stéphan Régnier, Executive vice-président, en charge
des activités digitales chez Capgemini Consulting, nous ouvrent aussi une
vision d’avenir pour que les EC arrivent à bien surnager ! Nous nous permettons de reprendre ses conclusions :
“Pour les grandes entreprises, la question
de fond est de savoir quand elles vont vraiment basculer dans le digital”
Contrairement
à ce que les cultures digitales laissent entendre, le “bottom-up” n’est pas le
moteur du changement. La transformation digitale doit être portée par le
dirigeant. Si elle n’est pas incarnée à très haut niveau, cela ne fonctionne
pas. C’est une condition absolue.
Il y a
plusieurs métiers dans le groupe (ndlr : Cap Gemini) : le consulting, le
monde de la SS2I – ce que l’on appelle “Application services” – puis l’univers
de l’infrastructure et de l’infogérance. Le digital est notre core business. Le
groupe est passé de la posture de grande SS2I mondiale à celle de groupe de
technologie international.
Dans
le conseil, nous nous sommes focalisés sur le numérique pour être les
consultants de référence de la transformation digitale….
Le
groupe a encore des enjeux à relever. Nous sommes aussi confrontés au défi de
la formation. Nous proposons à nos
clients des leviers que nous utilisons nous-même pour digitaliser notre
entreprise.
Par
exemple, nous avons développé un concept de certification digitale de nos
collaborateurs, pour faire reconnaître sur le marché leur niveau de compétence
et d’expérience professionnelle. Ce processus fait intervenir des partenaires
extérieurs de renom pour en accroître sa valeur et sa légitimité. Ce principe est très vertueux, les
collaborateurs cherchent à obtenir un certain niveau de certification digitale,
ce qui introduit de l’exigence dans le système....
....
Notre
business est fortement people et nos actifs sont principalement nos employés.
Il est impératif d’être très en pointe sur l’attractivité des talents. Dans la
gestion également, nous avons fait une mutation vers l’utilisation d’outils de
gestion digitaux. Les chantiers de la transformation sont encore nombreux.
Désormais, dans le groupe, personne ne travaille de plans stratégiques sans
réfléchir à la question du numérique.
Le modèle économique
Notre
modèle économique est en train de changer. Nous ne sommes pas encore arrivés au
terme de la mutation. Plusieurs modèles cohabitent. Tout d’abord le modèle
économique classique, à base de “fees”. Des taux journaliers de personnes sont
appliqués aux clients sur la base de forfaits.
“Nous cherchons à faire évoluer notre business
vers deux modèles. Le premier est le modèle du digital “as a service”. Il s’agit de vendre des solutions numériques à l’usage.
Nous changeons de statut, passant de simple fournisseur à acteur de la
transformation.
Il existe un second modèle économique encore plus évolué, le “co-business”. Il repose sur la notion de partenariat. Nous pratiquons déjà ce modèle. Par exemple avec Valeo : nous co-investissons sur l’innovation. En l’occurrence dans la première clé virtuelle sur mobile pour ouvrir un véhicule et le démarrer. Cette initiative nous ouvre de nouveaux marchés comme la fourniture de services disruptifs pour les secteurs de la location de voitures, de la gestion de flotte ou de l’assurance… Nous partageons le chiffre d’affaires et la valeur. Voilà un tout nouveau modèle économique, nous faisant passer de “simple” fournisseur à acteur du business digital, à l’instar par exemple d’un GAFA.
Voici une l’illustration d’un modèle économique particulièrement attractif pour développer des prestations de conseils à haute valeur ajoutée ! MAIS
· Depuis combien d’années Cap Gemini Consulting est-il implanté dans ce marché ? et développe-t-il ses activités pour faire évoluer son business model et l’adapter au marché ? Ces années lui ont fourni l’entrée et l’expérience de ce marché.
· Une telle démarche stratégique et sa mise en œuvre restent-elles encore ouvertes à la profession comptable et pour ses acteurs actuels ? Les EC sont encore devant « la porte » !
·
Pour quelles tailles de cabinets de telles
« transformations » seront-elles possibles ? Nous avions
développé dans nos études la notion de « taille critique ».
6-4.
Quel business model pour les EC 2.0 : un modèle
EBaaS (Expert Blockchain as a Service) ?[69]
Selon David Rutter de R3[70], blockchain peut être à la finance ce qu’Internet a été pour les média.
Barclays
Bank, a développé deux laboratoires entièrement dédiés à Blockchain en
Angleterre, qui ont identifié pas moins de 45 utilisations potentielles de la
technologie – depuis la gestion des identités jusqu’aux solutions de paiement,
de gestion de la trésorerie et même de la supply chain. Parallèlement,
Santander Group conduit des expérimentations similaires, autour d’environ 25
cas d’usage.
Au-delà des banques
Certaines
start-ups s’intéressent au potentiel de blockchain en dehors du secteur financier. La technologie pourrait, par
exemple, révolutionner la gestion des actifs immobiliers (et mettre en cause le
rôle incontournable des notaires). Elle pourrait également permettre d’authentifier
de manière plus sûre des objets ou œuvres d’art, voire même de sécuriser la
gestion des identités dans des environnements mobiles de e-commerce.
De
manière plus générale, comme l’explique Christian Fauré : « Ce que la
blockchain peut apporter, c’est une automatisation distribuée des transactions
qui peut rendre caduque toutes les formes d’organisations et d’institutions qui
se posent en tiers de confiance ou de certification dans un contexte
transactionnel (propriété, bien, argent). Du coup, cela place toute l’économie traditionnelle de la transaction en porte
à faux. Et pas seulement les industries qui se font « ubériser »,
puisque cela peut aussi ubériser Uber ; tout comme booking.com, Airbnb,
Twitter, Paypal, c’est à dire que tous ceux qui ont court-circuité les
industries traditionnelles se retrouvent eux-mêmes potentiellement sur la
sellette ».
Quand les EC vont-ils prendre la mesure tant des menaces avérées que des formidables opportunités que représentent les technologies blockchain pour leurs « métiers » d’une part et peut-être pour leur « profession » d’autre part ?
Ainsi, nous reposons la question récurrente que nous avions placée au début de cette étude mais nous y avons remplacé le « pourquoi ? » par le « comment ? »
Comment la position de « pivot d’écosystèmes d’affaires », non règlementée, pourrait-elle être « capturée » par les EC pour « surfer sur les vagues du web » ?
Plusieurs voies
selon les configurations et la taille des « cabinets » offrent
des opportunités :
c)
Devenir de véritables entreprises de
services aux entreprises : abandonner leur « culture » de
profession libérale : s’organiser comme de véritables entreprises où il
n’y a pas que des E-C mais des profils professionnels complémentaires et travailler
en réseau.
d)
Développer en interne ou en partenariat externe
des « cellules » digitales IT de très haut niveau technologique,
créatives, agiles, ...et collaboratives (ce que nous ne savons pas
« bien » faire en France et les EC ne pourront pas nous
contredire : « tout à l’égo » !!).
e)
Investir au-delà de la simple digitalisation,
dématérialisation – automatisation de leur métier
« comptable » : implicitement donc concentration des cabinets,
mobilisation de capacités d’investissements en équipements informatiques (pool
de mineurs), stratégie RH ambitieuse
f)
Développer des partenariats avec les grands
éditeurs de logiciels selon le principe « if you can’t beat it, join
it » !
g) Développer des stratégies de « niche » : par exemple devenir les « pilotes » de plateformes d’échanges interentreprises (Barters). Les nouvelles tendances et les développements des outils collaboratifs entre les entreprises B to B ouvrent les portes d’un potentiel de croissance aux entreprises : une « barterisation » de l’économie ou plutôt « des économies » ...voir schéma ci-dessus.
Nous pensons avoir pu démontrer que les technologies blockchain associées aux systèmes barter peuvent apporter une (des) réponse(s) « différentiante(s) », replaçant les professionnels du chiffre dans leur positionnement spécifique dans le marché/filière des services aux entreprises.
Et pour reprendre le 3ème
volet de la méthode que nous rabâchait un « vieux » prof de maths
dans les années 60[71].pour
résoudre un problème…alors que faire ?
Quelle suite pourrait-on donner à nos propos ?
(.........à suivre) Donc !
V. DIAKOV
ANNEXE 1- LE LEXIQUE DE LA BLOCKCHAIN
Voir aussi : http://www.acsystemedata.com/outils/glossaire-blockchain/
http://www.cryptos.net/glossaire/
Les termes techniques font parfois de la blockchain un concept compliqué à appréhender. Les définitions suivantes, en français, faciliteront vos lectures et vous permettront de mieux comprendre la technologie blockchain.
Altcoin
Abréviation pour “Alternative
Coin”. Un altcoin est une cryptomonnaie autre que le bitcoin.
Bitcoin (BTC) : monnaie électronique décentralisée conçue en 2009
par un développeur non identifié utilisant le pseudonyme Satoshi Nakamoto. Pour
plus d’informations : https://bitcoin.fr/
Une blockchain peut donc être assimilée à un grand livre comptable
public, anonyme et infalsifiable.
Clé privée : clé permettant à l’utilisateur d’une blockchain
d’initier une transaction en signant cryptographiquement son message
Clé publique : clé servant d’adresse sur une blockchain. Connue de
tous, elle permet à un émetteur de désigner un destinataire.
Colored coins : ensemble de méthodes ou protocoles permettant
de créer, représenter et gérer des actifs réels sur la blockchain Bitcoin.
Cryptomonnaie : monnaie électronique et peer-to-peer, se basant sur
les principes de la cryptographie pour valider les transactions et la
génération de la monnaie elle-même.
DAO (Organisation Autonome Décentralisée) : Programme qui scelle
dans une blockchain la gouvernance d’une organisation. Contient plusieurs smart
contracts qui interagissent entre eux.
Ether : cryptomonnaie de la blockchain d’Ethereum.
Ethereum : plateforme décentralisée, basée sur une blockchain,
permettant à son réseau d’utilisateurs de créer des smart contracts. La
blockchain d’Ethereum fonctionne avec la monnaie Ether. Contrairement à la
blockchain du bitcoin, focalisée sur l’aspect monétaire, la blockchain
d’Ethereum a vocation à accueillir des programmes très divers, qui sortent du
cadre purement monétaire.
Fiat money : monnaie “classique”, autrement dit
« fiduciaire », dont la valeur est donnée par la loi ou la régulation
gouvernementale (euro, dollar…).
Grand Livre (pour les non-comptable !) Registre reprenant et ventilant
selon le plan comptable les écritures du livre-journal. Il classe, par nature
de compte, les informations saisies dans l'ordre chronologique par le
livre-journal. Il est obligatoire pour les entreprises commerciales ou
artisanales soumises à un régime réel d'imposition.
Un grand-livre correspond à la
transcription sur un document unique de la totalité des mouvements de la
comptabilité d'un exercice. L’édition d'un grand livre se fait par classe de
comptes dans l'ordre de numéro prévu par le plan comptable, à savoir :
- Classe 1 : Comptes de Capitaux
- Classe 2 : Comptes d'Immobilisations
- Classe 3 : Comptes de Stocks et d'En-cours
- Classe 4 : Compte de Tiers
- Classe 5 : Comptes Financiers
- Classe 6 : Comptes de Charges
- Classe 7 : Comptes de Produits
Le grand-livre permet une lecture
simple et détaillée (date, montant, origine du justificatif,...) d'un
compte et des différents mouvements qui ont pu l'impacter. Le grand-livre
est donc un élément nécessaire et impératif pour le suivi des comptes d'une
entreprise puisqu'il relate tous les évènements comptables qui ont eu un impact
sur la comptabilité.
Qu’est-ce qu’un grand-livre auxiliaire ?
Le grand-livre est détaillé
en autant de livres auxiliaires, ou documents en tenant lieu, que l'importance
et les besoins de l'entreprise l'exigent. Les grands-livres auxiliaires
sont formés par l'ensemble des comptes individuels de même type (clients,
fournisseurs, etc.). Ils permettent ainsi d'établir un relevé nominatif de la
position de chaque compte avec le détail des mouvements.
Par exemple, pour un compte
fournisseur, on obtient dans le compte individuel :
- Le détail des achats établis durant
exercice,
- La transcription des mouvements
financiers,
- Le solde restant.
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Journal |
Date |
Libellé |
Débit |
Crédit |
Solde |
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Compte |
401EDF |
EDF |
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Achat |
01/02/08 |
Facture EDF |
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326.39 |
326.39 |
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Banque |
14/02/08 |
Règlement EDF |
326.39 |
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Achat |
31/03/08 |
Facture EDF |
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275.44 |
275.44 |
Les comptes auxiliaires font partie intégrante du grand-livre général. Néanmoins, il n'est retranscrit dans le grand-livre général que le solde total des comptes sous le numéro correspondant. Par exemple 411 pour les clients et 401 pour les fournisseurs. Les comptes 411 et 401 sont alors appelés respectivement "collectif clients" et "collectif fournisseurs".
Micro transaction : transaction de quelques centimes. Dans un
circuit “classique”, via une banque par exemple, les micro transactions sont
trop coûteuses à réaliser (les frais sont en effet supérieurs au montant des
transactions). La blockchain apporte une solution à ce problème.
Minage : utilisation de la puissance de calcul informatique afin de
traiter des transactions, sécuriser le réseau et permettre à tous les
utilisateurs du système de rester synchronisés.
Mineur : personnes (particuliers ou sociétés) qui connectent sur le
réseau une ou plusieurs machines équipées pour effectuer du minage. Chaque
mineur est rémunéré au prorata de la puissance de calcul qu’il apporte au
réseau.
Multisig : méthode de sécurisation d’un portefeuille exigeant
les signatures de plusieurs clés pour débloquer des fonds.
Nœud : ordinateur relié au réseau et utilisant un programme
relayant les transactions. (voir aussi pair à pair).
Oracle : Service puisant des données d’une ou plusieurs sources
(base de données privées ou publiques, réseaux sociaux…) et les « injectant »
dans les smart contracts pour déclencher le paiement. Exemple : Oraclize.
Proof of stake : Méthode utilisée pour atteindre le consensus
distribué dans un réseau blockchain. A l’inverse du Proof of work, le Proof of
stake ne demande pas aux utilisateurs d’utiliser leur puissance de calcul, mais
plutôt de prouver la propriété d’un certain montant de crypto-monnaie.
Proof of work : “preuve de travail” ou “preuve de calcul”. Il
s’agit du traitement cryptographique permettant la validation des blocs de
transactions. Effectuer ce traitement requiert du temps de calcul : en général,
un seul ordinateur du réseau y parvient en environ dix minutes. La difficulté
est régulièrement adaptée pour maintenir cet intervalle.
Pair à pair (Partage de fichiers)
Un partage de fichiers en
pair-à-pair est un réseau qui permet de partager des fichiers entre plusieurs
ordinateurs connectés entre eux par Internet, chaque internaute pouvant être
serveur et receveur d’un autre internaute. Ils forment ainsi des « pairs ». (ne
pas confondre pair et paire !).
L'avantage technique essentiel du
système par rapport à un chargement centralisé est le suivant : plus un contenu
a de demandeurs sur un serveur central, plus celui-ci est encombré. Au
contraire, plus il en a sur un réseau pair à pair, plus grande est la vitesse
du téléchargement depuis toutes ces sources partielles combinées. Cette
technologie se nomme Segmented file transfer (en) (transfert de fichier
segmenté), elle est surnommée swarming downloads.
Si certains réseaux sont ouverts
à tout internaute utilisant un logiciel spécifique et pour tout type de
contenu, d'autres sont thématiques, plus restrictifs et réglementés.
Le pair à pair (en anglais
peer-to-peer, souvent abrégé « P2P ») est un modèle de réseau informatique
proche du modèle client-serveur mais où chaque client est aussi un serveur. On
parle de nœud.
(voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Pair_à_pair#Principe_g.C3.A9n.C3.A9ral)
Ripple : système de paiement construit sur un protocole internet
distribué et open source, sur un registre de consensus, et sur une monnaie
appelée ripples (XRP).
Sidechain : blockchain secondaire qui se développe parallèlement à
une blockchain principale, mais qui y est rattachée afin de pouvoir en
connaitre toutes les informations. Les sidechains permettent d’accroitre le
volume d’informations pouvant être traitées au sein d’une blockchain (volume
normalement limité), tout en restant sur une même blockchain principale.
Smart contract : “contrat intelligent”. Les smart contracts sont des programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat, sans nécessiter d’intervention humaine une fois démarrés.
ANNEXE 2 : UNE
CHAINE DE BLOCS EN FONCTIONNEMENT
https://www.contrepoints.org/2016/09/09/265146-blockchain-comment-ca-marche
Gerard DREAN[72]
1ère
Partie
Cette architecture repose sur des protocoles de communication qui
permettent aux machines situées aux nœuds du réseau d’échanger des
informations, notamment de se communiquer des écritures et des blocs. Elle
s’accompagne d’une séparation des rôles que chaque utilisateur peut choisir
d’exercer ou non :
·
créer de nouvelles transactions, au moyen de
« wallets» (porte-monnaie ou mieux porte-clés puisqu’ils ne contiennent
pas les bitcoins, mais seulement les clés informatiques qui donnent accès aux
transactions enregistrées dans la chaîne de blocs),
·
vérifier et relayer les transactions à travers
le réseau, mais sans tenir un exemplaire local de la chaîne de blocs (les
« nœuds simples »),
·
construire les blocs (les
« mineurs »),
·
tenir à jour un exemplaire local de la chaîne de
blocs (les « nœuds complets »),
·
accéder aux transactions, sans pouvoir les
modifier (les observateurs)
Tous les logiciels utilisés dans le système
sont disponibles librement, et chaque utilisateur peut télécharger, installer
et faire tourner sur son ordinateur les logiciels de son choix, sans avoir à
solliciter d’autorisation. Il existe une plate-forme de distribution
privilégiée (Github) et des logiciels recommandés par différentes instances,
mais rien n’interdit à quiconque de proposer un nouveau logiciel ou d’utiliser
une plate-forme différente.
Ces principes d’ouverture et de
décentralisation rendent impossible de connaître le nombre d’acteurs dans
chaque rôle. On estime couramment le nombre de détenteurs de bitcoins, donc de
porte-clés, à plusieurs millions dont quelques centaines de milliers réellement
actifs. Les nœuds du réseau se comptent en dizaines de milliers, le seul nombre
mesuré en continu par des sites spécialisés étant celui des nœuds « à
l’écoute » (listening nodes), c’est à dire qui sont actuellement en état
de recevoir et de retransmettre de nouvelles transactions ; ce nombre
oscille entre 5000 et 7000.
·
Les mineurs peuvent se regrouper en coopératives (pools) afin de
mutualiser les ressources de calcul et les gains tout en partageant un seul
nœud complet, ce qui fait apparaître le pool comme un seul mineur. Une dizaine
de ces coopératives, regroupant un nombre indéterminé de mineurs, fournit
95 % des blocs admis dans la chaîne. Pour les nœuds complets et donc le
nombre d’exemplaires de la chaîne de blocs, qui peuvent ne pas être tous
identiques comme nous le verrons, les estimations vont de 5000 à 30000,
localisés dans 85 pays sur tous les continents.
1. la diffusion des écritures
·
Chaque écriture nouvellement créée entre dans le
système par un nœud du réseau, qui vérifie que sa structure est correcte et
qu’elle est légitime au regard des écritures déjà enregistrées. Par exemple,
dans le cas d’un système de paiement comme Bitcoin, on vérifiera notamment
qu’il existe des transactions antérieures qui alimentent le compte d’une somme
au moins égale à la somme à régler, et que l’auteur de la transaction est bien
autorisé à les utiliser. Si ces tests sont satisfaits, l’écriture est mise en
attente dans une liste locale et diffusée de proche en proche à tout le réseau.
Sinon, elle est rejetée.
·
À chaque type d’écriture correspond un protocole
de validation, qui définit de façon opérationnelle quelles écritures sont valides
dans le système. Ce protocole est ré-exécuté à de nombreuses reprises lors des
étapes suivantes de construction et de validation des blocs. Un même système
peut contenir un répertoire de protocoles de validation, chacun étant associé à
un code en tête de chaque écriture, ce qui permet d’inscrire dans une même
chaîne de blocs des écritures de natures différentes.
·
Chaque nœud qui reçoit ce message en vérifie à
son tour la validité formelle et la légitimité au regard des informations qu’il
possède. En effet, le caractère ouvert du réseau impose un principe de sécurité
fondamental : chaque nœud doit faire l’hypothèse que tout le reste du
système peut être défectueux ou frauduleux, et donc considérer tout ce qu’il
reçoit comme suspect, en déterminer lui-même la nature et le valider de façon
indépendante avant de l’utiliser. Tout le système est conçu en intégrant
l’hypothèse qu’il est en permanence la cible d’un grand nombre de fraudeurs
extrêmement compétents.
·
À l’issue de cette première étape, les écritures
invalides ont été éliminées, et chaque écriture valide et légitime a été
recopiée de proche en proche en plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires,
un sur chaque ordinateur du réseau, chaque exemplaire ayant été dûment validé
et revalidé à chaque étape de son trajet depuis son point d’entrée.
2. la construction des blocs (le
« minage »)
·
Dans la deuxième étape, les utilisateurs qui ont
choisi de construire des blocs (les mineurs) puisent des écritures dans leur
liste d’attente locale et les organisent en arborescence de façon à faciliter
l’accès aux écritures individuelles. Tous les mineurs travaillent simultanément
et choisissent librement quelles écritures ils incorporent dans leur bloc en
construction. Ils complètent le bloc en lui ajoutant un en-tête, qui contient
en particulier sa somme de
contrôle et l’identifiant du bloc précédent.
·
Le coût de cette opération est volontairement
rendu très élevé en imposant à la somme de contrôle de respecter des normes
très sévères qui exigent une consommation considérable de ressources
informatiques, mais dont le respect peut être facilement vérifié par tous les
nœuds, formant ce qu’on appelle une « preuve de travail ». Cette
exigence limite le nombre des mineurs à quelques centaines pour Bitcoin, la
plupart regroupés en coopératives, seuls ceux qui peuvent mettre en œuvre une
puissance de calcul considérable ayant une chance que leurs blocs soient
acceptés à l’étape suivante, comme nous le verrons.
·
Dans les systèmes utilisant le même principe, cette opération est rémunérée
afin de motiver un nombre suffisant d’opérateurs. Dans Bitcoin, cette
rémunération s’effectue en insérant dans le bloc une transaction spéciale
créditant le mineur d’un certain nombre de bitcoins créés à cet effet, qui sera
exécutée si le bloc est effectivement ajouté à la chaîne à l’étape suivante.
C’est cette opération, seule façon de créer de nouveaux bitcoins, qui est à
l’origine du terme de « mineur ».
·
Quand un mineur a construit un bloc valide,
c’est à dire correctement formé, accompagné d’une somme de contrôle conforme
aux exigences de « preuve de travail », et dont chacune des
transactions est valide, il le diffuse à ses voisins, qui à leur tour le
diffuseront de proche en proche à tous les nœuds du réseau, après en avoir
vérifié la validité ainsi que celle de toutes les écritures qu’il contient. Dès
qu’un mineur reçoit un bloc d’un autre mineur, il arrête de construire le bloc
en cours, qui n’a pratiquement plus aucune chance d’être accepté, élimine de sa
liste d’attente locale toutes les transactions que contenait le bloc qu’il
vient de recevoir, et commence à construire un nouveau bloc.
·
De nouveaux blocs sont ainsi produits et
diffusés en continu à travers le réseau. Mais à ce stade, aucun exemplaire de
la chaîne de blocs n’a encore été modifié, les seuls à pouvoir le faire étant
les « nœuds complets », qui hébergent chacun un de ces exemplaires.
3. la construction de la chaîne
·
Pour chaque nouveau bloc qu’il reçoit, chaque
ordinateur d’un nœud complet exécute un protocole qui aboutit soit à rejeter ce
bloc s’il a déjà été reçu, s’il est invalide ou s’il contient une écriture déjà
présente dans la chaîne locale, soit à l’ajouter à l’extrémité de la chaîne
locale après une ultime vérification de toutes les écritures qu’il contient,
soit à le mettre en attente.
·
Rappelons que chaque bloc contient l’identifiant
de son prédécesseur dans la chaîne de blocs du mineur qui l’a construit. Dans
le cas le plus courant, ce prédécesseur est également le bloc terminal de la
chaîne locale, à laquelle il viendra donc s’ajouter après une ultime
vérification de sa validité. Sinon, il sera conservé en attente, en devenant
l’extrémité d’une branche secondaire de la chaîne de blocs.
·
Afin que tous les exemplaires de la chaîne de
blocs soient identiques, bien que construits indépendamment, ce protocole
incorpore un mécanisme « de consensus », qui est un élément vital du
système. La règle utilisée par Bitcoin est de retenir la chaîne qui a demandé
le plus grand travail de construction des blocs qui la composent. À cette fin,
l’en-tête de chaque bloc contient une mesure du travail effectué pour le
construire, ce qui permet de calculer la quantité totale de travail dépensée
pour construire la chaîne qui aboutit à ce bloc.
·
Si une chaîne secondaire a demandé plus de
travail que la chaîne principale actuelle, cette chaîne secondaire doit devenir
la branche principale. Pour cela, le programme remonte à l’endroit où elle
s’est détachée de la branche principale, revalide un par un chaque bloc laissé
en attente et les écritures qu’il contient, ajoute ce bloc à l’extrémité de la
nouvelle chaîne en cours de construction si ces contrôles sont satisfaits, en
abandonnant ce processus dès la première erreur.
·
Ce protocole critique et complexe constitue le
véritable cœur du système. Il fournit également quelques services annexes, dont
la reconstitution automatique de la chaîne locale après un arrêt de
l’ordinateur ou du réseau.
·
A l’issue de cette deuxième phase, chacun des
milliers d’exemplaires de la chaîne de blocs qui existent sur les nœuds
complets a été prolongé par un bloc choisi par chaque nœud parmi les
propositions des mineurs en appliquant la règle de consensus programmée. Si
tous les nœuds complets mettent en œuvre les mêmes règles de validation des
écritures et des blocs, ce bloc additionnel est le même pour tous les nœuds, et
donc tous ces exemplaires de la chaîne de blocs restent identiques.
Vue d’ensemble
·
En résumé, la séquence des opérations de
construction de la chaîne de blocs est décomposée en étapes pouvant être
exécutées par des opérateurs différents. Les mineurs construisent les blocs,
mais ne les ajoutent qu’à leur propre exemplaire de la chaîne. Les nœuds
complets ajoutent ou non les blocs à leur exemplaire de la chaîne, mais sans
pouvoir les modifier, et tout le monde revérifie ce qu’ont fait les autres. Ces
opérations sont exécutées en parallèle par des milliers de sites gérés par des
opérateurs indépendants et situés partout dans le monde, n’importe qui étant
libre de jouer n’importe quel rôle dans le système, y compris les plus
centraux.
·
In fine, les écritures créées par des millions
d’utilisateurs se retrouvent enregistrées dans des milliers de fichiers
identiques sur autant de sites différents, sous la forme de chaînes de blocs
inaltérables et librement consultables. Insistons sur le fait que ces fichiers
sont construits indépendamment. Donc, contrairement à ce qu’on lit souvent, il
est impropre de qualifier la chaîne de blocs de « distribuée », ce
qui implique que différents nœuds en porteraient des parties différentes, ou de
dire qu’elle est « répliquée », ce qui implique qu’elle serait
construite en un point central puis recopiée sur les différents nœuds.
·
Tout en offrant une grande sécurité à ses
utilisateurs, la multiplicité des exemplaires de la chaîne de blocs leur pose
un problème : puisque, en application du « principe de
précaution », on ne peut pas faire l’hypothèse que tous les exemplaires
sont identiques, lequel prendre comme référence en cas de désaccord ?
·
C’est à chaque utilisateur de définir le
protocole de consultation de son choix selon l’usage qu’il veut faire des
résultats. Un exemple type est d’interroger des nœuds au hasard jusqu’à ce
qu’un certain nombre, défini d’avance, donnent le même résultat. L’utilisateur
peut aussi utiliser des nœuds en lesquels il a confiance, ou toute autre
combinaison de ces deux approches. C’est à lui qu’il appartient de choisir sa
méthode, qui peut-être critique pour lui, mais ne l’est pas pour le système.
Cet article a été écrit en 2
parties :
La 2ème Partie
concerne : Blockchain : quels
impacts sur la société ?
Les technologies de chaines de bloc
(blockchain) peuvent avoir de gros impacts sur la société.
10 septembre 2016
https://www.contrepoints.org/2016/09/09/265146-blockchain-comment-ca-marche
Retrouvez ci-dessous les principaux documents blockchain de 2000 à 2017.
2000
- The Paxos algorithm for consensus: Lamport, Leslie. Paxos made
simple . ACM Sigact News 32.4
2002
- Tolérance aux pannes : Algorithme des généraux Byzantins
- The
original application of proof‐of‐work: Back, Adam. Hashcash‐a denial of service counter‐measure
2006
- paraF: Parametric flow algorithm
implementation
2008
- Economics : Viral Economy Simulator
- Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System
(by Satoshi Nakamoto)
- Traduction en français du papier fondateur
du Bitcoin (par Arnaud-François Fausse - OCTO)
- (CGAP) - Making Money Transfers Work for
Microfinance Institutions
2009
- Technological revolutions and
techno-economic paradigms
2010
- Microsoft Data Structures and Algorithms
School Project Code
- The Art of Peering: The Peering Playbook
2011
- Bitcoin Days Destroyed
2012
- (European Central Bank) Virtual Currency
Schemes. Frankurt am Main: European Central Bank
- Peer-to-Peer Crypto-Currency with
Proof-of-Stake
2013
- Livre Blanc / White Paper Ethereum – Traduction
française
- Attaque Goldfinger : The economics of
Bitcoin mining, or Bitcoin in the presence of adversaries
- The Unreasonable Fundamental Incertitudes
Behind Bitcoin Mining
- Majority is not Enough: Bitcoin Mining is
Vulnerable
2014
- Long Finance - Chain Of A Lifetime: How
Blockchain Technology Might Transform Personal Insurance
- On Subversive Miner Strategies and Block
Withholding Attack in Bitcoin Digital Currency
- On The Longest Chain Rule and Programmed
Self-Destruction of Crypto Currencies
- Le Bitcoin une monnaie révolutionnaire ? -
Jean-Paul Delahaye, Université de Lille 1
- (European Banking Authority) EBA Opinion on
‘virtual currencies’. London: European Banking Authority
- (New York State Department of Financial
Services) Virtual Currencies
- (New York State Department of Financial
Services) Bitlicense regulatory framework for virtual currency firms
- (Banque d’Angleterre) Rapport sur les
monnaies numériques
- Livre blanc Colored Coins
- NXT Whitepaper
- BitShares Delegated Proof of Stake
- Livre blanc Sidechains : Enabling
Blockchain Innovations with Pegged Sidechains
- Virtual Currencies; Bitcoin & What Now
after Liberty Reserve, Silk Road, and Mt. Gox?
- The Global Findex Database 2014 Measuring
Financial Inclusion Around the World
- Tendermint: Consensus without Mining
- The Ripple Protocol Consensus Algorithm.
(2014)
2015
Février
- Virtual currency schemes – a further
analysis
Mars
- NeuCoin: the First Secure, Cost-efficient
and Decentralized Cryptocurrency
- On Stake and Consensus
Avril
- ASICs and Decentralization FAQ
Mai
- (EURO BANKING ASSOCIATION)
Cryptotechnologies as major IT innovation and technical change agent
Juin
- La blockchain, ou la confiance distribuée
- Confidential Transactions
Juillet
- (Bretton Woods) The Promise of Bitcoin and
the Blockchain
Août
- Initial Block Synchronization is Quadratic
Time Complexity
Septembre
- The Fintech 2.0 Paper: rebooting financial
services (Banco santander)
Octobre
- Fintech 2020 : reprendre l’initiative /
Blockchain
- Public versus Private Blockchains - Part 1:
Permissioned Blockchains
- Public versus Private Blockchains - Part 2:
Permissioned Blockchains
- (McKinsey) - Trailblazing trends in global
payments
Novembre
- IIF - Banking on the Blockchain :
Re-engineering the Financial Architecture
Décembre
- A Flexible Limit: Trading Subsidy for
Larger Blocks
- Reaching The Ground With Lightning
- Segregated Witness and its Impact on
Scalability
- Cryptocurrency with a Conscience
- (Goldman Sachs) What if I Told You… Themes,
Dreams and Flying Machines
- (Bitfury) Incentive Mechanisms for Securing
the Bitcoin Blockchain
- IOTA - The Tangle
2016
Janvier
- EVRY - Blockchain: Powering the Internet of
Value
- (IBM & ING) – Banking on Blockchain:
Charting the Progress of Distributed Ledger Technology in Financial Services
- (DTTC) – Embracing Disruption – Tapping the
Potential of Distributed Ledgers to Improve the Post-Trade Landscape
- (Multichain) – MultiChain Private
Blockchain — White Paper
- (FMI) Virtual Currencies and Beyond:
Initial Considerations
- The Bitcoin Lightning Network: Scalable
Off-Chain Instant Payments
- (UK Gov) Distributed Ledger Technology:
Beyond Blockchain
Février
- Chris Skinner - What Is and What Isn?t a
Blockchain?
- Oliver Wyman - Blockchain in Capital
Markets
- Deloitte – Blockchain : Enigma, Paradox,
Opportunity
- UCHANGE – Comprendre la blockchain
- The Stellar Consensus Protocol: A Federated
Model for Internet-level Consensus
- The First Successful Zero-Knowledge
Contingent Payment
- BigchainDB: A Scalable Blockchain Database
- (Princetown) – Bitcoin and Cryptocurrency
Technologies
- Deloitte - Blockchain technology as a platform
for digitization
Mars
- Kramer et Levin - Gouvernance de la
Blockchain
- Japon (ministère) - Survey on Blockchain
Technologies and Related Services
- (Bitfury) Digital Assets on Public
Blockchains
- Persistent - The Blockchain Landscape
Mai
- Analysis of the Blockchain Protocol in
Asynchronous Networks
- Institut Louis Bachelier - Blockchain et
autres registres distribués : quel avenir pour les marchés financiers ?
- The Swirlds hashgraph consensus algorithm
- Goldman Sachs - Profiles in Innovation:
Blockchain
- Ministère Économie - Technologies clés -
Préparer l'industrie du futur
- Deloitte - Bitcoin, Blockchain &
distributed ledgers: Caught between promise and reality
- Pillsbury - Blockchain Basics: A Primer
- SWIFT - the impact and potential of
blockchain in the securities transaction lifecycle
Juin
- Accenture + Ripple - The Journey to
Real-Time Cross Border Commercial
- Whitepaper - Blockfreight the blockchain
for global freight
- ESMA - Discussion Paper. The Distributed
Ledger Technology Applied to Securities Markets
- Deloitte - Centralization in Blockchain
innovation
- Learning on the Block - Could Smart
Transactional Models Help Power Personalized Learning?
- Fondapol - La blockchain ou la confiance
distribuée
- KPMG - Consensus opportunities: blockchain
and beyond
Juillet
- Bitfury - Flare: An Approach to Routing in
Lightning Network
- Bain&Cie - Distributed Ledgers in
Payments: Beyond the Bitcoin Hype
- JP Morgan - Unlocking Economic Advantage
with Blockchain
- McKinsey - Blockchain in insurance,
opportunity or threat?
- MDX - Music on the Blockchain
Août
- The future of financial infrastructure: an
ambitious look at how blockchain can reshape financial services
- World Economic forum and Deloitte
- UBS - Building the trust engine
- Japan Exchange Group - Applicability of
Distributed Ledger Technology to Capital Market Infrastructure
Septembre
- Accenture - Editing the uneditable blockchain
- Bank of England - A new RTGS service for
the United Kingdom: safeguarding stability, enabling innovation
- CAPCO - Blockchain in capital markets
infrastructure
- PwC - Blockchain : 5 propositions pour
transformer les services financiers
- Forrester - La phase "Palm Pilot"
de la blockchain
- IBM - Leading the pack in blockchain
banking
- SWIFT - Distributed Ledgers, Smart
Contracts, Business Standards and ISO 20022
- Temenos – Blockchain : Understanding
today’s Corporate Treasurer
- The Mauve Revolution / Ethereum 2.0
- ANZ & Wells Fargo - distributed ledger
technology and the opportunities in correspondent banking
Octobre
- Distributed Ledger Technology: Clearing
Away the Debris?
- Transparency Overlays and Applications
- Cell Point Mobile - The 2017 Imperative for
Global Airlines
- What if blockchain technology
revolutionised voting?
Novembre
- Stratis - White Paper
- Bitfury - On Blockchain Auditability
Décembre
- Accenture - Blockchain technology: How
banks are building a real-time global payment network
- R3CEV - Livre blanc Corda
- US Federal Reserve - Distributed ledger
technology in payments, clearing, and settlement
- Deloitte - Blockchain in health and life
insurance
- R3 et Norton Fullbright - Can smart
contracts be legally binding contracts?
- Some Simple Economics of the Blockchain -
Massachusetts Institute of Technology (MIT)
- ENISA EUROPE Blockchain Security
Janvier
- 2017 01 12 DELOITTE Blockchain-in-insurance-ebook
- 2017 01 31 Accenture-Banking-on-Blockchain
- 2017 01
Accenture-How-Blockchain-Can-Bring-Greater-Value-Procure-to-Pay
- 2017 01 FINRA_Blockchain_Report
- 2017 01 McKinsey_FACI_Blockchain_in_Insurance
Février
- 2017 02 01
in-strategy-innovation-blockchain-revolutionary-change-noexp
- 2017 02 07 dlt_report_-_esma50-1121423017-285
- 2017 02 13
bringing-trust-to-blockchain-sb-v3-feb132017
- 2017 02 14 Byteball
- 2017 02 20 Canadian Bank Notes and Digital Currencies
- 2017 02 20 ch-en-innovation-blockchain-revolution
- 2017 02 BAIN_BRIEF_Blockchain_in_Financial_Markets
- 2017 02
Blockchain_Technology_From_Hype_to_Reality_Infosys_Finacle
Baromètre Blockchain Largillière Finance - TNP n°1 - Avril 2017.pdf (310.11 Ko)
Lancement du 1er numéro du baromètre Largillière Finance - TNP sur la blockchain.
[1]
LES CAHIERS DU CDIF N°5 mai 2005 : http://franceclusters.fr/nos-services/publications/
Initier, cristalliser et développer les
réseaux d'entreprises un métier : inter-preneur :
Analyse des
compétences nécessaires à l'animation des réseaux d'entreprises-l ’ensemble des
compétences nécessaires à l’animation d’un réseau, leur articulation et leur
organisation tout au long du processus de développement du réseau.
[2]
Etude XERFI-PRECEPTA cf. infra
[3]
http://www.strategie.gouv.fr/communiques-de-presse/enjeux-blockchains
Laboratoire d’idées public,
France STRATEGIE a pour mission d’éclairer les choix collectifs. Son action
repose sur l’évaluation des politiques publiques ; l’anticipation des mutations
à venir dans les domaines économiques, sociétaux ou techniques.
[4]
http://www.lemondeduchiffre.fr/le-magazine-de-la-profession-comptable/unes/281274-les-experts-comptables-et-le-numerique-vers-de-nouvelles-pratiques-de-la-profession-.html
[5]
http://www.lenouveleconomiste.fr/philippe-arraou-pdt-du-conseil-superieur-de-lordre-des-experts-comptables-34585/
Par Patrick Arnoux Le Nouvel
Economiste 06/04/2017
L’expert-comptable
et l’économie numérique : Afin
de leur faire prendre conscience de la transformation intense de leur profession
induite par le digital. Il y a plus d’opportunités que de danger dans la
transformation numérique à condition de l’embrasser. Voir le Chap.
4 « l’avenir de la fonction comptable »
[6]
Voir aussi un post sur LinkedIn de Mathieu
Courtecuisse mars 2015 : Le Consulting va-t-il être uberisé ? https://www.linkedin.com/pulse/le-consulting-va-t-il-%C3%AAtre-ub%C3%A9ris%C3%A9-non-car-il-lest-courtecuisse
[7]
ADQ8 a réalisé en février 2017, pour le compte d’un cabinet important, une
étude « Analyse et fondamentaux de l’étude Xerfi Precepta »
[8]
Adrien de Tricornot http://www.lemonde.fr/campus/article/2017/04/27/la-guerre-des-comptables-et-des-robots-aura-t-elle-lieu_5118931_4401467.html#mWZXrcyDpKt0xIa8.99
[9] The future of employment: how
susceptible are jobs to computerization? Carl Benedikt Frey, Michael A. Osborne, September 17, 2013 http://www.bbc.com/news/technology-34066941
[10]
ADQ8 « Analyse et fondamentaux de
l’étude Xerfi Precepta »
[11]
Voir aussi FINYEAR 06/06/2017 : Jusqu’où est-il possible d’automatiser les
processus comptables ? http://www.finyear.com/Jusqu-ou-est-il-possible-d-automatiser-les-processus-comptables_a38435.html
[12] Charlotte LAURENT https://www.7x7.press/7-metiers-qui-vont-disparaitre-le-4e-vous-fera-surement-plaisir
[13] DTaaS-Digital Technology as a Service ™ADQ8
[14]
La première étude XERFI que nous avions aussi
commentée, remonte à 2011 : L’expertise
comptable et l’audit à l’horizon 2015. Bon nombre des travaux que nous
avons réalisés pour des EC depuis 2015 ont porté sur ces questions stratégiques
de diversification, d’organisation d’entreprises de services, de développements
de services intégrés et « augmentés »… systèmes de « clinique
d’entreprises », etc.
[15] Le conseil de gestion et d’accompagnement ; le conseil de direction ; le conseil stratégique : les compétences/expériences des deux profils ci-dessus auxquels s’ajoutent compétences et expériences dans la définition d'une stratégie d’entreprise pour savoir, ce qu’il faut faire, ce qu’il peut faire, ce qu’il faut faire faire, et qui peut le faire ! (in Etude ADQ8 janvier 2016).
[16]
Nous recommandons la lecture de deux articles de deux dirigeants de Cap Gemini
parus dans Le Nouvel Economiste :
« Il n’y a pas un patron du CAC 40 qui ne se pose pas des questions sur
son business model et son organisation à la lumière du digital » Patrick
Ferraris, directeur général de Capgemini Consulting (12/05/2017)
“Pour les grandes entreprises, la question de fond est de savoir quand
elles vont vraiment basculer dans le digital ”Stéphan Régnier, Executive
vice-president, en charge des activités digitales.
[17]
Pour les non-comptable, voir le glossaire.
[18] Définition d’une DAO : Une DAO est une organisation fonctionnant grâce à un programme informatique qui fournit des règles de gouvernance à une communauté. Ces règles sont transparentes et immuables car inscrites dans une blockchain. Voir Chap. 5-4
[19]
Comment la blockchain peut aider contre les cyber-attaques ? Par Peter Loop,
Associate Vice President chez Infosys et Lúí Smyth, Head of Blockchain Research
& Ecosystem Engagement chez EdgeVerve/Infosys - 7 avril 2017
http://www.frenchweb.fr/comment-la-blockchain-peut-aider-contre-les-cyberattaques/287611
[20]
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_spontané
[21]
EY, DELOITTE, KPMG, PWC
[22]
Pour les « non-comptables » voir annexe sur « Grand Livre »
d’entreprise
[23]
Les uns derrière les autres. C’est le latin "lupus" qui donna au
XIe siècle les noms "leu" et "lou". "A la queue leu
leu" renvoie donc aux loups qui, se déplaçant bien souvent en meutes, se
suivent et marchent dans les pas les uns des autres, soit "les uns
derrière les autres». L’image est bonne pour illustrer une blockchain !
[24] http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/la-blockchain-a-le-potentiel-de-transformer-le-trading-actions-selon-moody-s-686575.html
[25]
Technologie Blockchain : un réseau de paiement mondial en temps réel. https://www.accenture.com/fr-fr/insight-blockchain-technology-how-banks-building-real-time
[27]http://www.economist.com/news/leaders/21677198-technology-behind-bitcoin-could-transform-how-economy-works-trust-machine
[28] La monnaie fiduciaire et la
monnaie scripturale sont deux formes de support monétaire. Ces deux supports
monétaires correspondent à une même monnaie-fiat, à une même obligation de la
Banque Centrale. La monnaie
fiduciaire est un support monétaire de monnaie-promesse ou de monnaie-fiat.
La monnaie fiduciaire est de la monnaie représentée par des billets de banque,
par des pièces métalliques. http://econpapers.repec.org/article/bfrbullbf/2016_3a205_3a06.htm
[29] Unités
monétaires aux trois fonctions qu’Aristote donnait à la monnaie : l’unité
de compte, la réserve de valeur, l’intermédiaire des échanges. Le bitcoin est
clairement une unité de compte et c’est en train de devenir une réserve de
valeur, mais l’intermédiaire des échanges, en fait, c’est la blockchain.
[30] Définition d’une DAO voir Chap. 5-4
[31]
Faut-il « règlementer » les technologies
» blockchain ?
A notre avis, il n’existe
aucune raison juridique ou légale de réglementer une technologie, blockchain ou
autre. Les législations et réglementations actuelles existantes suffisent à
encadrer juridiquement les usages de cette technologie...pour comparer : pourquoi
serait-il nécessaire (et comment ?) de règlementer « l’impression 3D », l’objet
connecté, le moteur à hydrogène, le Bluetooth ou le wifi ?
Selon les fondamentaux du droit, les qualifications juridiques des éléments composant la technologie blockchain et son fonctionnement seront interprétables différemment par les juristes « multinationaux ». Il ne faut pas oublier que les architectures blockchain ont vocation à être transnationales...
[32]
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/blockchain-smart-contract-ou-la-promesse-encore-floue-d-une-revolution-de-la-finance-681096.html
[33]
Voir aussi note « la roulette russe » dans le trading pétroliers p33
[34]
Jacques Favier Bitcoin & Blockchain Strategist Le Cercle du Coin - Ecole
normale supérieure
[35]
voir comment était présenté YesAccount au 71Eme Congrès des experts-comptables Brussels Expo –
28-29 et 30 septembre 2016 (Stand T132) : http://www.yesaccount.fr/
[36] http://www.blockchaindailynews.com/Blockchain-Collaborative-Consortium-Membership-Reaches-109-Companies-and-Organizations_a25192.html
[37] Chamber of Digital Commerce Forms
the Blockchain Intellectual Property Council https://blockchain-finance.com/2017/03/17/chamber-of-digital-commerce-forms-blockchain-intellectual-property-council/
[39]
Fin 2016, le groupe de Mountain View a
en effet intégré cet éditeur néo-zélandais à son programme « Recommended for G
Suite », ce qui devrait largement accélérer le développement de Xero dans le
monde.
[40]
Une monnaie fondante est une
monnaie qui se déprécie avec le temps selon un coût de demeurage fixe. L'idée
d'une telle monnaie a été mentionnée en 1916 par Silvio Gesell dans son ouvrage
L'Ordre économique naturel. Un exemple connu de monnaie fondante est la
wära, en circulation en 1931 à Schwanenkirchen, une
petite ville minière de Bavière. La Banque WIR fondée en 1934 a, elle aussi,
utilisé ce système de monnaie fondante jusqu'en 1948. Plus récemment, en 2003
une autre monnaie fondante régionale a été créée en Bavière, le Chiemgauer.
Dans
son essai L'argent mode d'emploi (2009), Paul Jorion souligne que Keynes
« estimait que d'un point de vue strictement technique le principe [d'une
telle monnaie] était « irréprochable » et que l'avenir aurait sans
doute beaucoup de choses à apprendre des idées de Silvio Gesell » (Source Wikipedia).
Terra (monnaie) Terra est le nom d'un projet de création d'une monnaie fondante mondiale. Cette monnaie serait basée sur un panier d'une douzaine de commodités et de services parmi les plus courants sur le marché mondial (et non plus d'or, de dollars ou d'obligations) stockés en réserves (la monnaie correspondant en quelque sorte à une part du reçu d'inventaire). Cette monnaie a un taux négatif de 3,5 % (correspondant globalement au coût du stockage)Le projet est actuellement défendu par l'économiste Bernard Lietaer.
[41]
Cargaisons pétrolières, métaux précieux, diamants,... des secteurs dans
lesquels l’intervention de « courtiers » était pratiquement
indispensable : courtiers professionnels agréés, (rémunéré à 10 % par
transaction !) pratiquement tiers de confiance « sur parole »,
le courtier lui-même pouvait parfois opérer des compensations entre ses clients
par échange de « contrats » standards établis par la profession
concernée. Le (ou les courtiers) établissaient une « chaîne » de
contrats (promesse de vente/promesse d’achat) standards sur des lots
forfaitisés (par exemple sur cargaison de Gasoil 20 000T +/-10%) de produits
dont le « débouclage » se faisait à un terme donné (semaine, mois, 3
mois etc...) par la « nomination » de l’unité de transport à une
destination donnée (base ARA) au terme convenu.
Après débouclage le
courtier établissait les « comptes » par compensation entre les prix
conclus entre acheteurs et vendeurs- les perdants payant les gagnants ! les
acheteurs/vendeurs devaient être « agréés » par leurs pairs pour être
admis à la table des « joueurs » ! Communautés de traders
organisées par les courtiers eux-mêmes le plus souvent...mais « sans
organisme de compensation » d’où des risques considérables pour les uns et
les autres....ce système était appelé par les traders « la roulette
russe » !!
[42]
Date de parution : janvier 2013
Couverture : Nathalie
Palous, Brigitte Baroin, Hélène Allias-Denis Édition : Nicole Merle-Lamoot,
Gilles Pannetier
Pôle interministériel de
prospective et d’anticipation des mutations économiques (Pipame)
Potentiel et
perspectives de développement des plates-formes d’échanges interentreprises
http://www.entreprises.gouv.fr/etudes-et-statistiques/qu-est-que-pipame-0
[43] http://www.entreprises.gouv.fr/files/files/directions_services/etudes-et-statistiques/prospective/Rapport-PIPAME-plates-formes-echanges-interentreprises.pdf
[44]
Précité
[46] IRTA - International Reciprocal Trade Association https://www.irta.com/
IRTA is
committed to promoting just and equitable standards of practice and operation
within the Modern Trade and Barter and other Alternative Capital Systems
Industry, by raising the awareness and value of these processes to the entire
Global Community.
IRTA Global
Board Approves the Development of a Barter Industry Executive Certification
Program
IRTA MAY 1,
2017 IRTA NEWS
[47]
LA TRIBUNE 07 avril 2017 "Le Nasdaq européen existe, c'est Euronext"
Stéphane Boujnah - Par Delphine Cuny et Philippe Mabille http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/le-nasdaq-europeen-existe-c-est-euronext-stephane-boujnah-679662.html
[48] Un contrat synallagmatique est une convention faisant naître à la charge des parties des prestations réciproques. Dans ce type de contrat, la cause de l'engagement d'une partie repose sur l'obligation de l'autre et réciproquement. Chaque partie est donc à la fois créancière et débitrice de l'autre. Leurs obligations sont interdépendantes. Le contrat synallagmatique est également appelé « contrat bilatéral ». On affirme classiquement que dans le cadre d'un contrat synallagmatique, la cause de l'obligation d'un contractant est l'obligation de l'autre, et réciproquement. Cette vision permet de considérer comme nul tout engagement non causé, c’est-à-dire ne possédant pas de justification juridique. Ce concept et sa définition sont importants dans le principe du « barter », de la technologie blockchain et des échanges peer to peer.
[49]
Par exemple : filière du pétrole « du
puit à la roue » donc y compris l’automobile ou de l’énergie au sens large
(tout type, on parle alors de l’unité de compte Tonne équivalent pétrole ou
Tec- charbon !) filière des métaux non-ferreux, ou de la métallurgie, de la
chimie, agro-alimentaire, nucléaire, pétrochimique... certaines filières sont
intégrées (labo pharmaceutique- matières premières -molécule jusqu’à la
distribution en distribution -pharmacies, cosmétique, etc.
[50]
http://www.actuel-expert-comptable.fr/content/creer-un-consortium-afin-de-developper-des-services-inter-cabinets
[51]
https://www.ssi.gouv.fr/entreprise/reglementation/confiance-numerique/le-reglement-eidas/
Le Règlement « eIDAS »
n°910/2014 du 23 juillet 2014 a pour ambition d'accroître la confiance dans les
transactions électroniques au sein du marché intérieur. Il établit un socle
commun pour les interactions électroniques sécurisées entre les citoyens, les
entreprises et les autorités publiques.
Le règlement eIDAS concerne principalement les organismes du secteur public et les prestataires de services de confiance établis sur le territoire de l’Union européenne. Il instaure un cadre européen en matière d’identification électronique et de services de confiance, afin de faciliter l’émergence du marché unique numérique. Il couvre notamment le sujet de la signature électronique, et abroge la directive 1999/93/CE. L’ANSSI est l’un des organismes nationaux chargés de la mise en œuvre de ce règlement. Nous pensons que les technologies blockchain pourraient rendre totalement obsolètes les dispositions de ce règlement et induire la révision des missions de l’ANSSI.
[52]
Exemple : Le boisseau
est un récipient de forme cylindrique destiné à mesurer les matières sèches
(grains et farines), de capacité variable suivant les lieux et les époques.
Cette mesure était utilisée en France avant l'instauration du système
métrique, et valait 12,67 litres (un douzième de setier de Paris). Le boisseau
métrique, unité de transition instaurée en 1812, et désormais désuète,
valait 10 litres.
Le boisseau US est une unité utilisée en agriculture pour les cotations en
bourse des ventes de céréales aux États-Unis.
Les équivalences standards avec les unités utilisées pour les cotations en
Europe sont les suivantes :
1 boisseau US de blé ou de soja vaut 0,02721 tonne (soit 27,21 kg) ;
1 boisseau US de maïs vaut 0,02540 tonne (soit 25,4 kg);
1 boisseau US d'avoine vaut 0,017236 tonne (soit 17,236 kg).
Le riz est coté en livre au Chicago Board of Trade (CBOT).
[53]
Voir la capitalisation des cryptomonnaies sur : http://coinmarketcap.com/ et la notion
d’actif numérique sur :
http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/julien_beranger_23022017.pdf
Actif numérique infalsifiable = titre numérique =
Token = Jeton = Coin
[54] Sous condition d’investissement en capacités
de calcul informatique- en pools techniques comme les « centres serveurs »
cloud etc...
[55]
Céréales (cf. http://www.franceagrimer.fr/filiere-grandes-culture) Oléoprotéagineux, Cultures textiles, Fourrages
séchés, Sucre, Lait, Fruits et légumes, Vin, Cidriculture, Horticulture, Pêche
et aquaculture, Plantes à parfum, aromatiques et médicinales, Truffes, Houblon,
Tabac, Apiculture...
[56]
Le chaînon manquant de la révolution Blockchain https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-156915-le-chainon-manquant-de-la-revolution-blockchain-1221448.php
Jacques Favier, Auteur "La Voie du Bitcoin"
(12/05/2016), Secrétaire du "Cercle du Coin"
[57]
Cf. article: NOUS DEVONS RÉGLEMENTER BITCOIN. Le problème : NOUS NE LE
COMPRENDS PAS encore pleinement ! Auteur : Primavera De Filippi.
(03.01.16)
[58]Qu'est-ce
qu'une macro ? Une macro est une procédure, c'est-à-dire un ensemble
d'instructions qui exécutent une tâche spécifique ou renvoient un résultat. Il
existe deux types de procédures :
Une sous-routine est une
procédure qui exécute une tâche donnée.
Une fonction est une
procédure qui renvoie un résultat.
[59] Co-fondateur de slock.it - https://slock.it/ https://blockchainfrance.net/2016/05/12/qu-est-ce-qu-une-dao/
[60]
La blockchain comme révolution… mais révolution de quoi ? Entreprises et
marchés 22 février 2017
[61]
Laurent Leloup "Blockchain, la révolution de la confiance" (éditions
Eyrolles)
[62]
Le marché du carbone est un système d'échange de droits d'émissions de gaz à
effet de serre, de crédits carbone et de quotas carbone. Selon le International
Carbon Action Partnership Status Report 2015, 17 marchés du carbone ont été mis
en place, concernant moins de 40 % de l'économie mondiale.
[63] Entreprises et marchés 22 février 2017 http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/livre-blanc/blockchain-de-technologie-naissante-a-revolution-numerique-40763/
[64]
Chap. 4 ouvrage précité
[65] ; https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-156915-le-chainon-manquant-de-la-revolution-blockchain-1221448.php#K7ouYaO4wH7S5J01.99
[66] https://www.accenture.com/t20170120T074124__w__/us-en/_acnmedia/Accenture/Conversion-Assets/DotCom/Documents/Global/PDF/Consulting/Accenture-Banking-on-Blockchain.pdf)
[67]
R3 ou R3 CEV est une entreprise spécialisée dans la technologie blockchain.
Elle est fondée en 2014. Son siège est situé à New York. Elle coopère avec un
grand nombre d'institutions financières pour développer les questions autour
des blockchains (https://fr.wikipedia.org/wiki/R3_(entreprise).
[69] C'est justement le créneau de Stratumn, une start-up parisienne (2015)qui développe une
plateforme permettant aux développeurs de créer des applications reposant sur
la blockchain, même s'ils ne disposent pas de connaissances
spécifiques. Elle parle même de « Blockchain as a service» dans le sens
où elle prend à sa charge la complexité issue de cette technologie. https://stratumn.com/
[70]
Initiatrice du partenariat R3 pour développer des standards et protocoles
d’utilisation de la technologie Blockchain
[71]
Qu’a-t-on ? que veut-on ? que faire ?
[72]
Gérard Dréan est un spécialiste français de
l'école autrichienne.
Il est diplômé de
l'école Polytechnique, promotion 1954. Il a travaillé à partir de 1957 et
pendant une trentaine d'années chez IBM, puis dans des sociétés de services en
informatique. Il se consacre maintenant à la réflexion économique, en
particulier à la pensée de Ludwig von Mises. Il est membre de la Société
d’économie politique et chargé de missions à la Fondation de l’École
polytechnique[1]. Il a donné des enseignements à l'école de Paris du
management.
Il contribue
régulièrement dans la revue Sociétal, dont il a coécrit le premier
numéro en 1996. Il a également écrit dans Futuribles,
fondée par Bertrand de Jouvenel.

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